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	<title>La plèbe &#187; Théâtre</title>
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		<title>Sextett de Rémi de Vos au Théâtre du Rond Point</title>
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		<pubDate>Fri, 06 Nov 2009 16:03:21 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Arnaud</dc:creator>
				<category><![CDATA[Plebber]]></category>
		<category><![CDATA[Théâtre]]></category>
		<category><![CDATA[comédie]]></category>
		<category><![CDATA[contemporain]]></category>
		<category><![CDATA[critiques]]></category>
		<category><![CDATA[sexualité]]></category>

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		<description><![CDATA[Premier détour de la saison vers le Rond Point. On s’y sent à l’aise, comme un habitué. Mais très peu de personnes dans la grande salle, un tiers de la salle je dirais, qui sont quelque peu surprises de ce qu’elles voient…&#160;&#187;Pour moi l’humour est nécessairementlié à des choses graves. Plus c’est sérieux, plus on [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.plebe-web.com/wp-content/uploads/2009/10/sextett11.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-2342" title="sextett1" src="http://www.plebe-web.com/wp-content/uploads/2009/10/sextett11-225x300.jpg" alt="sextett1" width="225" height="300" /></a>Premier détour de la saison vers le Rond Point. On s’y sent à l’aise, comme un habitué. Mais très peu de personnes dans la grande salle, un tiers de la salle je dirais, qui sont quelque peu surprises de ce qu’elles voient…&nbsp;&raquo;<span style="color: #ff6600;"><em>Pour moi l’humour est nécessairementlié à des choses graves. Plus c’est sérieux, plus on a besoin d’en rire. Tout s’est passé très vite. Simon n’a pas eu le temps de comprendre ce qui était en train de lui arriver. Le revoilà dans la maison maternelle quelque part en province. Un décor familier pour tous ceux qui ont vu le désopilant Jusqu’à ce que la mort nous sépare du tandem Rémi De Vos-Éric Vigner dont Sextett constitue, en quelque sorte, la suite. Il revient tout juste de l’enterrement de sa mère avec Claire, une collègue qui le voyant bouleversé a eu la gentillesse de l’accompagner. Dans cette comédie érotique déjantée, les rôles sont écrits pour les acteurs. Librement inspirées de la tragédie grecque, ces Erinyes modernes vont révéler Simon à lui-même et à son histoire, en musique et en chansons, au travers de langues et d’accents étrangers. Chez Rémi De Vos, le rire est un exutoire à la folie.</em></span>&laquo;&nbsp;</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #008000;"><strong>Mon avis :</strong></span> je n’ai pas vu la précédente pièce, dont celle-ci serait en quelque sorte la suite. Cela ne nuit pas à sa compréhension, au plus cela diminue (sic) les parallèles et mises en perspective. Dire que le public fut dubitatif sur le spectacle proposé est une illustration d’un doux euphémisme, et pour ma part j’oscille entre l’emballement d’enthousiasme, et le réservé du bien fait pas trop…</p>
<p style="text-align: justify;">Reprise du décor de la précédente pièce. Grand salon avec des marches en avant-scène. Une porte d’entrée centrale. Une baie vitrée sur le jardin (le mur pour nous) à jardin, un frigo à court sur ce qui pourrait être une espèce de cuisine. Une épaisse moquette délavée rouge, bordeaux et marron. Un papier peint années 70 aux couleurs criardes qui auraient perdu de leur vigueur.</p>
<p style="text-align: justify;">Sextett parle de sexe mais aussi de musique. Eros et Thanatos se croisent. Les Érinyes pointent le bout de leur… seins (et de nez,  et voix,…). La Valkyrie débarque… ça sent bon les références aux mythologies grecques, latines et nordiques. Si l’on peut parfaitement comprendre la pièce sans en connaître leurs origines et leurs significations, celles-ci ne sont pas purement gratuites et posées là pour assortir le spectacle de l’étiquette intello-erotico chic. Connaître les mythes permet de saisir une psychologie bien plus profonde et recherchée des différents personnages et de leurs enjeux.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.plebe-web.com/wp-content/uploads/2009/10/sextett1.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-2341" title="sextett" src="http://www.plebe-web.com/wp-content/uploads/2009/10/sextett1.jpg" alt="sextett" width="480" height="360" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">Du sexe et de la musique donc. De sexe surtout, mis en musique, illustré par la musique, engendré par la musique… Sans dévoiler l’histoire, Sextett raconte la mise en scène du désir sexuel par 6 personnages, 1 homme et 5 femmes (heureux Micha Lescot entouré de ces exquises dames…) au travers d’une quête de l’identité de l’homme confronté au désir féminin. Il voit « débarquer » dans sa vie, le jour de l’enterrement de sa mère, ces objets tant convoités du désir,  pour l’une collègue d’un travail absurde de normalité, pour une autre « sa pute » ombre ou phantasme d’un passé, le spectre même, puis de voisines bisexuelles frustrée de sexe pour l’une, froide pour l’autre et enfin d’une chienne qui ne veut que le lécher ou le mordre à mort. Oreste poursuivi par les Eurinyes ? Œdipe non résolu de Simon ?</p>
<p style="text-align: justify;">Les questions fusent et les réponses traînent. C’est pour moi un plaisir que de ne pas tout saisir immédiatement. D’autant que les références mythologiques on s’en passe allégrement. On peut n’y voir qu’un rapport plus primaire d’un homme harcelé et presque impuissant à assumer le désir assaillant des femmes. C’est tantôt absurde, tantôt crû dans les dialogues (comme avec « sa pute », bimbo blonde plantureuse siliconée et drag-queen à la silhouette d’une Loana), abordant l’amour normal, l’amour bisexuel, la zoophilie, la première fois&#8230; C’est avec « la chienne » (chien des voisins qui ressemble à s’y méprendre à une femme déguisée en chienne…) que le trouble se fait le plus sentir pour Simon (cela m&#8217;a rappelé le film <span style="color: #3366ff;"><em>Casanova</em></span> de Fellini, et cette scène où Terence Stamp trouve la jouissance de l&#8217;amour dans une automate).</p>
<p style="text-align: justify;">Alors on pourrait croire qu’il ne s’agit que de sexe. Mais non, car on y parle et on y chante beaucoup de musique. Et de toute sorte : du lyrique (du Schubert), du fado (interprétée par la très convaincante Maria de Medeiros au charme certain), du jazz… en duo, en solo, en quartett dans les souvenirs… on croirait parfois évoluer dans une revue de cabaret ! La mélodie de la vie&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;">C’est donc une suite de situations improbables, absurdes, illogiques, presque malsaines pour certaines. Et pourtant cela tient la route. L’absurde est drôle, le sexe aussi frustrant qu’amusant, les corps aussi lucides que désarticulés… Le texte prend par la mise en scène et les acteurs. Et l’intrigue, avec son dénouement final inattendu, n’en finit pas de questionner Simon et nous-même sur ce qu’est l’identité sexuelle.</p>
<p style="text-align: justify;">La pièce est écrite pour les acteurs. On le sent. Micha Lescot, au centre des désirs, est brillant. Même lorsqu’il tourne, tombe, court, glisse (cela m’a rappelé son exacte attitude dans <a href="http://www.plebe-web.com/plebber/un-garcon-impossible-au-theatre-du-rond-point" target="_blank">Un garçon impossible</a>, joué 8 mois plus tôt dans cette même salle) il a la légèreté de son corps grand et mince et joue avec sa diction, haute, claire et lancinante, parfois sciemment pédante.</p>
<p style="text-align: justify;">Les femmes ne sont pas en reste. Passons sur leur beauté manifeste et la sensualité qui se dégagent d’elles, pour n’en retenir que la justesse de leur interprétation et de leurs chants. Je préférerais les rôles de Claire, Jane et Sarah. D’autres préféreront les autres.</p>
<p style="text-align: justify;">Alors, enthousiasme débridé ? Pour certaines scènes, sans aucune réticences. Pour d’autres, je reste moi-même dubitatif. Ici et là de trouver des longueurs, des redites. Il y a des baisses de régime. La mise en scène se doit d’être inventive en permanence. Quand elle fait une pause ou se répète, l’intérêt fait pause aussi sans se répéter. Et c’est la limite majeure du spectacle. L’absurde ressurgit ainsi parfois dans ce qu’il a d’exaspérant, et on sent une forte étiquette « spectacle contemporain », donc spectacle chiant où on ne comprend rien (il n’y avait qu’à écouter le public en sortant). C’est peut être ça qu’il manque : une pointe plus relevée d’autodérision…</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">de Rémi De Vos<br />
mise en scène Éric Vigner<br />
avec :
</p>
<p style="text-align: justify;">Claire : Anne-Marie Cadieux / Walkyrie : Marie-France Lambert / Simon : Micha Lescot / Jane : Maria de Medeiros / Sarah : Johanna Nizard / Blanche : Jutta Johanna Weissdécor et costumes Éric Vigner</p>
<p style="text-align: justify;">lumière Pascal Noël<br />
son Othello Vilgard<br />
maquillage et coiffure Soizic Sidoit<br />
masque Erhard Stiefel<br />
danse Julie Guibert<br />
assistant à la mise en scène Olivier Fredj<br />
assistante au décor Karine Chahin<br />
atelier costumes Sophie Hoarau</p>
<p><span style="color: #008000;"><strong>Note d’intention : </strong></span>
</p>
<p style="text-align: justify;">L’existence de Simon vient d’être bouleversée par la mort de sa mère. De retour dans la maison de son enfance, hantée par cinq créatures aux désirs débridés, Simon s’autorise en s’affranchissant de toute contrainte au réel, à pénétrer dans le royaume des femmes où désir et imaginaire, fantasme et réalité se confondent en une projection délirante. Ce faisant, il découvrira la vérité sur ses origines familiales. Sextett est une comédie érotique, déjantée et musicale où le rire, le sexe et les larmes font bon ménage. Eros et Thanatos ont rendez-vous dans la maison de Madeleine… Jusqu’à ce que la mort nous sépare racontait l’histoire d’un jeune homme qui revenait dans la maison de sa mère avec l’urne contenant les cendres de sa grand-mère maternelle. C’était pour Simon le premier contact avec la mort. À cette occasion, il retrouvait sa première petite amie. Après un invraisemblable enchaînement de circonstances, il décidait, contre toute attente, de se marier. Sextett est la suite de cette histoire. Les années ont passé et Simon ne s’est pas marié. Au moment où la pièce commence, Simon a dû renoncer à un contrat important pour assister à l’enterrement de sa mère. Il revient dans la maison maternelle en compagnie de Claire, une collègue de travail qui insiste pour rester quelques jours et l’aider à régler ses affaires. Sextett est une pièce écrite pour 6 acteurs ou pour être plus exact pour 1 acteur : Micha Lescot au corps à corps avec 5 actrices, 5 femmes singulières aux origines culturelles diverses mais ayant toutes un attachement particulier à la culture, à la langue et au théâtre français, que ce soit l’actrice d’origine portugaise Maria de Medeiros qui revient pour cette pièce au théâtre après avoir fait la carrière que l’on sait au cinéma, la viennoise Jutta Johanna Weiss qui vit et travaille en France depuis une dizaine d’années, les québécoises Anne-Marie Cadieux et Marie- France Lambert ou la française Johanna Nizard qui n’oublie rien de ses origines orientales. Toutes ces femmes admirables jouent dans cette pièce où la musicalité si particulière de la langue de Rémi DeVos trouve ici son prolongement dans le chant du spectacle.</p>
<p style="text-align: justify;">Eric Vigner</p>
<p><span style="color: #008000;"><strong>Entretien:</strong></span></p>
<p style="text-align: justify;"><em>De quoi parle Sextett ?</em></p>
<p style="text-align: justify;">Éric Vigner : Sextett parle du désir, du sexe, des femmes, de la mort et du théâtre. C’est la suite de Jusqu’à ce que la mort nous sépare. Dans cette pièce, le héros retournait chez sa mère à l’occasion de l’incinération de sa grandmère. Dans Sextett, on le retrouve après la mort de sa mère. On avait envie avec Rémi De Vos «d’écrire» une suite pour Micha Lescot et de confronter Simon à tous ces thèmes. Au début de la pièce Dans la solitude dans les champs de coton de Bernard Marie Koltès, le Dealer dit au Client : «Si vous marchez dehors, à cette heure et en ce lieu, c’est que vous désirez quelque chose que vous n’avez pas, et cette chose, moi, je peux vous la fournir…» Simon dans Sextett, comme le client dans « La solitude », est sollicité sur son désir. Sextett parle du désir comme carburant, comme énergie pure des constructions diverses et variées, quelles soient politiques, individuelles ou sociales, intimes, sexuelles, artistiques et surtout théâtrales. Sextett parle du théâtre comme le lieu et l’espace de projection et de représentation du désir.</p>
<p><em>Est-ce que vous intervenez dans l’écriture ?</em></p>
<p style="text-align: justify;">E. V. : Sextett est la suite d’un travail et d’une amitié artistique entre Rémi et moi. Beaucoup d’aventures passionnantes dans l’histoire du théâtre sont nées d’une rencontre entre un auteur et un metteur en scène. On ne peut pas au théâtre dissocier le fond de la forme. Le metteur en scène, qu’il le veuille ou non, donne une forme à l’écriture proposée par  l’auteur. La mise en scène est un art d’écriture de la scène et en ce sens, elle touche à d’autres arts tels que les arts plastiques, la musique… Le livre prend forme en trois D, dans l’espace-temps du théâtre, pour produire un spectacle ici et maintenant. Après Jusqu’à ce que la mort nous sépare en 2006 avec Catherine Jacob, Micha Lescot et Claude Perron, Débrayage en 2007 avec la promotion sortante de la Manufacture et la traduction d’Othello de Shakespeare en 2008 que nous avons faite ensemble, Sextett est notre quatrième collaboration. En 1996 Rémi m’avait envoyé sa première pièce. À la lecture, j’ai compris qu’il y avait là une écriture nouvelle, qui mêlait sérieux et comique. C’est assez rare. Rémi écrit sur des sujets sérieux avec la force du rire. Pour Sextett, nous voulions créer pour ces acteurs en particulier. Nous avons passé beaucoup de temps ensemble chez moi en Bretagne. On a beaucoup parlé. On s’est  promené au bord de la mer. Le plus important était sans doute de faire quelque chose ensemble et de témoigner par le théâtre à notre façon d’un sentiment du monde très personnel et du désir en tous ses états.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>Dans Sextett, votre héros est de nouveau confronté à la mort. Mais de façon très différente…</em></p>
<p style="text-align: justify;">Rémi De Vos : Contrairement à Jusqu’à ce que la mort nous sépare, il n’y a pas de comique de situation dans cette pièce. Il n’y a pas d’urne funéraire à cacher. Simon revient de l’enterrement de sa mère avec une collègue de bureau. Si la mort de la grand-mère permettait une certaine distance drôlatique, la mort de la mère est un sujet plus sensible à traiter. Dès le début de la pièce, la collègue de bureau remarque un chien qui fait des trous dans le jardin. Nous sommes tout de suite dans la destruction. Le jardin détruit possède une valeur symbolique très forte. Arrivent rapidement deux voisines qui s’excusent du comportement de leur chien. En guise de dédommagement pour le jardin dévasté, elles proposent de chanter un lied de Schubert. Au bout du compte, on se retrouve avec un homme confronté à cinq femmes. Dans le désarroi lié à la mort de sa mère, Simon est perturbé d’être l’objet de désirs féminins. Si la pièce parle du désir, et plus précisément de la violence du désir, elle parle aussi d’angoisse de mort, de la peur masculine de la castration.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>Comment avez-vous choisi d’écrire et pourquoi spécialement du théâtre ?</em></p>
<p style="text-align: justify;">R. D. V. : Adolescent, je voulais être comédien. J’ai pris des cours de théâtre, mais ça n’a pas marché. J’ai travaillé en intérim une dizaine d’années et j’ai commencé à écrire sur ce que je vivais dans les entreprises. Cela a donné Débrayage, ma première pièce. Ensuite, les commandes de pièces se sont succédé. Je vis de l’écriture de théâtre depuis que j’ai commencé à écrire grâce aux commandes que me font les metteurs en scène. J’ai une relation particulière avec Eric qui comprend mon écriture. J’écris pour lui et j’espère le faire le plus longtemps possible. J’écris du théâtre parce que je ne peux rien dire sans que le contraire de ce que je suis en train de dire m’apparaisse dans l’instant tout aussi valable. J’ai facilement de multiples points de vue sur un sujet donné. L’écriture pour le théâtre allait donc de soi.</p>
<p><span style="color: #008000;"><strong>Extrait : </strong></span></p>
<p style="text-align: justify;"><em>Simon entre, suivi de Claire. Claire marche dans la pièce. Un temps long.<br />
</em><strong>Claire</strong><em>, devant la baie vitré :</em> Il y a un chien dans le jardin.<br />
<strong>Simon</strong>, <em>après un temps</em> : C’est le chien des voisins, il s’échappe parfois.<br />
<em>Claire regarde le chien dans le jardin.</em><br />
<strong>Claire</strong> : Il est dangereux ?<br />
<strong>Simon</strong>: Je ne sais pas. Quand il est là, je ne sors jamais.<br />
<strong>Claire</strong> : Il vient souvent ?<br />
<strong>Simon</strong>: Assez souvent, oui.<br />
<em>Un temps.</em><br />
<strong>Claire</strong> : Comment fait-il ?<br />
<em>Simon réfléchit</em>.<br />
<strong>Simon</strong>: Il creuse des trous sous la palissade.<br />
<em>Elle regarde Simon.</em><br />
<strong>Claire</strong> : Les voisins sont au courant ?<br />
<strong>Simon</strong>: Quelqu’un rebouche les trous au fur et à mesure.<br />
<em>Elle le regarde, puis regarde dehors.</em><br />
<strong>Claire</strong> : Il s’en prend aux fleurs.<br />
<strong>Simon</strong>: Ne le regarde pas.<br />
<strong>Claire</strong> : Il déterre les fleurs.<br />
<strong>Simon</strong>: Ne le regarde pas.<br />
<em>Elle regarde Simon.</em><br />
<strong>Claire</strong> : Pourquoi ne devrais-je pas le regarder ?<br />
<strong>Simon</strong>: Ça l’énerve. Si tu arrêtes de le regarder, il partira peut-être.<br />
<strong>Claire</strong> : Qu’est-ce que tu racontes ?<br />
<strong>Simon</strong>: Il n’aime pas qu’on le regarde. Ça le rend agressif.<br />
<strong>Claire</strong> : Tu devrais en parler aux voisins.<br />
<strong>Simon</strong>: Les voisins sont encore plus dangereux que leur chien.</p>

<div class="sociable">
<div class="sociable_tagline">
<strong>Pour en parler :</strong>
</div>
<ul>
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</ul>
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		<title>12 hommes en colère au théâtre de Paris</title>
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		<pubDate>Wed, 04 Nov 2009 15:44:54 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Arnaud</dc:creator>
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		<category><![CDATA[Théâtre]]></category>
		<category><![CDATA[contemporain]]></category>
		<category><![CDATA[critiques]]></category>
		<category><![CDATA[drame]]></category>
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		<description><![CDATA[En ce mardi, un peu particulier pour moi, direction la grande salle du Théâtre de Paris pour la reprise d’un succès : 12 hommes en colère. Du monde, du CE en pagaille et des habitués du comique Michel Leeb : ça donne une salle quasi pleine. &#171;&#160;Un jury doit statuer sur le cas d&#8217;un jeune [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.plebe-web.com/wp-content/uploads/2009/10/12-hommes-en-colère.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-2346" style="float: left; margin: 5px;" title="12 hommes en colère" src="http://www.plebe-web.com/wp-content/uploads/2009/10/12-hommes-en-colère-200x300.jpg" alt="12 hommes en colère" width="174" height="260" /></a>En ce mardi, un peu particulier pour moi, direction la grande salle du Théâtre de Paris pour la reprise d’un succès : <span style="color: #3366ff;"><strong>12 hommes en colère</strong></span>. Du monde, du CE en pagaille et des habitués du comique Michel Leeb : ça donne une salle quasi pleine. &laquo;&nbsp;<span style="color: #ff6600;"><em>Un jury doit statuer sur le cas d&#8217;un jeune homme de 16 ans, issu d’un quartier difficile, accusé du meurtre de son père. Les preuves sont accablantes, les hommes sont pressés d&#8217;en finir, mais il faut l&#8217;unanimité des votes pour condamner l&#8217;accusé. Or sur les douze jurés, un d’entre eux a un doute sur sa culpabilité. Commence alors un vif débat au cours duquel chacun devra défendre ses convictions.</em></span>&laquo;&nbsp;</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #008000;"><strong>Mon avis :</strong></span> Pour ceux qui connaissent, on a forcément la référence du film de Sidney Lumet en tête avec Henry Fonda dans le rôle titre. Mais elle s’efface au fur et à mesure de l’avancement de la pièce. Cette version dévoile des nouveaux aspects, qui loin de desservir l’intention originale de Reginald Rose, la dégage d’un certain manichéisme, certes efficace et émotionnellement puissant, pour une subtilité du propos. Du grand et du bel art théâtral.</p>
<p style="text-align: justify;">Rose avait écrit la pièce en 1954 en réaction à une erreur judiciaire dont il fut témoin. Son intention était de démontrer la bêtise de la justice de l’époque, faite de subjectivité et reposant sur les a priori racistes et la bêtise de 12 hommes constituant un jury d’une affaire criminelle. La pièce était une charge violente contre l’erreur judiciaire et <em>in fine</em> la peine de mort.</p>
<p style="text-align: justify;">L’affaire semble entendue dès le début. L’adolescent noir a tué son père, un homme violent et alcoolique, à la suite d’une énième dispute, de plusieurs coups de couteau. Des témoins oculaires et auditifs confirment les propos de l’accusation. Les preuves sont toutes à charge. Pas de quoi traîner donc pour ce jury qui a de bien meilleures choses à faire que de débattre d’une évidence. Alors le vote est lancé. L’unanimité est requise pour l’acquittement ou la culpabilité. Tous votent coupables à l’exception d’un : le juré 8. Pourquoi ? Pas qu’il croit que l’accusé puisse être innocent. Non. Il voudrait être sûr en son âme et conscience qu’il soit vraiment le coupable. Il voudrait parler de l’affaire. Au moins une heure. Il est dur d’envoyer à la mort, un si jeune sans en parler… Après maintes réticences l’investigation commence et va durer 2 heures…</p>
<p style="text-align: justify;">Intrigue policière, étude de mœurs, lutte des classes (les personnages appartiennent chacun à un milieu socioprofessionnel différent), joutes verbales et rhétoriques, démêlés psychologiques… cette pièce est tout cela à la fois. Observer la raison lutter contre l’obscurantisme est jouissif. Car cette version nous donne moins à penser les raisons raciales de ce procès (pourtant toujours très présentes) que l’appropriation de la part d’humanité des jurés. C’est un versant philosophique, sans s’appesantir, sans avoir l’air d’y toucher. On invoque le doute. On chasse l’objectivité trompeuse pour plonger dans la subjectivité de la parole et du souvenir. On évoque des convictions. La justice repose sur le principe de la liberté de ceux qui la rendent. Et c’est ce que nous voyons, 12 individus en quête de liberté. Celle de penser, de douter, d’affirmer, de se tromper, de changer d’avis, d’évoluer dans le raisonnement. Le rappel aussi des valeurs de la justice et de la nation par les étrangers qui ont décidé de vivre ici plutôt que de subir l’inéquité de leur pays d’origine. Le triomphe de l’humain, contre les superstitions, les a priori, la religion… en 3 mots : éblouissant, renversant et optimiste.</p>
<p style="text-align: justify;">Le public est le 13° juré. On entend ici et là des indignations, des encouragements, des rires, quelques applaudissements. On participe à ce débat.</p>
<p style="text-align: justify;">Et c’est la force de la mise en scène de Meldegg. Les déplacement des personnages semblent improvisés, vivants, imprévisibles, errant dans les méandres de leurs pensées et de cet espace clos. Il n’en est pourtant rien. La mise en scène est en si précise, si minutieuse, qu’elle s’efface. 12 acteurs présents sur scène (ce qui n’est pas rien) où rien ne se mélange, où l’on comprend tout, où l’on pourrait presque suivre simultanément différentes conversations. Tellement évident, qu’on ne le voit presque plus.</p>
<p style="text-align: justify;">Tout ceci prend par le talent des acteurs. Et déjà quel casting ! Quel plaisir de voir tous ces grands noms en une seule fois ! Tous excellent à leur manière, dans leur personnage, dont certains très vils et « pourris ». Le premier d’entre eux n’est pas en reste. Leeb est fait de retenu. Pas une attitude ou une mimique du comique. Il tient le personnage.</p>
<p style="text-align: justify;">Alors il va de soi qu’on est pris dans cette pièce. Transporté dans l’antre de l’humain. C’est si bien fait, du si beau travail, que l’on finit par ne peut être y voir que du théâtre. Convaincu et enthousiaste, une bulle de plaisir dans la noirceur de l’époque, on ressent la modernité du sujet, la critique toujours aussi présente de la justice rendue par aveuglement et bêtise. On sort et on croit à nouveau un peu en l’homme et sa capacité à faire jouer son libre arbitre. Le combat est à continuer…</p>
<p style="text-align: center;"><object classid="clsid:d27cdb6e-ae6d-11cf-96b8-444553540000" width="425" height="344" codebase="http://download.macromedia.com/pub/shockwave/cabs/flash/swflash.cab#version=6,0,40,0"><param name="allowFullScreen" value="true" /><param name="allowScriptAccess" value="always" /><param name="src" value="http://www.youtube.com/v/C7YcmdGZoLI&amp;color1=0xb1b1b1&amp;color2=0xcfcfcf&amp;feature=player_embedded&amp;fs=1" /><param name="allowfullscreen" value="true" /><embed type="application/x-shockwave-flash" width="425" height="344" src="http://www.youtube.com/v/C7YcmdGZoLI&amp;color1=0xb1b1b1&amp;color2=0xcfcfcf&amp;feature=player_embedded&amp;fs=1" allowscriptaccess="always" allowfullscreen="true"></embed></object></p>
<p>Pièce de  Reginald Rose<br />
Montée par Stephan Meldegg<br />
Avec Michel Leeb , François Gamard , Pierre Santini , André Thorent , Jacques Echantillon , Laurent Gamelon , Alain Doutey, Jean Jacque Moreau&#8230;</p>

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		<title>Trahisons de Harold Pinter au Lucernaire</title>
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		<pubDate>Mon, 02 Nov 2009 18:58:20 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Arnaud</dc:creator>
				<category><![CDATA[Plebber]]></category>
		<category><![CDATA[Théâtre]]></category>
		<category><![CDATA[contemporain]]></category>
		<category><![CDATA[critiques]]></category>
		<category><![CDATA[drame]]></category>

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		<description><![CDATA[ Le retour pour cette saison au théâtre du Lucernaire. Au choix, dans le vaste programme proposé, l’adaptation d’un « classique » de Pinter, sur les trahisons amour-amitié. Autant dire que ça intéresse du monde… Salle quasi-pleine.&#160;&#187;Un homme et une femme se retrouvent dans un café. Qu&#8217;est ce qui les a conduits là? Harold Pinter, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.plebe-web.com/wp-content/uploads/2009/10/trahisons.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-2358" title="trahisons" src="http://www.plebe-web.com/wp-content/uploads/2009/10/trahisons.jpg" alt="trahisons" width="200" height="300" /></a> Le retour pour cette saison au théâtre du Lucernaire. Au choix, dans le vaste programme proposé, l’adaptation d’un « classique » de Pinter, sur les trahisons amour-amitié. Autant dire que ça intéresse du monde… Salle quasi-pleine.&nbsp;&raquo;<span style="color: #ff6600;"><em>Un homme et une femme se retrouvent dans un café. Qu&#8217;est ce qui les a conduits là? Harold Pinter, Prix Nobel de littérature 2005, nous fait remonter le temps pour examiner les moments clefs d&#8217;une passion à 3 où il est question d&#8217;amitié, de mariage et d&#8217;adultère. Trahisons est un classique moderne aux multiples facettes, à la fois drôle et émouvant, et d&#8217;une profonde vérité psychologique.</em></span>&laquo;&nbsp;</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #008000;"><strong>Mon avis :</strong></span> Je pars avec des a priori plus que positif. Pinter, sa pièce Trahisons, le Lucernaire.</p>
<p style="text-align: justify;">L&#8217;histoire se déroule à l’envers. Cette déconstruction narrative a pour elle l’efficacité de ne pas nous tenir en haleine par l’intrigue. Il faut, par conséquent, rechercher dans le temps qui s’écoule, les aspérités, les moments où les choix s’opèrent et déterminent les parcours de vie. Alors, à l’instar de l’auteur, il faut ce regard scrutateur du spectateur pour combler les raisons de l’histoire. Pinter, non content de triturer l’unité de l’action, désagrége l’unité de temps et d’espace. Plusieurs décors, des temps choisis au gré de l’intérêt de la psychologie des personnages… on doit plonger au cœur de leur intimité.</p>
<p style="text-align: justify;">On commence par parler du souvenir. Enfin du souvenir qu’on se fait du souvenir. Puis on revit le souvenir. Flash-back, réalité ? Pinter ne donne pas de réponse. Il y a cette incapacité à décrypter le passé. La mémoire reconstruit immédiatement la conscience du passé à la lueur de son présent. Cette incapacité à se remémorer fait écho à celui de l’amour bourgeois, et de l’amour-amitié des gens de lettres, et plus généralement des intellectuels. La liberté des lettres n’empêche pas l’enfermement dans les normes sociales du mariage et de l’amitié. Au contraire même ? On s’autorise l’extra conjugalité dans ce qu’elle permet la stabilité du mariage.</p>
<p style="text-align: justify;">On pourrait analyser bien plus longuement encore le propos de la pièce. Il est à chacun de le faire. D’autant que certains seront plus à même d’être sensibles à la trahison de l’amitié que de l’amour. Ou de la trahison à soi-même.</p>
<p style="text-align: justify;">Si la pièce et le texte convainquent, je suis par contre beaucoup plus réservé pour la mise en scène et le jeu des acteurs. Je sais  qu’au Lucernaire, notamment pour la pièce intermédiaire (dans les horaires), il y a l’obligation d’adopter un décor simple et modulaire, un jeu de lumière dépouillé et signifiant. Mais là, il est dur de croire à ce que l’on voit. Même la musique fait trop sérieuse de pathos. Bien sûr on pourrait se dire que le <em>no man’s land</em> de l’action tendrait à prouver l’universalité de celle-ci, ici ou ailleurs, c’est le même scénario qui se joue. Le hors champs se borne à des bruitages off. Certes, mais je trouve que l’on perd de la rigueur et de la précision. La dissection du rapport amical et amoureux se retrouve quelque peu dilué. C’est anecdotique dans l’appréciation générale, mais cette sensation ne s’est jamais défaite du long.</p>
<p style="text-align: justify;">Et ce d’autant plus que le jeu des acteurs m’a laissé parfois, trop à mon goût, distant et peu concerné. Si Robert (<span style="color: #ff6600;"><strong><em>Sacha Petronijevic</em></strong></span>) est quasi impeccable dans son jeu (encore que la vision donnée du personnage soit un peu trop rigide et pour le coup manquant de nuances), les personnages de Jerry (<span style="color: #ff6600;"><em><strong>Anatole de Bodinat</strong></em></span>) et Emma (<em><strong><span style="color: #ff6600;">Delphine Lalizout</span></strong></em>) sont trop légers et pas suffisamment incarnés. Je sais qu’il faut faire par subtilité pour toucher au juste, mais celle-ci ne fait pas mouche dans le cas présent. C’est parfois trop poussif, ou trop caricatural, ou trop léger ou en manque d’émotion, ou pas assez froid. Toutes les émotions qui devraient y être, y sont, mais semblent en décalage de l’intention de mise en scène.</p>
<p style="text-align: justify;">Chez Pinter, rien n’est indiqué, mais le choix de cette mise en scène manque la justesse et surtout la profondeur du sujet. J’ai trop cette sensation de superficialité et d’anecdotique. Comme ce dialogue final (raté par les acteurs ce soir là dans une scénographie brouillonne), où Jerry déclame à son meilleur ami Robert : « (…) <em>J’étais ton garçon d’honneur à ton mariage</em> ». Robert de lui répondre : « <em>C’est ce que tu es</em> ». Cette phrase-couperet, d’une perfidie aveugle à la trahison qui vient de commencer, est ici donné en l’air et s’évapore immédiatement. Dommage, c’est à ce genre de détail que l’on passe à côté de l&#8217;excellence des grandes oeuvres pour n&#8217;en rester qu&#8217;à l&#8217;agréable.</p>
<p style="text-align: justify;">Auteur : Harold Pinter<br />
Mise en scène : Mitch Hooper assistée de Pauline Klein<br />
Avec : Alexis Victor en alternance d&#8217;Anatole de Bodinat, Delphine Lalizout, Sacha Petronijevic, Hervé Masquelier et Rodolphe Delalaine en alternance.</p>
<div id="_mcePaste" style="overflow: hidden; position: absolute; text-align: justify; width: 1px; height: 1px; top: 5px; left: -10000px;">Le retour pour cette saison au théâtre du Lucernaire. Au choix, dans le vaste programme proposé, l’adaptation d’un « classique » de Pinter, sur les trahisons amour-amitié. Autant dire que ça intéresse du monde… Salle quasi-pleine.</div></p>

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		<title>Qu&#8217;est-il arrivé à Bette Davis et Joan Crawford ? au Vingtième Théâtre</title>
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		<pubDate>Fri, 30 Oct 2009 16:20:02 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Arnaud</dc:creator>
				<category><![CDATA[Plebber]]></category>
		<category><![CDATA[Théâtre]]></category>
		<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[comédie dramatique]]></category>
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		<category><![CDATA[critiques]]></category>

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		<description><![CDATA[C’est la dernière de cette reprise, un des succès de la saison précédente, au vingtième théâtre. A peine la moitié de la salle. &#171;&#160;Sous les sunlights d’Hollywood, guerre et glamour sont de rigueur. Bette Davis et Joan Crawford se livrent un combat sans fard à la ville comme à l’écran… En partant d’anecdotes et de [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">C’est la dernière de cette reprise, un des succès de la saison précédente, au vingtième théâtre. A peine la moitié de la salle. &laquo;&nbsp;<span style="color: #ff6600;"><em>Sous les sunlights d’Hollywood, guerre et glamour sont de rigueur. Bette Davis et Joan Crawford se livrent un combat sans fard à la ville comme à l’écran… En partant d’anecdotes et de faits réels, Jean Marboeuf a imaginé une correspondance fictive entre ces deux monstres sacrés. Sous le regard amusé d’un troisième personnage, tour à tour vendeur de programme malmené, régisseur survolté, ou séducteur convoité, le face à face des deux stars sur le plateau de « Qu’est-il arrivé à Baby Jane ? », film mythique de Robert Aldrich, est explosif. Toutes les manigances sont bonnes pour ébranler l’autre. Le choix des armes : un humour ravageur.</em></span>&laquo;&nbsp;</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #008000;"><strong>Mon avis :</strong></span> Tout pour plaire. Enfin tout pour me plaire. Le cinéma, les coulisses du tournage du film d’Aldrich, 2 actrices mythiques, Bette (« Betty » !) Davis et Joan Crawford, des saloperies et autres aimableries langagières. Et ce mystère sur le succès et la fabrication d’un film. C’est bien fait, mais c’est juste bien.</p>
<p style="text-align: justify;">Ce qui est déjà pas mal. Mais il est vrai que je m’attendais à être davantage dans l’engouement.</p>
<p style="text-align: justify;">Le décor, sobre, se révèle fort pertinent même si cette grosse bobine en forme de promontoire peut faire penser à une icône pour Photoshop. La toile, tour à tour voile, écran ou paravent, joue sur les transparences et donne une profondeur de champ et du sens ainsi qu’une lecture sur différents plans. On fait le rapprochement avec la focale cinématographique et sa &laquo;&nbsp;fenêtre&nbsp;&raquo;, cadrage d’un point de vue sur l’ouverture vers le monde. C’est discret et fort bien trouvé. Ici et là un projecteur, des fauteuils de cinéma, c’est efficace.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.plebe-web.com/wp-content/uploads/2009/10/joan-crawford.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-2353" title="joan crawford" src="http://www.plebe-web.com/wp-content/uploads/2009/10/joan-crawford.jpg" alt="joan crawford" width="500" height="333" /></a><br />
La mise en scène fluidifie le récit et se permet d’emprunter aux règles du cinéma de la parfaite alternance des dialogues hollywoodiens qui étaient de rigueur à l’époque. Ce côté surrané est agréable.
</p>
<p style="text-align: justify;">Les 2 actrices incarnent leur rôle. Même si la ressemblance physique n’est pas trop à rechercher, Joan Crawford ressort sûrement davantage que Bette Davis par la présence. Bette Davis est bien campée, d’un caractère de cochon ! J’aurais à regretter une vision par trop caricaturale de Davis. Son militantisme et ses combats de femme qui s’impose dans le cinéma de vedettariat masculine des années 30 et 40, sont ici complètement gommés. Il ne reste que l’aigreur, la perfidie et les caprices de la diva. A contrario, Crawford nous fait parfois dans la sensiblerie, car nous donnant une vision trop manichéenne de son caractère : une hypersensible maltraitée dans l’enfance qui plonge dans l’alcool et les affres de la sexualité de connivence. Une &laquo;&nbsp;<em>alter-Maryline&nbsp;&raquo; </em>en quelque sorte, que le texte et la mise en scène soulignent trop fortement lorsqu’elles apprennent sa mort.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.plebe-web.com/wp-content/uploads/2009/10/davis-crawford.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-2351" title="davis crawford" src="http://www.plebe-web.com/wp-content/uploads/2009/10/davis-crawford.jpg" alt="davis crawford" width="500" height="333" /></a><br />
Alors on pourrait rétorquer que l’on choisit ces 2 femmes à des moments très précis de leur vie, mais il y a tout de même une volonté tangible de dévoiler ces actrices en passe de devenir méconnues du grand public. Car qui ne connaît ces 2 actrices, ne peut qu’en ressortir avec une vision tronquée et erronée. Cet angle psycho-bio des coulisses et des doutes de ces grandes dames verse un peu trop dans l’anecdotique. On pourrait certes se croire dans les magazines people de l’époque. La grande confrontation reste pour moi trop elliptique. Et la vision qui en reste correspond trop à l’image d’épinale que l’on se fait de cet Hollywood.
</p>
<p style="text-align: justify;">Ensuite, le texte annoncé comme féroce, l’est certes par des aspects, mais demeure dans le poli attendu d’un combat de 2 chiffonnières du beau monde. La vacherie est tranquille.</p>
<p style="text-align: justify;">Et, ce qui m’a sûrement le plus ennuyé, c’est cet acteur-témoin. Tour à tour chef opérateur, machiniste, régisseur, relayeur de la revue de presse, il intervient à intervalle court (heureusement) et régulier. Il semble ailleurs. Vêtu d’habits anachroniques. On ne sait trop ce qu’il est, ni ce qu’il fait. Pas que l’acteur joue mal. Non. Juste que sa pertinence est loin d’être flagrante et son utilité (hormis la revue de presse) loin d’être prouvée.</p>
<p style="text-align: justify;">Je subodorais à la sortie de la salle, qu’il ne me resterait qu’un sentiment d’avoir passé au moins un bon moment. C’est exactement ça.</p>
<p style="text-align: justify;">De Jean Marboeuf<br />
Mise en scène : Didier Long<br />
Avec : Séverine Vincent, Julie Marboeuf et David Macquart.
</p>
<p style="text-align: justify;">Coréalisation : Vingtième Théâtre et Lycoprod.</p>

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		<title>Minetti de Thomas Bernhard à l&#8217;athénée Théâtre Louis Jouvet</title>
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		<pubDate>Fri, 16 Oct 2009 13:05:56 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Arnaud</dc:creator>
				<category><![CDATA[Plebber]]></category>
		<category><![CDATA[Théâtre]]></category>
		<category><![CDATA[absurde]]></category>
		<category><![CDATA[contemporain]]></category>
		<category><![CDATA[critiques]]></category>
		<category><![CDATA[drame]]></category>

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		<description><![CDATA[A peine la moitié de la salle pour ce milieu de semaine de cette pièce emblématique de Berhnard. C’est dommage : on est bien dedans avec un si froid dehors. &#171;&#160;Un soir de Saint-Sylvestre, un monsieur qui prétend s’appeler Minetti débarque dans un hôtel décati d’Ostende. Est-il, comme il l’affirme, le grand comédien allemand qui [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.plebe-web.com/wp-content/uploads/2009/10/minetti3.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-2301" style="float: left; margin: 5px;" title="minetti3" src="http://www.plebe-web.com/wp-content/uploads/2009/10/minetti3-225x300.jpg" alt="minetti3" width="225" height="300" /></a>A peine la moitié de la salle pour ce milieu de semaine de cette pièce emblématique de Berhnard. C’est dommage : on est bien dedans avec un si froid dehors. &laquo;&nbsp;<span style="color: #ff6600;"><em>Un soir de Saint-Sylvestre, un monsieur qui prétend s’appeler Minetti débarque dans un hôtel décati d’Ostende. Est-il, comme il l’affirme, le grand comédien allemand qui n’a pas joué depuis trente ans ? A-t-il vraiment rendez-vous avec un directeur de théâtre qui lui a proposé d’interpréter Le Roi Lear ? Aux témoins de fortune de son attente, il va dévoiler ses triomphes, ses angoisses et sa fureur. Tandis qu’au-dehors souffle une tempête de neige, ce sont les vives lueurs d’un crépuscule qui éclatent dans l’hôtel désert…</em></span>&laquo;&nbsp;</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #008000;"><strong>Mon avis : </strong></span>2 pièces en moins d’un mois de Berhnard, la première avec <a href="http://www.plebe-web.com/plebber/simplement-complique-de-thomas-bernhard-au-theatre-des-bouffes-du-nord" target="_blank">George Wilson dans Simplement compliqué</a>, et celle-ci avec Serge Merlin dans le rôle de Minetti. 2 belles affiches, qui ne déçoivent pas, et qui enchantent même.</p>
<p style="text-align: justify;">Serge Merlin est un acteur habitué aux pièces de Berhnard. Il a même triomphé dans le rôle du Roi Lear de Shakespeare il y a déjà presque 20 ans. Il est donc « normal » qu’il endosse le rôle de Minetti.</p>

<a href='http://www.plebe-web.com/plebber/minetti-de-thomas-bernhard-a-lathenee-theatre-louis-jouvet/attachment/minetti2' title='minetti2'><img width="150" height="150" src="http://www.plebe-web.com/wp-content/uploads/2009/10/minetti2-150x150.jpg" class="attachment-thumbnail" alt="minetti2" title="minetti2" /></a>
<a href='http://www.plebe-web.com/plebber/minetti-de-thomas-bernhard-a-lathenee-theatre-louis-jouvet/attachment/minetti3' title='minetti3'><img width="150" height="150" src="http://www.plebe-web.com/wp-content/uploads/2009/10/minetti3-150x150.jpg" class="attachment-thumbnail" alt="minetti3" title="minetti3" /></a>
<a href='http://www.plebe-web.com/plebber/minetti-de-thomas-bernhard-a-lathenee-theatre-louis-jouvet/attachment/minetti1' title='minetti1'><img width="150" height="150" src="http://www.plebe-web.com/wp-content/uploads/2009/10/minetti1-150x150.jpg" class="attachment-thumbnail" alt="minetti1" title="minetti1" /></a>

<p style="text-align: justify;">Décor assez sobre. Une banquette, un hall d’hôtel, un ascenseur dans le fond. On se croirait dans les années 30 (on pourrait penser à l’univers de Murnau, dans le film le dernier des hommes), mais aussi bien dans les années 60, qu’aujourd’hui, dans une espèce d’hôtel au charme rétro. Loin de déranger cela ajoute à l’atmosphère de la pièce. Qui est ce Minetti ? Est-ce lui véritablement ? Ce qu’il raconte est-il vrai ? A-t-il rendez-vous avec le directeur de théâtre d’Ostende ?</p>
<p style="text-align: justify;">Berhnard a détourné le patronyme de Minetti, acteur pour lequel il avait une grande estime, et comme à son habitude, l’a habité de ses réflexions et de ses rancoeurs. Berhnard règle ses comptes avec le théâtre. Le public est son ennemi, alors Minetti ne décolère pas contre le public et nous. Il se lance dans les grandes diatribes berhnardiennes. C’est un quasi monologue, un soliloque, où peu importe l’interlocuteur, il poursuit son discours.</p>
<p style="text-align: justify;">Ce Minetti de la saint sylvestre a un aspect mortifère. Dès son arrivée, il est acteur. Une poursuite lumière le souligne d’ailleurs immédiatement et ne le lâchera qu’à la fin, lorsque celui-ci se recouvre le visage, sous cette neige, blanc linceul de son âme. Il est acteur, et joue à être acteur. Il veut rejouer son roi Lear, mais être Minetti en même temps. Berhnard déclare aux détours de ses écrits que Shakespeare est « <em>Inaccessible, rien que des sommets ! </em>». Alors le roi Lear et rien d’autre, mais Minetti, donc Bernhard aussi. D’une arrogance folle, un hommage autant que la volonté d’être l’art dramatique à lui seul.</p>
<p style="text-align: justify;">Cette tentative aussi désespérée soit elle, ne revêt rien de pathétique. Minetti éructe, joue, interprète ses émotions et ses humeurs, servi par un Serge Merlin magnifique au plus près du rôle. Cela devient une pièce de Bernhard. Rien n’est fait pour plaire au public : Il parle fort, ou trop faible, change d’humeur, rabâche son texte, le martèle, pousse à l’exagération.</p>
<p style="text-align: justify;">Ce drame d’un acte en 3 scènes atteint peu à peu son acmé finale, avec la superbe troisième scène dans la pièce d’à côté. Hall de gare presque, dans cet hôtel, à l’intérieur mais au dehors aussi. La fête cohabite avec la fin de la fête. La neige tombe, le vent du nord, glacial occupe peu à peu la quasi-totalité de l’espace sonore. Le tout est d’une sobriété, sans pathos, avec quelques pointes d’humour même. Les clins d’œil sont nombreux comme ce moment où la jeune liseuse-amoureuse qui attend son amoureux, écoute la radio et monte le son au morceau de jazz (dans un arrangement bop des années 60) <span style="color: #ff6600;"><strong><em>My One And Only Love</em></strong></span>.</p>
<p style="text-align: justify;">Serge Merlin est parfait. Même ses rares accroches sur le texte sont dans le ton et l’humeur. Les trouvailles du décor, la pertinence de l’éclairage concourent à l’adhésion globale, enfin pour ceux qui parmi le public ne se sont pas sentis rebutés par la rudesse du propos et de la mise en scène. Le reste de la troupe semble, à dessein, appartenir à une autre pièce. Cette étrangeté, signifiante pourtant, n’empêche pas complètement un écart parfois propice aux « décrochages » du monologue.</p>
<p style="text-align: justify;">Minetti c’est donc l’acteur qui veut l’être encore pour une dernière fois. Avant de mourir. Il est dans le jeu. Dans <a href="http://www.plebe-web.com/plebber/simplement-complique-de-thomas-bernhard-au-theatre-des-bouffes-du-nord" target="_blank">Simplement compliqué</a>, le personnage de l’acteur n’était plus que le souvenir de l’acteur d’antan. L’un recherche l’émotion du jeu, l’autre la sincérité de l’homme derrière l’acteur. On sera tour à tour plus touché par l’un que par l’autre.</p>
<p style="text-align: justify;">Mais ce Minetti, il est tout simplement touchant…</p>
<p>avec : Serge Merlin, Francois Clavier, Eve Guerrier, Olivier Mansard, Fabien Marais, Jérôme Maubert, Jessica Perrin, Liliane Rovère, Irina Solano,</p>
<p>mise en scène : Gerold Schumann</p>
<p>assistant à la mise en scène : Jérôme Maubert<br />
décors : Olivier Bruchet<br />
costumes : Cidalia da Costa<br />
peinture : Jean-Paul Dewynter<br />
lumières : Vincent Gabriel<br />
création sonore : Bruno Bianchi<br />
maquillages : Sophie Niesseron<br />
fabrication des costumes : Anne Yarmola<br />
fabrication des masques : Hafid Bachiri<br />
construction du décor : Lycée polyvalent Jules Verne de Sartrouville<br />
traduction : Claude Porcell</p>
<p>La note d&#8217;intention :</p>
<p>Minetti, portrait de l&#8217;artiste en vieil homme</p>
<p>&nbsp;&raquo; Thomas Bernhard a écrit Minetti pour un des plus grands acteurs du siècle dernier, Bernhard Minetti. On ne peut envisager de mettre en scène cette pièce majeure du répertoire allemand qu&#8217;à travers un comédien porteur d&#8217;une dimension exceptionnelle. &nbsp;&raquo; Gerold Schumann, metteur en scène</p>
<p>Un soir de Saint-Sylvestre, un monsieur qui prétend s’appeler Minetti débarque dans un hôtel décati d’Ostende. Est-il, comme il l’affirme, le grand comédien allemand qui n’a pas joué depuis trente ans ? A-t-il vraiment rendez-vous avec un directeur de théâtre qui lui a proposé d’interpréter Le Roi Lear ? Aux témoins de fortune de son attente, il va dévoiler ses triomphes, ses angoisses et sa fureur. Tandis qu’au-dehors souffle une tempête de neige, ce sont les vives lueurs d’un crépuscule qui éclatent dans l’hôtel désert…</p>
<p>Avec ce Portrait de l’artiste en vieil homme, Thomas Bernhard rend hommage à Bernhard Minetti, légende du théâtre allemand. Mais il invente aussi un moyen de bouleverser les règles du jeu. Sortant de son rôle pour prendre la parole, l’acteur devient ici un personnage, un acteur qui joue à être un acteur, un acteur qui joue à être un acteur qui veut jouer le roi Lear…<br />
Interprète du roi Lear mais aussi de Thomas Bernhard dans Le Réformateur et Le Neveu de Wittgenstein, Serge Merlin s’empare aujourd’hui de Minetti, puissant véhicule offert par le dramaturge autrichien à tous les grands acteurs.</p>

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		<title>Simplement compliqué de Thomas Bernhard au Théâtre des Bouffes du Nord</title>
		<link>http://www.plebe-web.com/plebber/simplement-complique-de-thomas-bernhard-au-theatre-des-bouffes-du-nord</link>
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		<pubDate>Wed, 30 Sep 2009 15:32:18 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Arnaud</dc:creator>
				<category><![CDATA[Plebber]]></category>
		<category><![CDATA[Théâtre]]></category>
		<category><![CDATA[contemporain]]></category>
		<category><![CDATA[critiques]]></category>

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		<description><![CDATA[Passage par le très particulier théâtre des Bouffes du Nord pour du Thomas Bernhard mis en scène et interprété par Georges Wilson. « Mettre en scène et interpréter Simplement compliqué de Thomas Bernhard est pour moi une manière d&#8217;interroger une fois encore le théâtre et le sens que j&#8217;ai donné à ma vie en m&#8217;y [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.plebe-web.com/wp-content/uploads/2009/09/simplement-compliqué-affiche.jpg"></a><a href="http://www.plebe-web.com/images/2009/09/simplement-compliqué.bmp"></a><a href="http://www.plebe-web.com/images/2009/09/simplement-compliqué.bmp"></a><a href="http://www.plebe-web.com/images/2009/09/Anouar-Brahem.jpg"></a>Passage par le très particulier théâtre des Bouffes du Nord pour du Thomas Bernhard mis en scène et interprété par Georges Wilson. « <span style="color: #ff6600;"><em>Mettre en scène et interpréter Simplement compliqué de Thomas Bernhard est pour moi une manière d&#8217;interroger une fois encore le théâtre et le sens que j&#8217;ai donné à ma vie en m&#8217;y consacrant tout entier. Il y a dans ma rencontre avec l&#8217;oeuvre de Thomas Bernhard et ce texte en particulier, quelque chose de profondément troublant. En effet, je me retrouve et dans l&#8217;écrivain lui-même et dans le personnage qui parle dans Simplement compliqué. Ce que je vais tenter de mettre en scène, d&#8217;incarner, c&#8217;est ce parallèle entre une vie d&#8217;acteur et moi. Je dirai que je connais, pour l&#8217;avoir vécue, enfant, cette précarité financière, émotionnelle, corporelle qui est celle du personnage désigné comme « lui », « vieil acteur », et qui est celle de Thomas Bernhard. Enfant, j&#8217;étais hyper nerveux et tout me bouleversait d&#8217;une manière démesurée. La moindre chose, le moindre fait : une fourmi morte et j&#8217;étais malade trois jours durant. Et bien cette hyper-sensibilité je la retrouve dans ce qu&#8217;écrit Thomas Bernhard et dans ce que dit le personnage. (…)</em></span> ».</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #008000;"><strong>Mon avis :</strong></span> George Wilson, dont la réputation et le talent n’est plus à démontrer, est seul en scène, dans un face à face sans fard et artifice avec le public. Soliloque amer d’un vieil acteur misanthrope, dont le seul rythme de vie est le passage d’un fauteuil à un autre, il nous interpelle directement en tant que spectateur de sa mémoire et de ce qu’il en reste. C’est un discours noir, désespéré, lucide, radical et nihiliste, et quelquefois, très rarement, un peu empreint d’une discrète affection pour sa femme décédée,… Et pourtant, c’est tout simplement émouvant.</p>
<p style="text-align: justify;">Je suis presque tenté de dire émouvant en toute vérité. On comprend la motivation de George Wilson, d’effectuer le parallélisme entre le texte et sa propre carrière. Le jeu doit  alors s’effacer pour laisser place à l’impudeur, presque, d’un vieil  homme qui se dévoile pour la réussite de l’entreprise.</p>
<p style="text-align: justify;">En cela, il est aidé par ce décor qui s’harmonise si bien avec le cadre du théâtre. Murs délavés, peinture lézardée, un vieux mobilier de « vieux », des vieux vêtements en train de sécher au fond, un frigo hors d’âge au centre, des livres poussiéreux,… le vieil homme n’est lui-même plus que l’acteur-spectateur d’un antre devenu décor : la vie comme scène de théâtre. Rien qu’une immense comédie…</p>
<p style="text-align: justify;">Très peu d’évocation du « hors champs », du monde extérieur. Un vague bruit de fanfare émane parfois, du monde des hommes ordinaires, qu’il raille sans se donner la peine de se déplacer à la fenêtre fermée et trouble. Et puis une petite fille, Catherine, qui intervient dans la deuxième scène. Elle apporte un peu de lait. C’est le seul lien avec l’extérieur qui lui plait encore d’avoir. Elle est enfant, et pas encore complètement pourrie par l’éducation et les parents. Il lui avoue  détester le lait, mais pas sa présence. Cette confession intervient parce qu’elle le surprend dans son rituel du mardi d’une fois par mois : porter la couronne de Richard III, son plus grand rôle d’acteur shakespearien. Son pathétisme se transforme en tendresse à la lucide folie mordante de son petit plaisir solitaire.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.plebe-web.com/wp-content/uploads/2009/09/simplement-compliqué.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-2225" title="simplement compliqué" src="http://www.plebe-web.com/wp-content/uploads/2009/09/simplement-compliqué.jpg" alt="simplement compliqué" width="512" height="340" /></a>George Wilson aère le texte, donne le temps aux mots et aux phrases. On est loin de certains écrits berhnardien à l’écriture dense, serrée et sans fin. Il insuffle de l’humanité, et c’est un vieillard qui prend le temps. Ce qui ne l’empêche pas d’entrer par exemple en moquerie acerbe et ironique contre Schopenhauer qu’il plastronne de sa belle photo de philosophe.</p>
<p style="text-align: justify;">La pièce est ainsi touchante, fidèle à l’esprit. J’aurais toutefois à déplorer un rythme ralenti par moments et certains flottements dû à un reste de jeu théâtral, qui paradoxalement finit par apparaître comme une légère trahison de l’intention. Mais pour cet acteur de 88 ans, la performance est déjà incroyable. Le théâtre c’est un souffle de vie.</p>
<p style="text-align: justify;">George Wilson écrit ne seulement commencer à complètement comprendre son rôle et qu’il lui aurait fallu quelques mois supplémentaires. Gageons donc que le spectacle gagnera encore en intensité et vérité avec les représentations à venir.</p>
<p style="text-align: justify;">Simplement compliqué c’est tout simplement bien ! Oui c’était plutôt facile <img src='http://www.plebe-web.com/wp-includes/images/smilies/icon_wink.gif' alt=';)' class='wp-smiley' /> …</p>
<p style="text-align: justify;">De : Thomas Bernhard<br />
Mis en scène et interprété par : Georges Wilson<br />
Scénographie : Mélissa Ponturo<br />
Lumière : Philippe Vialatte<br />
Assistant à la mise en scène : Phil Sanders</p>
<p>suite de la note d&#8217;intention :</p>
<p>&nbsp;&raquo; (&#8230;) Lorsque l&#8217;on prétend jouer cela en scène, il faut trouver en soi la force&#8230; de ne pas faire de théâtre. Ici, je ne peux m&#8217;adresser qu&#8217;à moi-même. La présence de la petite Catherine est un leurre.<br />
C&#8217;est toujours à lui-même qu&#8217;il parle. Il se parle. Bien sûr, dans la mise en scène, qui est très simple et obéit strictement aux indications qui naissent du texte lui-même, il y aura Catherine, 9 ans. Aujourd&#8217;hui, alors que j&#8217;essaie d&#8217;expliquer ce que j&#8217;imagine, je me dis qu&#8217;il me faudrait six mois de travail de plus. Nous sommes en juin 2009 ; je comprends peu à peu Simplement compliqué.&nbsp;&raquo;<br />
- GEORGES WILSON</p>

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		<title>Dom Juan de Molière au Théâtre Mouffetard</title>
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		<pubDate>Tue, 29 Sep 2009 14:27:38 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Arnaud</dc:creator>
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		<category><![CDATA[Théâtre]]></category>
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		<description><![CDATA[Reprise en douceur pour cette rentrée théâtrale si riche de tête d’affiches et de promesses. Direction le Théâtre Mouffetard, pour une reprise de Dom Juan de Molière. A peine la moitié de la salle pour ce vendredi soir. « Oublié l’amoralisme suranné d’un être étranger à la douleur de son frère humain ! Oubliée la [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.plebe-web.com/wp-content/uploads/2009/09/dom_juan.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-2208" title="dom_juan" src="http://www.plebe-web.com/wp-content/uploads/2009/09/dom_juan.jpg" alt="dom_juan" width="161" height="242" /></a>Reprise en douceur pour cette rentrée théâtrale si riche de tête d’affiches et de promesses. Direction le Théâtre Mouffetard, pour une reprise de Dom Juan de Molière. A peine la moitié de la salle pour ce vendredi soir. « <span style="color: #ff6600;"><em>Oublié l’amoralisme suranné d’un être étranger à la douleur de son frère humain ! Oubliée la débauche épicurienne d’un grand seigneur impie ! Dom Juan a vieilli. Ce monde est trop petit pour lui, il étouffe. Il s’est épuisé dans sa quête de plaisirs immédiats, incapable de conjurer son désoeuvrement. Le divertissement n’est plus pour lui que la forme mesurée de son désespoir. Je n’ai jamais été convaincu par l’authenticité de la liberté que Dom Juan prétend instituer. Je vois plutôt dans le personnage l’incarnation d’une angoisse existentielle sans cesse refoulée, qui alourdit ses chaînes au lieu de les briser. La révolte de Dom Juan est avant tout métaphysique. C’est en elle que se trouve la démesure du personnage ; non dans ses frasques ! Car comment expliquer l’énergie ainsi déployée à la recherche d’autres mondes ? Le divertissement est pour lui la seule manière de se détourner de la pensée de sa condition humaine, de la conscience de sa propre finitude. Jusqu’au jour où les défis de ce héros de la vacuité envers toutes formes d’autorité, de règles et de morales, ne lui permettent plus de dissiper le poids de l’Ennui. L’athée se met à douter de son athéisme. </em></span>»</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #008000;"><strong>Mon avis : </strong></span>je me permets de citer la note d’intention du metteur en scène tant celle-ci révèle de ce qui est raté. Prendre le parti d’une révolte métaphysique pour Dom Juan bien plus que comme le chantre de la liberté et du libertin libertaire, c’est s’exposer au doute du bien fondé du sujet de la pièce. Mais soit, c’est aussi pour ça que l’on va au théâtre, pour apporter des nouveaux angles et/ou des redécouvertes des classiques…</p>
<p style="text-align: justify;">Je n’ai absolument pas accroché. A vous de me croire, mais je n’avais même pas lu le programme et la note d’intention au lever du rideau (c’est une métaphore, c’est juste la lumière qui s’allume…).</p>
<p style="text-align: justify;">Version courte, 1h20, des personnages en moins et une intrigue resserrée sur quelques moments clés. Je serais méchant, je dirais qu’on a le sentiment d’un film à sketch italien des années 60 de série Z. Plus optimiste, un collage de scènes abrupt et sec.</p>
<p style="text-align: justify;">La scène d’introduction est longuette. Mise en scène plan-plan.</p>
<p style="text-align: justify;">Je ne vois pas des personnages mais des acteurs prendre le soin de s’habiller dans l’ordre bien établi. C’est consciencieux, propret, Sganarelle parle de son maître à sa maîtresse : méchant vilain qui se joue des femmes et de leur candeur. Il le désapprouve mais n’en dira rien publiquement, serviteur fidèle qui osera parfois chercher querelle pour comprendre mais aussi pour convaincre l’impie de Dom Juan de se ranger à la félicité céleste, en invoquant des raisons bien superstitieuses&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;">On constate que l’époque a été modifiée. Fin 19°s ou dans ces eaux-là. Pourquoi ?</p>
<p style="text-align: justify;">On n’en saura rien. C’est trop abstrait. Mettre à mal l’hypocrisie bourgeoise du 19° ? Daté et surinterprétation de ma part. Mettons. Passons.</p>
<p style="text-align: justify;">La lumière est froide et sèche. Accentuation du teint blafard du futur condamné. Ce n’est pas très avenant. Et il ne faut pas compter sur les intermèdes musicaux pour égayer le tout, étant également parfaitement anachroniques et dont quelques jours plus tard, je me demande à quoi ils pouvaient servir.</p>
<p style="text-align: justify;">Les acteurs ne sont pas mauvais. Non. Mais pas très convaincants non plus. Dom Juan est fade, avec 3 émotions et d’un charme aussi efficace que Giscard s’imaginant culbuter une princesse anglaise… Que de sérieux et de boursouflage. Certes Dom Juan s’inscrit dans une veine tragique, mais c’est truffé de comédie et de farce. Ici, si peu ou presque, que le mot rien est celui qui vient en tête en premier lieu.</p>
<p style="text-align: justify;">Alors l’action déroule, vague résumé de la bibliothèque verte pour jeunes ados. Pourtant la pièce est censée montrer un Dom Juan ambigu. Ici, non. Dieu va gagner. Vive le ciel !</p>
<p style="text-align: justify;">C’est d’une bigoterie et d’un réactionnaire patenté. On se croirait dans un feuilleton épique historique adapté par le Figaro Magazine. L’horreur…</p>
<p style="text-align: justify;">« <span style="color: #ff6600;"><em>L’athée se met à douter de son athéisme</em></span> » ? Pas moi en tout cas. On est bien content de voir Dom Juan mourir plutôt que de céder à ces faux dévots. « <em>Mes gages, mes gages</em> », de Sganarelle en fin de pièce en vient à détruire le postulat du metteur en scène : c’est Dom Juan et son pragmatisme qui l’emporte. La foi ne devenant que superstition coercitive aux faibles d’esprit…</p>
<p style="text-align: justify;">Dom Juan est le seul personnage qui vaille. L’ambiguïté initiale et les critiques d’un discours libertaire sont ici quasi-inexistantes, tant le propos semble d’un consensuel de bon sens populaire sur vivre au quotidien et en profiter (« Après moi le déluge… ») et des coupes trop importantes.</p>
<p style="text-align: justify;">Le metteur en scène oeuvre pour argumenter contre son intention initiale. Une réussite en somme…</p>
<p>DOM JUAN<br />
de Molière</p>
<p>Mise en scène Cyril Le Grix</p>
<p>Jean-Pierre Bernard (Dom Juan), Catherine Jarrett (Elvire), Alexandre Mousset (Sganarelle), Philippe Fossé (Dom Luis, le pauvre, le spectre), Carole Schaal (Gusman, Charlotte, Ragotin) / avec la voix de Laurent Terzieff (le Commandeur)</p>
<p>adaptation et scénographie Cyril le Grix / lumières François-Eric Valentin / décor Christian Bourdin et Agnès Chaillou / costumes Catherine Lainard / design sonore Benjamin le Calvé / production La Torche Ardente Cie</p>
<p>Créée le 15 février 1665, Dom Juan connaît un très vif succès. Mais dès la seconde représentation, Molière est obligé de corriger certains passages. Il est accusé de «tenir une école de libertinage» en mettant sur la scène un personnage qui «attaque avec audace» les dogmes de la religion.<br />
Avec Dom Juan, Molière ne se soucie pas de renouveler avec l’Église les polémiques suscitées par son Tartuffe en 1664. Mais malgré sa nomination par Louis XIV de «Chef de la Troupe du Roi», la cabale des dévots finit par l’emporter et le roi lui fait dire de ne pas insister. La pièce n’est pas reprise, Molière ne la fait pas imprimer, et elle ne sera plus représentée de son vivant.<br />
Surcroît de disgrâce, en 1677, à la demande des comédiens de l’Hôtel Guénégaud, Thomas Corneille en écrit une version versifiée, dans laquelle il s’est « réservé la liberté d’adoucir certaines expressions qui avaient blessé les scrupuleux», et c’est sous cette forme dénaturée et méconnaissable que Dom Juan sera joué à la Comédie-Française jusqu’en 1841.</p>
<p>L’hypocrisie est un vice à la mode et tous les vices à la mode passent pour vertus.</p>

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		<title>Oxu au Théâtre du Rond Point</title>
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		<pubDate>Mon, 01 Jun 2009 16:15:43 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Arnaud</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Souffrir avec précision, c&#8217;est mieux savoir vivre mal.
 C&#8217;est ce à quoi se sont attelés les trois comédiens Christine Murillo, Jean-Claude Leguay et Grégoire stermann, auteurs du Baleinié, dictionnaire des tracas. Leur premier spectacle, Xu, présentait une séance de rédaction du Baleinié extravagante, vertigineuse, musicale et agitée. Mais la vie, de son côté, continuant à [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.plebe-web.com/wp-content/uploads/2009/05/oxu.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-2139" style="float: left; margin: 5px;" title="oxu" src="http://www.plebe-web.com/wp-content/uploads/2009/05/oxu.jpg" alt="oxu" width="141" height="240" /></a><span style="color: #ff6600;"><em>Souffrir avec précision, c&#8217;est mieux savoir vivre mal.</em></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #ff6600;"><em> C&#8217;est ce à quoi se sont attelés les trois comédiens Christine Murillo, Jean-Claude Leguay et Grégoire stermann, auteurs du Baleinié, dictionnaire des tracas. Leur premier spectacle, Xu, présentait une séance de rédaction du Baleinié extravagante, vertigineuse, musicale et agitée. Mais la vie, de son côté, continuant à faire son travail de sape, de nouveaux tracas se sont inévitablement manifestés. Il fallait bien un nouveau spectacle, et la chasse aux tracas continue. C&#8217;est ainsi qu&#8217;Oxu répond à Xu. Décidément la vie n&#8217;est pas simple.</em></span></p>
<p><span style="color: #008000;"><strong>Mon avis :</strong></span> Pas eu le temps d&#8217;écrire la chronique, mais c&#8217;était si bien que je la laisse figurer ici et je voulais qu&#8217;au moins on puisse voir l&#8217;appréciation !</p>
<p>de et avec Jean-Claude Leguay, Christine Murillo, Grégoire Oesterman.</p>

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		<title>Médée de Jean Anouilh au Vingtième Théâtre</title>
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		<pubDate>Tue, 05 May 2009 15:12:29 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Arnaud</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Un bon tiers de la salle est remplie pour cette deuxième partie de soirée au Vingtième Théâtre. Le public est plutôt jeune et marqué bobo (on dit la même chose en me voyant, j’en suis bien conscient). &#171;&#160;Le crime de Médée est inexcusable. Mais s’il a tant marqué les esprits, ce n’est peut-être pas tant [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.plebe-web.com/wp-content/uploads/2009/05/medee.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-2134" style="float: left; margin: 5px;" title="medee" src="http://www.plebe-web.com/wp-content/uploads/2009/05/medee.jpg" alt="medee" width="180" height="188" /></a>Un bon tiers de la salle est remplie pour cette deuxième partie de soirée au Vingtième Théâtre. Le public est plutôt jeune et marqué bobo (on dit la même chose en me voyant, j’en suis bien conscient). &laquo;&nbsp;<span style="color: #ff6600;"><em>Le crime de Médée est inexcusable. Mais s’il a tant marqué les esprits, ce n’est peut-être pas tant par son atrocité que par la question qu’il soulève en chacun de nous : derrière le cri déchirant de Médée résonne celui poussé par tous ceux qui un jour sont mis au ban de la société et se trouvent seuls, face à eux-mêmes, sans même un Dieu en qui croire et à qui s’adresser</em></span>.&nbsp;&raquo;</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #008000;"><strong>Mon avis</strong></span> : me voilà de nouveau bien ennuyé (ça devient une habitude). La pièce est d’une bonne tenue, même de qualité, mais le résultat est, je trouve, assez mitigé. Médée, je n’y crois pas. <span style="color: #008000;">Elodie Navarre</span> est pleine de talent, mais assez peu convaincante dans cette adaptation.</p>
<p style="text-align: justify;">Et c’est presque un crève coeur : bien que personnage secondaire, je l’avais apprécié dans <a href="http://www.plebe-web.com/plebber/en-toute-confiance" target="_blank"><em>En toute confiance</em></a>, dans le rôle de la journaliste allemande, avec son assurance, sa voix posée et forte. Ici, je reste circonspect : elle me semble trop jeune (même si Médée n’est pas vieille), donnant la sensation d’une jeune fille enfant dont on ne saisirait pas la maturité ni la cruauté lucide et désespérée. Je ne vois pas la mère, malgré la présence physique des enfants qui l’appellent « Maman ». C’est je pense également un choix de mise en scène : à vouloir montrer que cette Médée n’est déjà plus que l’ombre et le fantôme d’elle-même, spectre hantant les vivants errant sur la plaine de la désolation, on perd une espèce d’incarnation par le personnage de ce qu’elle était jusqu’à présent. On comprend Médée par ce qu’elle nous dit d’elle, ce qui limite la compréhension plus complexe et subtile d’un personnage dans son entier. De manière trop subreptice et trop peu fréquente, on ressent pleinement le personnage, au regard de ce jeu récurrent de la figure tragique. C’est dommage. D’autant que la voix fut parfois déraillante, manquant de panache et de présence. L’articulation est un peu limite à certains endroits du fait d’une récitation, voire d’une déclamation, dans le style emphatique du vers tragique classique. L’intention du metteur en scène semble trop inhibitrice, ou au contraire trop lâche, laissant l’actrice dans un flou qu’elle comble comme elle le peut.<br />
<a href="http://www.plebe-web.com/wp-content/uploads/2009/05/medee.png"><img class="alignright size-full wp-image-2135" style="float: right; margin: 5px;" title="medee" src="http://www.plebe-web.com/wp-content/uploads/2009/05/medee.png" alt="medee" width="177" height="333" /></a><br />
Vraiment dommage car cette mise en scène d’<span style="color: #008000;">Anouilh</span> permet de saisir une Médée, éloignée de considérations divines, empêtrée dans les affres d’une exigence d’amour et de liberté. Cette liberté est glauque, malsaine et morbide (surtout pour ceux qui se sont immiscés entre elle et Jason) mais porteuse d’un absolu de pureté et de définition de soi en tant qu’individu : Médée n’existe que par Jason et réciproquement.
</p>
<p style="text-align: justify;">L’implication charnelle n’est pas escamotée et subtilement retranscrite par la mise en scène. Cette même mise en scène, d’ailleurs, reproduit fidèlement le contexte décrit par Anouilh. Elle est plaisante et fluide à regarder, mais quelquefois pataude et inutilement signifiante par un esthétisme publicitaire clinquant et superficiel (ces jeux de lumière et ces vagues fausses pérégrinations mentales du désir de Médée) ou pis par un &laquo;&nbsp;sofia coppola-isme&nbsp;&raquo; avec pour fond sonore un ersatz de Air. C’est au mieux longuet, au pire ridicule.</p>
<p style="text-align: justify;">Pour ce qui est encore du moins bien, il y a également le personnage de Créon. C’est un roi bouffon, faux air d’Al Capone de faubourg dans une ville de campagne. Le personnage est ridicule et peu crédible. Son attitude, sa diction, son chewing-gum mâchouillé donnent au personnage un air de comédie, parfaitement anachronique. Peut-être doit on déceler la volonté d’incarner le personnage d’un chef de la pègre de l’est à la manière d’un Kusturica ? Je ne sais vraiment pas, et c’est dans tous les cas raté et très gênant (il suffisait d’entendre les rires des spectateurs amusés). D’ailleurs, pour l’anecdote, &#8211; et même si j’en comprend l’aspect visuel &#8211; son garde du corps le pointe de sa kalachnikov lorsqu’il est pris « en otage » par Médée. Un garde du corps menaçant de tuer son patron, dans une position à la Gomorra, vous y croyez ?</p>
<p style="text-align: justify;">Mais il y a Jason. Dès qu’il intervient, il donne le cœur et la consistance de la pièce. Médée, qui n’existe que par et pour lui, passe en retrait : on voit enfin l’ancienne maîtresse et la douleur qui sourd. Elle écoute, accablée, s’efface et souffre, fomentant en son sein son crime futur. Le monologue de Jason est beau, bien porté. Il touche par son humanité faite de résignation et d’abandon de son idéal qu’il juge incompatible avec la destinée d’un roi. Il n’aimera plus comme il aimait Médée, il sera un être de raison. Médée et Jason sont les sacrifiés d’un amour pur et durable impossible. L’ennui, l’infidélité et le mensonge sont déjà là depuis longtemps, l’un et l’autre devenant le cheval de Troie de leur propre sort. La tragédie est à ce moment à son comble. La suite, les meurtres et le suicide, n’en sont que les conséquences.</p>
<p style="text-align: justify;">Tout ceci fait qu’au final le sentiment est mitigé : la mise en scène et l’adaptation d’Anouilh sont de qualité (aidées en cela par un jeu de lumière plutôt convaincant et se jouant de la superstition de ne pas mettre de vert au théâtre), les acteurs (Jason et la nourrice) touchants et empathiques, avec comme réserve le jeu d’Elodie Navarre et le personnage de Créon.</p>
<p style="text-align: justify;">Ah si tout de même, le final. Les 3 anges, Médée et ses enfants, surplombant la scène  en un éclair de lumière virginal, c’est cucul.</p>
<p style="text-align: justify;">De <span style="color: #008000;">Jean Anouilh</span></p>
<p><span style="text-decoration: underline;">Mise en scène</span> : <span style="color: #008000;">Ladislas Chollat</span></p>
<p><span style="text-decoration: underline;">Avec </span>: <span style="color: #008000;">Elodie Navarre, Gildas Bourdet, Sylviane Goudal, Benjamin Boyer, Grégory Vouland et Gilian Petrovski.</span></p>
<p><span style="text-decoration: underline;">Coréalisation</span> Vingtième Théâtre et Théâtre de L’Héliotrope</p>
<p><span style="color: #ff6600;"><span style="font-family: helvetica;"><strong><em>Note d&#8217;intention</em></strong> :</span></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: helvetica;">Le crime de Médée est inexcusable.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: helvetica;">Mais sans me faire l&#8217;avocat de cette meurtrière infanticide dont l&#8217;histoire depuis 2600 ans a traversé les siècles, inspirant de nombreux artistes et notamment les dramaturges depuis Euripide, Sénèque, Corneille jusqu&#8217;à Heiner Müller, je crois pouvoir dire que c&#8217;est en lisant la pièce de Jean Anouilh que je comprends le mieux son terrible geste.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: helvetica;">Comme il l&#8217;avait fait dans <em>Antigone</em>, Anouilh, dans sa pièce, rend aux personnages mythologiques leur pleine humanité : ils ne sont plus ici des êtres dont le destin est aux griffes de dieux qui les récompensent ou les punissent, mais des hommes et des femmes se confrontant à leurs propres limites et empêtrés dans leur liberté face aux choix que leur impose la vie. C&#8217;est bien cette notion de choix qui est au centre de la pièce : le choix d&#8217;exercer son pouvoir politique, le choix de devenir adulte et d&#8217;accepter de perdre ses illusions, le choix de se résigner à une vie banale plutôt qu&#8217;à une vie d&#8217;aventure, le choix de refuser la loi et de dire non.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: helvetica;">Face à toutes ces décisions, Médée avait choisi son cap : la fidélité, à tout prix, à ses idéaux, à ses enfants, à son amour. A lui, Jason. Son héros. Celui qui l&#8217;avait sortie de cette enfance gâtée, et qui lui avait donné ces souvenirs dont elle a encore plein la tête. Celui pour qui elle avait tué deux hommes, dont son propre frère. Celui avec qui, il y a encore un jour ou deux, elle partageait ce quotidien, cette longue fuite vers un pays rêvé où leurs crimes seraient pardonnés et oubliés. Le père de ses enfants aussi. Son passé, son présent et donc son avenir.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: helvetica;">Cette femme à qui on ordonne de quitter cette terre sans son homme, ce n&#8217;est donc déjà plus Médée : ce n&#8217;est que son fantôme, femme sans racine à qui on a enlevé tout ce qui lui restait. Médée, elle va le redevenir. Pour ne pas être oubliée. Ne pas être effacée, comme on gomme un mauvais coup de crayon, sans laisser de trace. Pour ce faire, peu de solutions s&#8217;offrent à elle. Elle choisira la plus cruelle : celle de faire vivre à l&#8217;homme qu&#8217;elle aime la même sensation que celle qui est la sienne depuis qu&#8217;elle est quittée. Lui apprendre par cette terrible leçon ce que c&#8217;est que d&#8217;être abandonné par ceux qu&#8217;on aime, cette prison qu&#8217;est la solitude.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: helvetica;">Le crime de Médée, je l&#8217;ai dit, est inexcusable. Mais s&#8217;il a tant marqué les esprits, ce n&#8217;est peut-être pas tant par son atrocité que par la question qu&#8217;il soulève en chacun de nous : derrière le cri déchirant de Médée résonne celui poussé par tous ceux qui un jour sont mis au ban de la société et se trouvent tous seuls, face à eux-mêmes, sans même un Dieu en qui croire et à qui s&#8217;adresser.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: helvetica;">Et à notre époque où, comme dans la pièce, le divin n&#8217;occupe plus qu&#8217;une faible place, où l&#8217;intérêt personnel prime sur tous les autres, où les uns ont tout et les autres rien, où les repères vacillent et où les crimes d&#8217;enfants se perpétuent, parfois à deux pas de chez nous, je crois que cette histoire et ses terribles conséquences méritent d&#8217;être entendues et montrées de nouveau.</span></p>

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		<title>Tout le monde aime Juliette au théâtre du Splendid</title>
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		<pubDate>Fri, 10 Apr 2009 13:42:22 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Arnaud</dc:creator>
				<category><![CDATA[Plebber]]></category>
		<category><![CDATA[Théâtre]]></category>
		<category><![CDATA[comédie]]></category>
		<category><![CDATA[contemporain]]></category>

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		<description><![CDATA[Complet ou presque. Il y a un petit moment (des années pour tout dire) que je ne m’étais rendu au théâtre du Splendid. Public familial pour une pièce “en famille”, marquée humour tout public. « Après le naufrage de leur bateau de croisière dans les mers Caraïbes, quatre rescapés vont se retrouver sur une île [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.plebe-web.com/wp-content/uploads/2009/04/tout-le-monde-aime-juliette.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-2071" style="float: left; margin: 5px;" title="tout-le-monde-aime-juliette" src="http://www.plebe-web.com/wp-content/uploads/2009/04/tout-le-monde-aime-juliette.jpg" alt="tout-le-monde-aime-juliette" width="135" height="203" /></a>Complet ou presque. Il y a un petit moment (des années pour tout dire) que je ne m’étais rendu au théâtre du Splendid. Public familial pour une pièce “en famille”, marquée humour tout public. « <span style="color: #ff6600;"><em>Après le naufrage de leur bateau de croisière dans les mers Caraïbes, quatre rescapés vont se retrouver sur une île déserte. Vincent et Fred, jeunes cadres plutôt frimeurs, qui travaillent dans la même boîte, Juliette, jeune fille simple et naïve, secrètement en quête d’un grand amour, et Magistro le Fakir, qui faisait son numéro de double-vue à bord au moment du naufrage. Leur cohabitation ne va pas être aisée, Juliette ayant le don d’exaspérer les jeunes gens qui en font vite leur tête de turc. Mais Magistro le Fakir va révéler d’étranges pouvoirs, lesquels ne vont pas forcément arranger la situation. </em></span>»</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #008000;"><strong>Mon avis :</strong></span> le propos est malin, les acteurs sympathiques et le sujet amusant. Mais, et un mais qui n’est pas des moindres, ce n’est pas follement amusant &#8211; passe encore &#8211; ni même très palpitant à voir, ce qui est plus ennuyeux.</p>
<p style="text-align: justify;">Cela m’ennuie quelque peu par ailleurs, car j’y allais (à la dernière minute) avec des a priori positifs : Balasko, sa fille Marilou, le Splendid… </p>
<p style="text-align: justify;">Je vais le dire de suite : c’était sympathique, mignonnet même, mais parfaitement anecdotique. J’ai à peine souri, je voyais venir les mots et les gestes des répliques à l’avance, et j’ai bien conscience que cette pièce risque de disparaître de mes souvenirs assez rapidement.</p>
<p style="text-align: justify;">Et vraiment cela m’embête. <strong><span style="color: #ff6600;">Balasko</span></strong>, j’ai en tête certains de ses plus beaux rôles (<span style="color: #3366ff;"><em>Trop belle pour toi</em></span> en tête et certaines de ses comédies), j’apprécie son cinéma (son dernier film, <span style="color: #3366ff;"><em>Cliente</em></span>, m’a laissé un souvenir plaisant) et je m’amuse beaucoup à la revoir dans la pièce <em><span style="color: #3366ff;">Nuit d’ivresse</span></em>. Et là, je suis surpris du creux. Le propos est certes malin, notamment sur les raisons bien plus troubles qui font que les personnages masculins tombent amoureux de Juliette, mais il s’en dégage une espèce de conte pour enfants (d’ailleurs les personnages surpris lors d’un bal costumé et l’histoire y font clairement référence) dont on n’aurait guère dépassé les frontières du premier degré. Bien que cela soit le cas, c’est cependant opéré de la manière si consensuelle et attendue d’un humour décalé, que la gentillesse du procédé n’a d’égal que l’anecdotique. En clair, ça fait cher le conte avant de dormir !</p>
<p style="text-align: justify;">Car, à y regarder de plus près, il n’y a pas grand-chose qui vient relever le tout de cet anecdotique. Le texte n’est pas au niveau (l’intrigue est déjà assez tirée par les cheveux et pleine d’incohérences mineures, mais ça passe) et les acteurs non plus.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong><span style="color: #ff6600;">Marilou Berry</span></strong> je l’ai beaucoup aimée dans le film <span style="color: #3366ff;"><em>Comme une image</em></span> et elle m’a amusé dans <span style="color: #3366ff;"><em>Cliente</em></span> par exemple. Là, je la trouve insipide, dans la caricature de la fille actrice de Josiane Balasko : quasi-mêmes intonations, même jeu, mêmes références et presque un même physique. C’est amusant, mais cela dessert l’ensemble donnant la sensation que la mère a fait de sa fille son double exact. On pourrait s’émerveiller du résultat, or ici ce n’est que trop visible pour une vacuité au sentiment tenace. C’est fort dommage.</p>
<p style="text-align: justify;">Les autres acteurs ? Ils ne m’ont pas vraiment convaincus. Des rôles archétypes, dignes des comédies de cinéma les plus consensuelles. Des bons sentiments. Un jeu un peu faux, un peu drôle. Ils m’ont fait penser à Dubosc pour l’un et à un Chandler (de <em><span style="color: #3366ff;">Friends</span></em>, pas l’écrivain !) pour l’autre. Je suis un peu déçu qu’ils ne m’évoquent rien d’autre.</p>
<p style="text-align: justify;">Quant au fakir, je n’en retire rien de palpable. Mais que l’on s’entende bien. Pas que je trouve que cela soit mal joué ! Non, juste un sentiment de creux.</p>
<p style="text-align: justify;">Toutefois, le décor est amusant. La bande son, aux airs de musique de films est dans le ton (elle m’a fait penser par ses sonorités à celle du film <em><span style="color: #3366ff;">Cravate Club</span></em>, écrite par Errera, ici par <span style="color: #ff6600;"><strong>Peyrony </strong></span>qui avait signé notamment celle de <em><span style="color: #3366ff;"><a href="http://www.plebe-web.com/plebber/equus-de-peter-shaffer-au-theatre-marigny" target="_blank">Equus</a> </span></em>l&#8217;année dernière). L’ensemble donne tout de même la sensation d’une soirée agréable.</p>
<p style="text-align: justify;">Au final, pas un moment théâtral intense, juste une vague détente, un poil longuette et trop prévisible. Mais en ce samedi soir, cela ne m’allait pas si mal !</p>
<p style="text-align: justify;">Une comédie écrite et mise en scène par<br />
<span style="color: #008000;">Josiane Balasko</span>,<br />
<span style="text-decoration: underline;">avec :</span><br />
<span style="color: #008000;">Marilou Berry<br />
Lannick Gautry<br />
Jacky Nercessian<br />
David Rousseau</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">Assistant à la mise en scène </span>: Medhi Mangal<br />
<span style="text-decoration: underline;">Décor</span> : Stéphanie Jarre<br />
<span style="text-decoration: underline;">Lumières </span>: Gaelle de Malglaive<br />
<span style="text-decoration: underline;">Costumes</span> : Fabienne Katany<br />
<span style="text-decoration: underline;">Son, musique</span> : François Peyrony</p>

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<strong>Pour en parler :</strong>
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