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Balzac : amours grandioses et minuscules

Par Noëlle • 2 jan, 2009 • Catégorie: La plèbe d'en bas, Littérature

« Un des ces ouvrages stupides comme La Vie privée des animaux qui se vendent à 25 000 exemplaires à cause des vignettes »(1) : Balzac semble tenir en bien piètre estime l’auteur des vignettes, Grandville, tout autant que l’ouvrage dont il est le pivot, Scènes de la vie publique et privée des animaux, édité par Hetzel, et tant pis pour l’hommage que lui rend le titre. Dépit amoureux de l’écrivain qui pâtit de l’infidélité dun public volage ? Il est vrai en tout cas que les nouvelles qu’il livre à Hetzel font bouillir la marmite : sa participation a aussi des raisons alimentaires.

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- Notes -
  1. lettre à Mme Hanska du 22 janvier 1943 []
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De Foucault au Fouquet’s : de troublants échos

Par Noëlle • 10 déc, 2008 • Catégorie: La plèbe d'en bas, Société

Foucault parle de vieilles choses, d’époques reculées, du moins dans l’Histoire de la folie à l’âge classique et dans Surveiller et punir. Pensez, XVIIe, XVIIIe et XIXe siècles ! C’est de l’Histoire, donc, autant que de la philo. Au demeurant, je n’avais pas ouvert ces livres pour y trouver une critique de notre belle époque contemporaine. Erreur, pas seulement parce que « la philosophie est universelle » et que « l’Histoire donne des leçons », bien que ce soit là l’un des salutaires effets de la lecture de Foucault que de nous le prouver par les réactions qu’elle suscite.
Bref, alors que l’on se croyait embarqué bien loin dans le temps, surgissent ici ou là, à tel endroit puis à un autre, et encore ailleurs, de troublants échos, qui jettent une lumière ambiguë sur notre époque, et, singulièrement, sur celui qui incarne désormais la France dans la cacophonie des Nations, Sarko, mutant entre Roi Soleil et garde-chiourme.

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Grandville, illustrateur (presque) surréaliste

Par Noëlle • 26 nov, 2008 • Catégorie: Arts, La plèbe d'en bas

L’œuvre de Balzac se nourrit de son temps et d’images ; tableaux de peintres célèbres, sans doute, mais aussi caricatures et illustrations sont de constantes références sous sa plume, et l’on sait que l’édition Furne de la Comédie humaine accorde une large place à de tels dessins. Grandville n’est pas l’un des illustrateurs du Furne ; il a en revanche travaillé avec Balzac une première fois en 1840 pour La Monographie du rentier, paru dans Les Français peints par eux-mêmes et surtout pour Scènes de la vie publique et privée des animaux.

Balzac y contribua en effet largement(1). Il est étonnant d’ailleurs que cette association n’ait pas mené plus loin, quand on contaste la similitude de leur projet : classer les différents types sociaux à la manière dont Buffon a pu classer les animaux. Notons aussi la métaphore du théâtre, chaque se grimant et jouant un rôle, commune aux deux artistes. Et de fait, le titre de Scènes de la vie privée et publique des animaux est un évident clin d’œil à Balzac, tandis que c’est l’illustrateur qui est cependant censé être le maître de cet ouvrage.

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- Notes -
  1. Sont de la plume de Balzac : Peines de cœur d’une chatte anglaise ; Les Amours de deux bêtes offerts en exemple aux gens d’esprit ; Guide-Âne à l’usage des animaux qui veulent parvenir aux honneurs ; Voyage d’un lion d’Afrique à Paris et ce qui s’ensuivit ; et enfin Voyage d’un moineau de Paris à la recherche du meilleur gouvernement, qui quoique signé par Georges Sand a été écrit par Balzac, à l’exception du dernier paragraphe []
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Balzac : financiers et crises de foi _ Théorie, magouille et luttes intestines

Par Noëlle • 22 nov, 2008 • Catégorie: La plèbe d'en bas, Littérature

Retour à La Maison Nucingen, l’un des romans les plus « économiques » de Balzac, écrit en même temps que César Birotteau, et refusé par Girardin, qui avait publié La Vieille fille dans son journal (c’est finalement en volume, chez Werdet, qu’il paraîtra d’abord). Peut-être l’homme de presse n’appréciait-il guère la critique de la spéculation qui s’y déployait. Ou, plus simplement, doutait-il de son succès.
En effet, c’est un roman sans actions autres que bancaires, et il est assez dur de suivre les traits d’esprit des convives de Balzac sans connaître aussi bien qu’eux le contexte et les théories économiques de l’époque. Au détour de ces considérations, c’est le gouvernement qu’on critique aussi : impôts et étatisme

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Mots-valises : où l’on découvre que le mensonge n’est pas que spirituel…

Par Noëlle • 16 nov, 2008 • Catégorie: La plèbe d'en bas, Littérature

…mais également typiquement masculin, du moins selon l’étymologie. De là à légitimer certaine généralité acquise par des siècles de douloureuse expérience féminine, il n’y a qu’un pas. Que nous franchirons allègrement, et avec un brin de mauvaise foi. Car l’esprit n’est-il pas l’apanage des Français (avec la modestie), et le mensonge n’est-il pas celui des peuples latins ?

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Traverses : John Steinbeck, Les Raisins de la colère

Par Noëlle • 4 nov, 2008 • Catégorie: La plèbe d'en bas, Littérature

On change de menu, en faisant un bond de près d’un siècle, pour atterrir en 1939, avec la parution de Les Raisins de la colère de Steinbeck, indéniable succès… également salué par la presse communiste, ce qui paraît ne pas avoir tout à fait été du goût du FBI. Bond sur l’échiquier politique aussi, donc. Balzac, fasciné par la pourpre et les ors de l’Ancien Régime, ne pouvait être républicain, quand bien même ses romans dépeçaient sans faux-semblants les velléités d’une noblesse stérile à force d’être accrochée à son passé. Pas pour rien que le bonhomme s’était arrogé la particule.

Steinbeck, à la longue carrière de journaliste-essayiste engagé, est lui clairement socialiste. Il fera d’ailleurs un voyage en URSS, décevant : au lieu du pays réel, on l’emmena visiter théâtres et cocktails. Il est aussi « paysan », si ce terme, opposé à agriculteur, désigne celui qui aime la terre et ses valeurs plus que celui qui sait en tirer des profits.

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Balzac : financiers et crises de foi _ Cynisme et philosophie

Par Noëlle • 28 oct, 2008 • Catégorie: La plèbe d'en bas, Littérature

Actes et discours : d’un côté l’Histoire de la grandeur et de la décadence de César Birotteau – le titre parle de lui-même ; de l’autre, d’élégants dîneurs faisant assaut d’esprit dans un discours qui ne manque pas de sel. On y découvre certes l’origine de la fortune de Rastignac, et l’histoire de La Maison Nucingen. On y palabre aussi beaucoup, on débat, on se contredit. On n’aboutit pas, mais est-il meilleur sujet de fiction que l’économie fictive ?


Spéculation immobilière

César Birotteau, parfumeur, est riche, et décoré. De quoi attiser son ambition… et appâter quelques peu scrupuleuses connaissances. À Claparon, dans le rôle du tentateur, de lui faire partager son enthousiasme pour la spéculation, définie de manière toute lapidaire : tondre le public. Et des relents de poujadisme dont je ne jurerais pas que certain discours pas si anciens aient été parfaitement dénués.

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Balzac ni « écrivain » ni réaliste

Par Noëlle • 21 oct, 2008 • Catégorie: La plèbe d'en bas, Littérature

Balzac : sacré monstre plus que monstre sacré. Le monstre sacré m’ennuie, et vous n’avez pas besoin de moi pour lui. Les biographies pullulent, précises ou synthétiques, accompagnées de bibliographie à l’exhaustivité aléatoire, mise en relation avec sa vie, avec ou sans acharnement. Bien forcée de me plier à l’exercice introducteur, je vais essayer d’être aussi brève qu’il m’est possible.

Ca reste souvent diablement trop long. Mais je vous rassure : ce titre aussi cinglant que spirituel est un résumé nécessaire et suffisant de la suite. Vous pouvez donc passer votre chemin, en haussant les épaules devant cette grossière provocation, et entamer directement la lecture de l’œuvre du monsieur, aimablement débitée par mes bons soins.

Sinon, eh bien : feu !

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Balzac : financiers et crises de foi _ Melmoth réconcilié

Par Noëlle • 21 oct, 2008 • Catégorie: La plèbe d'en bas, Littérature

Déjà, la haute finance ouvrait son paradis effréné à d’avides spéculateurs, géniaux ou sordides, un paradis tout peuplé des combinaisons curieusement abstraites. Beaux mirages que Balzac, qui se rêvait aussi fortuné et noble qu’il était ruiné et plébéien, ne fut pas le dernier à éteindre. Mais si son propre génie ne servit qu’à l’enrichir de dettes écrasantes, du moins nous faut-il quelques railleuses définitions.

Les brumes du fantastique sont moins chargées que dans le final de la Peau de chagrin, mais on les quitte pas encore tout à fait pour autant. Étrange collusion, en effet, qui se joue dans Melmoth réconcilié : le fantastique y entre dans le milieu qu’on lui croit le plus opposé qui soit, la Bourse. Craintes immémoriales remises au goût du jour, le dix-neuvième siècle de Balzac, pas si éloigné du nôtre.

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Balzac effeuillé : demandez le programme

Par Noëlle • 13 oct, 2008 • Catégorie: La plèbe d'en bas, Littérature

J’avoue que l’image peut laisser songeur, mais guère faire rêver. On a quelque mal à imaginer un Balzac en petite tenue à froufrous. Un hippopotame en tutu, peut-être.

Pourtant, quelle jouissance que d’égrener page à page l’œuvre de ce jouisseur sans entraves ! Oh, je sais. Notre grand homme est bien poussiéreux. Il sent la classe, la sueur rance de cerveaux pressés sous quelque incompréhensible nécessité et le respect contrit, ou le lent téléfilm remarquable d’ennui par sa soigneuse reconstitution. Au mieux, si ce n’est au pire, l’exaltation de quelques illuminés.

Balzac est trop dense, trop abondant, trop installé, en un mot trop gras pour être sexy. Quel dommage, pourtant ! Il a la vue perçante et la plume vigoureuse. Les portraits et les situations qu’il croque n’ont rien perdu de leur mordant. J’entreprends donc de lui faire subir un régime drastique, et d’en prélever les meilleurs morceaux. « Florilège » parfaitement subjective, qui lorgnera un brin du côté de l’actualité, histoire de. L’ambition en est à la fois excessive, et minime : que, parmi les textes qui seront peu à peu réunis ici, l’un réussisse à vous étonner, à vous amuser ou à vous séduire.

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