J’avoue que l’image peut laisser songeur, mais guère faire rêver. On a quelque mal à imaginer un Balzac en petite tenue à froufrous. Un hippopotame en tutu, peut-être.
Pourtant, quelle jouissance que d’égrener page à page l’œuvre de ce jouisseur sans entraves ! Oh, je sais. Notre grand homme est bien poussiéreux. Il sent la classe, la sueur rance de cerveaux pressés sous quelque incompréhensible nécessité et le respect contrit, ou le lent téléfilm remarquable d’ennui par sa soigneuse reconstitution. Au mieux, si ce n’est au pire, l’exaltation de quelques illuminés.
Balzac est trop dense, trop abondant, trop installé, en un mot trop gras pour être sexy. Quel dommage, pourtant ! Il a la vue perçante et la plume vigoureuse. Les portraits et les situations qu’il croque n’ont rien perdu de leur mordant. J’entreprends donc de lui faire subir un régime drastique, et d’en prélever les meilleurs morceaux. « Florilège » parfaitement subjective, qui lorgnera un brin du côté de l’actualité, histoire de. L’ambition en est à la fois excessive, et minime : que, parmi les textes qui seront peu à peu réunis ici, l’un réussisse à vous étonner, à vous amuser ou à vous séduire.
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