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	<title>La plèbe</title>
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	<description>Le site de la plèbe</description>
	<pubDate>Tue, 18 Nov 2008 17:38:26 +0000</pubDate>
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		<title>Inconnu à cette adresse de Kressmann Taylor au Lucernaire</title>
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		<pubDate>Tue, 18 Nov 2008 15:26:05 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Arnaud</dc:creator>
		
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		<description><![CDATA[Trois jours plus tard après Les 4 Morts de Marie, en cette date commémorative de la fin de la première guerre mondiale, nouveau détour par le Lucernaire, pour une pièce tirée d’un classique de la littérature américaine du 20°s. Vu le sujet, le contexte historique, le soin et l’application apportés à la pièce, confortée par une [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.plebe-web.com/wp-content/uploads/2008/11/affiche_inconnu_a_cette_adresse.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-1390" style="float: left; margin: 5px;" title="affiche_inconnu_a_cette_adresse" src="http://www.plebe-web.com/wp-content/uploads/2008/11/affiche_inconnu_a_cette_adresse.jpg" alt="" width="160" height="239" /></a><span style="color: #ff6600;"><span style="color: #000000;">Trois jours plus tard après <em><a href="http://www.plebe-web.com/plebber/les-quatre-morts-de-marie-au-theatre-du-lucernaire">Les 4 Morts de Marie</a></em>, en cette date commémorative de la fin de la première guerre mondiale, nouveau détour par le Lucernaire, pour une pièce tirée d’un classique de la littérature américaine du 20°s. Vu le sujet, le contexte historique, le soin et l’application apportés à la pièce, confortée par une reprise forte de son succès, il y avait peu de risques de passer à côté. Du monde pour ce dernier jour férié d’un week-end prolongé.</span> &#8220;</span><span style="color: #ff6600;"><em>Novembre 1932, entre Max, juif américain, et Martin, l&#8217;ami de retour en Allemagne, s&#8217;établit une correspondance fraternelle qui bascule à l&#8217;arrivée au pouvoir des nazis. Face-à-face haletant. Un chef d&#8217;oeuvre de la littérature américaine.</em>&#8220;</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #008000;"><strong>Mon avis :</strong></span> Pour une pièce auréolée de critiques et d’un bouche à oreille de qualité, le risque était réel de se retrouver déçu face à tant d’attentes. Non seulement, celles-ci furent comblées mais ce fut même bien au-delà . J’aime le théâtre et son imprévisibilitalité (sic) !</p>
<p style="text-align: justify;">Texte fort, cette correspondance relate les liens d’une amitié forte, réciproque et qui semble indéboulonnable entre un Juif américain et un expatrié allemand qui retourne pour affaire dans cette Allemagne à l&#8217;aube de 1933.</p>
<p style="text-align: justify;">Comme il est de plus en plus courant, l’entrée des acteurs s’effectue alors même que la salle est toujours plongée dans la lumière. Tout juste entendons-nous au loin les rires, la musique, la clameur et la joie festive des amis. Cette entrée pleins feux (pleine lumière) occupe l’espace : soudés l’un à l’autre, Max et Martin, accompagnés du violoniste, le lien symbolique de leur relation. Nous ne faisons plus qu’un : public, acteurs, tous dans la lumière, rien ne vient cliver, ni séparer l’individu et les êtres humains.</p>
<p style="text-align: justify;">Puis le départ vers l’Allemagne de Martin et le début de la correspondance à proprement parler. Les lumières s’éteignent peu à peu, plongeant les spectateurs dans leur rôle et isolant les protagonistes dans leur moitié de territoire qu’ils ne dépasseront pas, symbole d’un océan qui les sépare.</p>
<p style="text-align: justify;">Ils s’écrivent. Le texte reprend la forme de la lettre : nom, prénom, adresse, pays de l’expéditeur puis nom, prénom, adresse, pays du destinataire. S’engage ainsi un dialogue-monologue. Quand l’un écrit, l’autre lui répond par ses émotions, son corps, son attitude, sans mots. Quelque peu troublant, on finit par accepter cette finesse de l’interprétation. Dialogue de sourds, et pourtant d’une sincérité et d’une justesse sans pareilles. En creux résonne l’Histoire, celle avec un grand H et son nom au H d’effroi : Hitler.</p>
<p style="text-align: justify;">S’installe peu à peu le malaise, l’incompréhension, la dureté et la froideur de Martin. La fascination de cet expatrié allemand, privilégié, sa fortune reposant sur l’argent des Juifs, et qui parle de la grandeur de l’Allemagne perdue (qu’il n’a pas connue, ayant vécu à San Francisco) et à reconquérir, est stupéfiante de retournement et de sincérité. La métamorphose est totale qui amorce une tragédie suintant le minable, la lâcheté et l’horreur : le reniement de soi et de son humanité. Le talmud ne dit-il pas que « celui qui sauve un homme sauve l’humanité tout entière » ? Martin laisse périr son ancienne maîtresse sous ses yeux impuissants, désarmés et tout à la fois fiers de son identité supérieure et perd de fait toute son humanité qui n’en avait déjà plus fini de vaciller.</p>
<p style="text-align: justify;">Bien sûr la question juive est sous-jacente à toute la pièce. Mais cette adaptation sait tirer le particularisme de cette histoire d’une amitié entre Juif et un Allemand pour le porter à un universel du comportement humain.</p>
<p style="text-align: justify;">Et le sublime est atteint par les deux acteurs. Impeccables de sincérité, touchants d’humanité et de saloperie, déchirés d’amours et de trahisons. Leurs prestations à elles seules suffisent à donner une dimension émotionnelle bouleversante.</p>
<p style="text-align: justify;">Le tout est servi par une mise en scène intelligente, efficace et discrète. De ce plein feu de départ, on assiste au clivage, puis à la séparation, puis au mince halo de lumière qui finit dans un noir glacial et ténébreux. Partir du jour pour arriver à la nuit. Partir du plein et du toucher pour arriver au vide et la révulsion, symbolisés par une lettre avec la mention : inconnu à cette adresse.</p>
<p style="text-align: justify;">Justesse de l’interprétation, mise en scène subtile, éclairage signifiant, accompagné d’un musicien assurant la liaison, la transformation puis l’angoisse d’une situation.</p>
<p style="text-align: justify;">Quelques petits défauts tout de même : parfois un petit manque de justesse chez le musicien justement, une trop faible incarnation par l&#8217;esprit de cette maîtresse autrefois adorée (je n’arrivais pas à suffisamment me l’imaginer). Une petite longueur ici ou là. Mais c’est un choix de mise en scène marqué et assumé.</p>
<p style="text-align: justify;">La puissance du texte résonne encore et fait écho à notre contemporanéité. La fin est lourde, la salle chargée d’émotions, sans chercher à faire se sentir coupable ni à mettre le spectateur en porte-à-faux. Il est à voir les acteurs, tout entiers à leurs rôles encore, quelques minutes après le coucher du rideau.</p>
<p style="text-align: justify;">C’est beau.</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">Texte</span> de <span style="color: #008000;">Kressmann Taylor</span><br />
<span style="text-decoration: underline;">Mise en scène:</span> <span style="color: #008000;">Xavier Béjà</span><br />
<span style="text-decoration: underline;">Avec :</span> <span style="color: #008000;">Xavier Béjà, Guillaume Orsat, François Perrin (violon)</span></p>
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		<title>Les Quatre morts de Marie au théâtre du Lucernaire</title>
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		<pubDate>Tue, 18 Nov 2008 15:23:09 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Arnaud</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Plebber]]></category>

		<category><![CDATA[Théâtre]]></category>

		<category><![CDATA[comédie dramatique]]></category>

		<category><![CDATA[contemporain]]></category>

		<category><![CDATA[critiques]]></category>

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		<description><![CDATA[Samedi soir, salle à moitié pleine, et me semble-t-il un certain nombre d’amis et de connaissances des acteurs. On se sent en contrée conquise… « Marie part à l’école mais Marie est en retard. On raconte des histoires on se coiffe on s’embrasse on s’embrasse encore on rit on fait la liste des courses et [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.plebe-web.com/wp-content/uploads/2008/11/1222424353_affiche_quatre_morts_marie.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-1385" style="float: left; margin: 5px;" title="1222424353_affiche_quatre_morts_marie" src="http://www.plebe-web.com/wp-content/uploads/2008/11/1222424353_affiche_quatre_morts_marie.jpg" alt="" width="156" height="233" /></a>Samedi soir, salle à moitié pleine, et me semble-t-il un certain nombre d’amis et de connaissances des acteurs. On se sent en contrée conquise… « <span style="color: #ff6600;"><em>Marie part à l’école mais Marie est en retard. On raconte des histoires on se coiffe on s’embrasse on s’embrasse encore on rit on fait la liste des courses et sur le chemin de l’école Marie rencontre Pierrot et mange des gommes à la cerise et lui dit qu’elle ne mourra jamais et Mademoiselle Gervais en a assez de ces retards et quand Marie rentre avec les courses sa maman est partie et son père est revenu et s’éteint tout doucement… Mais Louis arrive il a une mission avec Marie qui a grandi qui est jolie et la camionnette explose parce que Marie veut faire comprendre au monde entier… Et Marie convoque son passé et ses souvenirs et organise une fête avec ses anciens amis et ses nouveaux amis et rit encore et elle s’étouffe avec les noyaux des cerises…Et Marie rame pour s’éloigner du bord et Marie rit encore et Marie est un tout petit point sur l’océan…</em></span> »</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #008000;"><strong>Mon avis :</strong></span> Tout est raconté dans le pitch. Donc pas de surprise sur l’histoire. Ce qui n’est pas gênant, bien au contraire. La pièce est plutôt bien écrite (l&#8217;auteure est québécoise) et la mise en scène inventive, mais l’inconvénient du théâtre, c’est qu’on a besoin d’acteurs. Quel souci quand ceux-ci nous ennuient…</p>
<p style="text-align: justify;">L’actrice qui joue Marie (<span style="color: #ff6600;">Céline Jorrion</span>) incarne avec jubilation et volubilité la petite fille, jouant avec son corps faite d’acrobaties de gambades et autres sauts de cabri. Toutefois, elle perd peu à peu de sa consistance. En vieillissant, le personnage prend en profondeur et sérieux, mais je ne marche pas. Ce n’est ni mal fait, ni même mal exécuté. Passée l’adolescence rebelle et terroriste où Marie déborde de sensualité, elle se fane puis s’affadit. C’est dans le personnage, et sûrement dans un choix de mise en scène, mais je perds l’empathie et l’intérêt de Marie. Dommage.</p>
<p style="text-align: justify;">Alors je regarde les personnages secondaires. C’est assez inégal. Si l’autre actrice qui joue les différents personnages féminins (la mère, l’amie), ce soir-là interprétée par <span style="color: #ff6600;">Julie Quesnay</span>, est plutôt convaincante et touchante, notamment pour la mère, les autres personnages masculins pèchent un peu. A l&#8217;exception de <span style="color: #ff6600;">Guillaume Tagnati</span>, qui passe d’un personnage à l’autre aisément, avec un talent comique indéniable.</p>
<p style="text-align: justify;">Mais que penser de <span style="color: #ff6600;">Sylvain Savard </span>? Québécois d’origine, on peut comprendre tout l’intérêt de cette pièce écrite par sa compatriote. Et pourtant je l’ai senti étranger, d’une énergie autre, à part du reste de la troupe. Ecart générationnel ? Mise en scène trop détachée ? Je n’ai absolument pas adhéré à son personnage du père, que j’ai trouvé au mieux ennuyeux, voire franchement ridicule et facile dans son traitement. Dans le rôle de l’inconnu aimé, il est transparent. Je vois bien, ou tout du moins je peux deviner la volonté de mise en scène. Mais c’est raté.</p>
<p style="text-align: justify;">Le dernier personnage masculin, ce soir là joué par <span style="color: #ff6600;">Rafael Revès </span>je crois, est sans aspérité, relégué à du caricatural, sommé de pousser la voix de manière criarde pour exister. Je n&#8217;ai pas cru, ni même compris ce qu&#8217;il faisait. La mise en scène nous fait passer à côté de lui.</p>
<p style="text-align: justify;">En somme, vous l’aurez compris, je n’ai pas franchement été transporté par la pièce. C’est d’autant plus dommage, que le texte a de réels moments de grâce et de poésie. Frisant le théâtre de l’absurde ancré dans une réalité sociale marquée, plusieurs thèmes sont abordés avec finesse, tendresse et parfois révolte.</p>
<p style="text-align: justify;">La mise en scène est pourtant inventive, mais impersonnelle. Elle ne semble pas faire corps avec ses acteurs, d&#8217;où peut-être ces prestations inégales. Certaines lumières, trop froides à mon goût, accentuent cette distance. Les accessoires et les décors sont un peu légers (je vais faire mon chieur, mais pour des beaux souliers vernis, ils sont bien abîmés et peu vernis…). La musique est plutôt réussie et concourt pertinemment à l’ambiance générale, même si là encore le son fait un peu « cheap ».</p>
<p style="text-align: justify;">On peut s’amuser de quelques expressions québécoises persistant ici et là, comme « tabernac&#8217; ». Le plus étonnant, la K7 enregistrée, avec les accents québécois, amis des personnages qui eux ne l’ont pas.</p>
<p style="text-align: justify;">En définitive, j’ai passé un moment plutôt sympathique (j&#8217;aime être au théâtre !) sans avoir été transporté, ni convaincu. Ce qui vous pouvez vous en douter, ne fut pas le cas d’une partie de la salle, déjà acquise… Ou alors je ne comprends rien au québécois&#8230;</p>
<p><span style="text-decoration: underline;">Auteur :</span> <span style="color: #008000;">Carole Fréchette</span><br />
<span style="text-decoration: underline;">Mise en scène :</span> <span style="color: #008000;">François Ha Van</span><br />
<span style="text-decoration: underline;">Avec :</span> <span style="color: #008000;">Céline Jorrion</span> : Marie<br />
<span style="color: #008000;">Julie Quesnay ou Cécile Leterme ou Emilie Caillon</span> : Simone, Sylvette<br />
<span style="color: #008000;">Guillaume Tagnati ou Fabrice Leroux </span>: Pierrot, Pierre et Pierre-Jean<br />
<span style="color: #008000;">Sylvain Savard ou Jean-Louis Cassarino</span> : Théo, Thomas<br />
<span style="color: #008000;">Rafael Revès ou Bertrand Usclat</span> : Louis</p>
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		<title>Mots-valises : où l’on découvre que le mensonge n’est pas que spirituel…</title>
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		<pubDate>Sun, 16 Nov 2008 20:22:58 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Noëlle</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[La plèbe d'en bas]]></category>

		<category><![CDATA[Littérature]]></category>

		<category><![CDATA[étymologie]]></category>

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		<description><![CDATA[…mais également typiquement masculin, du moins selon l&#8217;étymologie. De là à légitimer certaine généralité acquise par des siècles de douloureuse expérience féminine, il n&#8217;y a qu&#8217;un pas. Que nous franchirons allègrement, et avec un brin de mauvaise foi. Car l&#8217;esprit n&#8217;est-il pas l&#8217;apanage des Français (avec la modestie), et le mensonge n&#8217;est-il pas celui des [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><img src="http://www.plebe-web.com/wp-content/uploads/2008/11/111608-2022-motsvalises1.jpg" alt="" align="left" /><span style="font-family: Tahoma;">…mais également typiquement masculin, du moins selon l&#8217;étymologie. De là à légitimer certaine généralité acquise par des siècles de douloureuse expérience féminine, il n&#8217;y a qu&#8217;un pas. Que nous franchirons allègrement, et avec un brin de mauvaise foi. Car l&#8217;esprit n&#8217;est-il pas l&#8217;apanage des Français (avec la modestie), et le mensonge n&#8217;est-il pas celui des peuples latins ?<br />
</span></p>
<p style="text-align: center;"><span style="font-size: 14pt; color: #e36c0a; font-family: Verdana;"><strong><span style="font-size: small;">I/ De l&#8217;esprit mal-saint du mensonge</span><br />
</strong></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: Tahoma;">Le rapport entre les deux vous aura sauté aux yeux si vous êtes un tant soit peu latiniste – et en excluant d&#8217;office, entre gens de bonne compagnie, le latin d&#8217;Église, ce bâtard. L&#8217;esprit latin se dit <strong><em><span style="color: #008000;">mens, mentis</span></em></strong>. Signalons au passage que c&#8217;est un mot féminin : pas pour rien que seule une belle personne peut tenir salon. Ce qui pourrait faire de notre &#8216;<strong>mensonge</strong>&#8216;, qui en vient bel et bien, le songe de l&#8217;esprit. Je vous laisse rêver là-dessus, mais la réalité est plus prosaïque : le terme &#8216;mensonge&#8217; dériverait soit de <em>*mentionica</em>, lui-même venu de <em><span style="color: #008000;">mentio</span></em> (mention), et plus spécifiquement de mention mensongère, soit d&#8217;un dérivé de <em><span style="color: #008000;">mentiri </span></em>(mentir). Les deux se rattachent en tout cas à <em>mens</em>.<br />
</span></p>
<p style="TEXT-ALIGN: justify"><span style="font-family: Tahoma;">Parenté que le français dissimule bien, et pour cause. Notre &#8216;<strong><span style="color: #008000;">esprit</span></strong>&#8216; est en somme un pieux mensonge. Il vient du latin <strong><em><span style="color: #008000;">spiritus</span></em></strong>, qui n&#8217;a que rarement en latin le sens d&#8217;esprit. <em><span style="color: #008000;">Spiritus</span></em> désigne d&#8217;abord le souffle, puis, poétiquement, la vie, ou l&#8217;âme, d&#8217;où l&#8217;esprit, choses éthérées s&#8217;il en est. Mais bientôt vint un dieu unique, que l&#8217;on chargea de nous avoir insufflé la vie et, si nous étions chanceux, l&#8217;esprit saint avec. Et <em><span style="color: #008000;">mens</span></em> de disparaître en français, sinon quand tout devient un peu trop &#8216;mental&#8217; pour être honnête (la sécheresse de la raison), avant de conduire à la &#8216;démence&#8217;. L&#8217;anglais a eu quant à lui le bon goût de pas démordre de <em><span style="color: #008000;">mens</span></em>, avec son <strong><em><span style="color: #008000;">mind </span></em></strong>qui en dérive directement.<br />
</span>
</p>
<p style="TEXT-ALIGN: justify"> </p>
<p style="TEXT-ALIGN: justify"><span style="font-size: small;"><img src="http://www.plebe-web.com/wp-content/uploads/2008/11/111608-2022-motsvalises2.jpg" alt="" align="right" /></span><span style="font-size: small; color: #e36c0a; font-family: Verdana;"><strong>II/ Des métamorphoses de la pensée<br />
</strong></span></p>
<p style="TEXT-ALIGN: justify"><span style="font-family: Tahoma;">Remontons un cran plus loin. <em><span style="color: #008000;">Mens </span></em>lui-même dériverait d&#8217;une racine indo-européenne, <strong><span style="color: #008000;">*MEN</span></strong>, qui désigne tout mouvement de la pensée. Parmi ses coquets avatars, on retrouve d&#8217;ailleurs la folie, la <strong><em><span style="color: #008000;">mania</span> </em></strong>grecque, qui a d&#8217;abord désigné la colère, avant de se répandre en tragédies puis en mégalo-, mytho-, pyro- et autres diverses manies. Ailleurs, c&#8217;est le souvenir qui est à l&#8217;honneur : se remémorer, to remember etc… Moins attendu, &#8216;<strong><span style="color: #008000;">main</span></strong>&#8216; tiendrait aussi à cette racine, étant l&#8217;instrument de la pensée, l&#8217;outil par excellence.<br />
</span></p>
<p style="TEXT-ALIGN: right"><span style="font-family: Tahoma;"><em><span style="font-size: x-small;"><span style="font-size: xx-small;"><br />
Suicide d&#8217;Ajax redevenu sain d&#8217;esprit.<br />
Fou de colère, il avait voulu massacrer les Grecs. Mais, dans sa folie, c&#8217;est un troupeau de moutons qu&#8217;il avait pris pour eux. </span></span></em></span></p>
<p> </p>
<p> </p>
<p> </p>
<p> </p>
<p> <span style="font-family: Tahoma;">Et, nous y venons enfin, <strong><em><span style="color: #008000;">Mann </span> </em></strong>(allemand)<em>, <span style="color: #006600;">man</span></em> (angalis) s&#8217;y rattachent également. La pensée comme attribut viril par excellence (ces deux termes n&#8217;ayant pas la fausse neutralité de l&#8217;homme français, qui partage avec l&#8217;humilité sa parenté avec la terre, <em><span style="color: #008000;">humus</span></em> en latin)… Vous voici livrée sa proximité avec le mensonge, bien cachée derrière les termes <em><span style="color: #008000;">Lüge</span> </em>et <em>l<span style="color: #008000;">ie</span></em>.<br />
</span><span style="font-family: Tahoma;">Libre à vous d&#8217;en tirer de vaines spéculations ou de fantasques élucubrations sur le machisme de Méditerranéens humiliés et dévots…<br />
</span>
</p>
<p style="text-align: right"><span style="font-size: 10pt; font-family: Tahoma;"><em></em></span> </p>
<p style="text-align: center"> </p>
<div>
<table style="border-collapse:collapse" border="0">
<colgroup span="1"><col style="width: 90px;" span="1"></col><col style="width: 84px;" span="1"></col><col style="width: 67px;" span="1"></col><col style="width: 85px;" span="1"></col><col style="width: 83px;" span="1"></col><col style="width: 83px;" span="1"></col><col style="width: 67px;" span="1"></col><col style="width: 81px;" span="1"></col></colgroup>
<tbody>
<tr style="background: #fde4d0; height: 40px;">
<td style="padding-left: 7px; padding-right: 7px; border-top:  solid #f9b074 1.0pt; border-left:  solid #f9b074 1.0pt; border-bottom:  solid #f9b074 1.0pt; border-right:  solid #f9b074 1.0pt" colspan="2">
<p style="text-align: center"><span style="font-family: Tahoma;"><strong>Français</strong></span></p>
</td>
<td style="padding-left: 7px; padding-right: 7px; border-top:  solid #f9b074 1.0pt; border-left:  none; border-bottom:  solid #f9b074 1.0pt; border-right:  solid #f9b074 1.0pt" colspan="2">
<p style="text-align: center"><span style="font-family: Tahoma;"><strong>Indo-européen</strong></span></p>
</td>
<td style="padding-left: 7px; padding-right: 7px; border-top:  solid #f9b074 1.0pt; border-left:  none; border-bottom:  solid #f9b074 1.0pt; border-right:  solid #f9b074 1.0pt" colspan="2">
<p style="text-align: center"><span style="font-family: Tahoma;"><strong>Latin</strong></span></p>
</td>
<td style="padding-left: 7px; padding-right: 7px; border-top:  solid #f9b074 1.0pt; border-left:  none; border-bottom:  solid #f9b074 1.0pt; border-right:  solid #f9b074 1.0pt" colspan="2">
<p style="text-align: center"><span style="font-family: Tahoma;"><strong>Grec</strong></span></p>
</td>
<td style="padding-left: 7px; padding-right: 7px; border-top:  solid #f9b074 1.0pt; border-left:  none; border-bottom:  solid #f9b074 1.0pt; border-right:  solid #f9b074 1.0pt">
<p style="text-align: center"><span style="font-family: Tahoma;"><strong>Anglais</strong></span></p>
</td>
<td style="padding-left: 7px; padding-right: 7px; border-top:  solid #f9b074 1.0pt; border-left:  none; border-bottom:  solid #f9b074 1.0pt; border-right:  solid #f9b074 1.0pt">
<p style="text-align: center"><span style="font-family: Tahoma;"><strong>Allemand</strong></span></p>
</td>
<td style="padding-left: 7px; padding-right: 7px; border-top:  solid #f9b074 1.0pt; border-left:  none; border-bottom:  solid #f9b074 1.0pt; border-right:  solid #f9b074 1.0pt">
<p style="text-align: center"><span style="font-family: Tahoma;"><strong>Italien</strong></span></p>
</td>
<td style="padding-left: 7px; padding-right: 7px; border-top:  solid #f9b074 1.0pt; border-left:  none; border-bottom:  solid #f9b074 1.0pt; border-right:  solid #f9b074 1.0pt">
<p style="text-align: center"><span style="font-family: Tahoma;"><strong>Espagnol</strong></span></p>
</td>
</tr>
<tr style="background: #fbcaa2; height: 27px;">
<td style="padding-left: 7px; padding-right: 7px; border-top:  none; border-left:  solid #f9b074 1.0pt; border-bottom:  solid #f9b074 1.0pt; border-right:  solid #f9b074 1.0pt" colspan="2">
<p style="text-align: center"><span style="font-family: Tahoma;"><strong>mensonge</strong></span></p>
</td>
<td style="padding-left: 7px; padding-right: 7px; border-top:  none; border-left:  none; border-bottom:  solid #f9b074 1.0pt; border-right:  solid #f9b074 1.0pt" colspan="2"><span style="font-family: Tahoma;">*MEN</span></td>
<td style="padding-left: 7px; padding-right: 7px; border-top:  none; border-left:  none; border-bottom:  solid #f9b074 1.0pt; border-right:  solid #f9b074 1.0pt" colspan="2"><span style="font-family: Tahoma;">mentiri (mentir)</span></td>
<td style="padding-left: 7px; padding-right: 7px; border-top:  none; border-left:  none; border-bottom:  solid #f9b074 1.0pt; border-right:  solid #f9b074 1.0pt" colspan="2"><span style="font-family: Tahoma;">pseudomai</span></td>
<td style="padding-left: 7px; padding-right: 7px; border-top:  none; border-left:  none; border-bottom:  solid #f9b074 1.0pt; border-right:  solid #f9b074 1.0pt"><span style="font-family: Tahoma;">lie</span></td>
<td style="padding-left: 7px; padding-right: 7px; border-top:  none; border-left:  none; border-bottom:  solid #f9b074 1.0pt; border-right:  solid #f9b074 1.0pt"><span style="font-family: Tahoma;">Lüge</span></td>
<td style="padding-left: 7px; padding-right: 7px; border-top:  none; border-left:  none; border-bottom:  solid #f9b074 1.0pt; border-right:  solid #f9b074 1.0pt"><span style="font-family: Tahoma;">mentire (mentir)</span></td>
<td style="padding-left: 7px; padding-right: 7px; border-top:  none; border-left:  none; border-bottom:  solid #f9b074 1.0pt; border-right:  solid #f9b074 1.0pt"><span style="font-family: Tahoma;">mentira</span></td>
</tr>
<tr style="background: #fde4d0; height: 27px;">
<td style="padding-left: 7px; padding-right: 7px; border-top:  none; border-left:  solid #f9b074 1.0pt; border-bottom:  solid #f9b074 1.0pt; border-right:  solid #f9b074 1.0pt" colspan="2">
<p style="text-align: center"><span style="font-family: Tahoma;"><strong>esprit</strong></span></p>
</td>
<td style="padding-left: 7px; padding-right: 7px; border-top:  none; border-left:  none; border-bottom:  solid #f9b074 1.0pt; border-right:  solid #f9b074 1.0pt" colspan="2"><span style="font-family: Tahoma;">*BHES(?) / *MEN</span></td>
<td style="padding-left: 7px; padding-right: 7px; border-top:  none; border-left:  none; border-bottom:  solid #f9b074 1.0pt; border-right:  solid #f9b074 1.0pt" colspan="2"><span style="font-family: Tahoma;">spiritus / mens</span></td>
<td style="padding-left: 7px; padding-right: 7px; border-top:  none; border-left:  none; border-bottom:  solid #f9b074 1.0pt; border-right:  solid #f9b074 1.0pt" colspan="2"><span style="font-family: Tahoma;">noûs</span></td>
<td style="padding-left: 7px; padding-right: 7px; border-top:  none; border-left:  none; border-bottom:  solid #f9b074 1.0pt; border-right:  solid #f9b074 1.0pt"><span style="font-family: Tahoma;">mind/spirit</span></td>
<td style="padding-left: 7px; padding-right: 7px; border-top:  none; border-left:  none; border-bottom:  solid #f9b074 1.0pt; border-right:  solid #f9b074 1.0pt"><span style="font-family: Tahoma;">(Geist)</span></td>
<td style="padding-left: 7px; padding-right: 7px; border-top:  none; border-left:  none; border-bottom:  solid #f9b074 1.0pt; border-right:  solid #f9b074 1.0pt"><span style="font-family: Tahoma;">spirito /mente</span></td>
<td style="padding-left: 7px; padding-right: 7px; border-top:  none; border-left:  none; border-bottom:  solid #f9b074 1.0pt; border-right:  solid #f9b074 1.0pt"><span style="font-family: Tahoma;">espritiu /mente</span></td>
</tr>
<tr style="background: #fbcaa2; height: 27px;">
<td style="padding-left: 7px; padding-right: 7px; border-top:  none; border-left:  solid #f9b074 1.0pt; border-bottom:  solid #f9b074 1.0pt; border-right:  solid #f9b074 1.0pt" colspan="2">
<p style="text-align: center"><span style="font-family: Tahoma;"><strong>homme</strong></span></p>
</td>
<td style="padding-left: 7px; padding-right: 7px; border-top:  none; border-left:  none; border-bottom:  solid #f9b074 1.0pt; border-right:  solid #f9b074 1.0pt" colspan="2"><span style="font-family: Tahoma;">*MEN / </span></td>
<td style="padding-left: 7px; padding-right: 7px; border-top:  none; border-left:  none; border-bottom:  solid #f9b074 1.0pt; border-right:  solid #f9b074 1.0pt" colspan="2"><span style="font-family: Tahoma;">vir /homo</span></td>
<td style="padding-left: 7px; padding-right: 7px; border-top:  none; border-left:  none; border-bottom:  solid #f9b074 1.0pt; border-right:  solid #f9b074 1.0pt" colspan="2"><span style="font-family: Tahoma;">aner,andros / anthropos</span></td>
<td style="padding-left: 7px; padding-right: 7px; border-top:  none; border-left:  none; border-bottom:  solid #f9b074 1.0pt; border-right:  solid #f9b074 1.0pt"><span style="font-family: Tahoma;">man / human</span></td>
<td style="padding-left: 7px; padding-right: 7px; border-top:  none; border-left:  none; border-bottom:  solid #f9b074 1.0pt; border-right:  solid #f9b074 1.0pt"><span style="font-family: Tahoma;">Mann / Mensch</span></td>
<td style="padding-left: 7px; padding-right: 7px; border-top:  none; border-left:  none; border-bottom:  solid #f9b074 1.0pt; border-right:  solid #f9b074 1.0pt"><span style="font-family: Tahoma;">uomo</span></td>
<td style="padding-left: 7px; padding-right: 7px; border-top:  none; border-left:  none; border-bottom:  solid #f9b074 1.0pt; border-right:  solid #f9b074 1.0pt"><span style="font-family: Tahoma;">hombre </span></td>
</tr>
</tbody>
</table>
</div>
<p> </p>
<p> </p>
<p> </p>
<p><span style="font-family: Tahoma;"><br />
</span></p>
]]></content:encoded>
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		<item>
		<title>Fin de partie de Samuel Beckett au théâtre de l’Atelier</title>
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		<pubDate>Thu, 06 Nov 2008 15:06:58 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Arnaud</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Plebber]]></category>

		<category><![CDATA[Théâtre]]></category>

		<category><![CDATA[absurde]]></category>

		<category><![CDATA[contemporain]]></category>

		<category><![CDATA[critiques]]></category>

		<category><![CDATA[drame]]></category>

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		<description><![CDATA[L’heure d’hiver et sa nuit précoce, le manque de soleil, pèsent sur les âmes. Peu d’effervescence autour du théâtre, peu de monde aussi ; à peine 1/3 de la salle est remplie me semble-t-il. D’ailleurs c’est à se demander pourquoi même une partie du public se presse : savent-ils ce qu’ils vont voir ?
« Pour [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.plebe-web.com/wp-content/uploads/2008/11/fin-de-partie.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-1358" style="float: left; margin: 5px;" title="fin-de-partie" src="http://www.plebe-web.com/wp-content/uploads/2008/11/fin-de-partie.jpg" alt="" width="130" height="195" /></a>L’heure d’hiver et sa nuit précoce, le manque de soleil, pèsent sur les âmes. Peu d’effervescence autour du théâtre, peu de monde aussi ; à peine 1/3 de la salle est remplie me semble-t-il. D’ailleurs c’est à se demander pourquoi même une partie du public se presse : savent-ils ce qu’ils vont voir ?<br />
« <span style="color: #ff6600;"><em>Pour Hamm, cloué dans son fauteuil à roulettes, les yeux fatigués derrière des lunettes noires, il ne reste plus qu&#8217;à tyranniser Clov. Alors qu&#8217;au fond de cet intérieur vide, les parents de Hamm finissent leur vie dans des poubelles, les deux héros répètent devant nous une journée visiblement habituelle. Ils dévident et étirent ensemble le temps qui les conduit vers une fin qui n&#8217;en finit pas, mais avec jeu et répartie, comme le feraient deux partenaires d&#8217;une ultime partie d&#8217;échecs. Ainsi, les mots triomphent, alors que les corps, dévastés et vieillis, se perdent. Hamm et Clov usent du langage comme d&#8217;un somptueux divertissement, en des échanges exaspérés et tendres. Beckett a su avec jubilation écrire le langage de la fin, une langue au bord du silence, qui s&#8217;effiloche et halète, transparente et sereine, dernier refuge de l&#8217;imagination. </em></span>»
</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #008000;"><strong>Mon avis :</strong></span> Austérité, âpreté ; des corps atrophiés, tronqués, handicapés ; intérieurs glauques et « dérangés », murs et sols désaxés, les vieux dans la poubelle ; tyrannie et perversité de l’esprit ; les mots détachés des corps… le moins qu’on puisse dire, c’est que le début met mal à l’aise, fait suffoquer, et place le spectateur à la limite du supportable. Bon sang, que c’est bon !</p>
<p>Parce que oui, c’est du théâtre qui fait appel à nos sens et à notre intellect. Ce que l’on voit n’a de sens que par ce que l’on entend. Les mots heurtent les corps et le décor. On nous parle de ce qui n’est pas, ou plus.</p>
<p style="text-align: justify;">Hamm trône au centre dans son fauteuil tel un roi régnant sur son monde. Son prénom, déjà, n’est pas le fruit du hasard. En anglais, sa prononciation se rapproche de « ham », qui signifie jambon (ce qu’il est  au demeurant, un tas de chair quasi inerte et morte), mais aussi cabotin pour un mauvais acteur. On touche par cette analogie à la complexité du personnage. Il dicte, éructe, fait l’acteur, lit les didascalies, démystifie le texte, met en scène sa vie par l’imaginaire, ressasse l&#8217;histoire qu’il construit, s’essaye à l’envolée lyrique, s’adonne à l’acrimonie lucide, mais en même temps, son corps n’en finit pas de mourir : paralysé du bas, quasi-aveugle, dur d’oreille. On assiste à son agonie, ses souffrances, ses peines, sa perte de sensation et de sensibilité, que seule la chimie maintient dans un semblant de rythme humain. Son unique échappatoire : sa pensée et ses mots, tel le démiurge, semblable à l’auteur de théâtre. Mais c’est son enfer. Il hait le monde dans lequel il ne peut vivre, en veut à son père, qu’il tyrannise et laisse croupir dans une poubelle à ses côtés, légèrement devant lui (tout comme sa mère, pour laquelle il ne semble manifester aucun intérêt).</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #ff6600;">Dominique Pinon</span> campe cette âme perdue avec une maestria saisissante : on subit, on craint ses sautes d’humeurs. On le déteste, il nous exaspère, il nous touche, on le trouve beau de poésie. Son impotence n’inspire plus la compassion mais le dégoût : drôle de sensation pour le spectateur ainsi torturé, qui doit subir cette litanie verbale que l’on voudrait voir stopper. On souhaite sa mort et avec, la fin de la pièce. Parce qu’il souffre, mais parce qu’il est infect. Parce que c’est insupportable. Seuls ses mots lui survivent : superbes, hargneux, désespérés. Nihilistes même, « <em>la fin est dans le commencement et cependant on continue</em> » lâche-t-il.  Entre deux silences pesants. C’est le sentiment de sa vie. L’impuissance d’exister autrement que par les mots.</p>
<p style="text-align: justify;">Et sa tyrannie s’exerce sur Clov. Pauvre âme. Espèce de serviteur dévoué à son maître et martyrisé par celui-ci, assistant bossu et grommelant un langage primaire d’un Dracula ou d’un docteur Frankenstein. Il exécute, même en râlant, les ordres de Hamm. « <em>Je ne sais pas pourquoi je le fais</em> » répète-t-il souvent. C’est la question que l’on se pose. Qui pourrait vouloir de ce jour sans fin ? De ce supplice de Sisyphe, où la seule issue est la déchéance et la mort sans avoir vécu ? Lui, c’est l’inverse de Hamm : il ne peut pas s’asseoir, c’est son handicap, en plus d’avoir mal aux jambes, d’avoir mal aux yeux. Son supplice : servir de souffre-douleur, de pousseur de chaise, d&#8217;yeux pour Hamm. Il le fait contraint. Simple d’esprit ( ?), il semble surtout ne pas savoir quel sens donner à son existence, se pliant aux ordres sous peine de mourir. Relation complexe et perverse, de dominant et dominé qui met mal à l’aise.</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #ff6600;">Charles Berling</span> incarne ce corps dégingandé, qui se traîne. Rôle ingrat. Mais magnifique. Il fait exister un peu de vie, il est le seul à donner du mouvement, celui qui les relie aux autres. Enfermé dans cet enfer, il observe un monde presque sans vie par les deux minuscules fenêtres, trop hautes, qui ne peuvent être atteintes que par un escabeau brinquebalant et avec l’aide de sa longue vue, une mer à gauche, une terre à droite. Capitaine et vigie d’un navire intérieur naviguant sur des flots désolés. On se raccroche à lui. Ses mots heurtent notre sentiment de liberté de penser. <span style="color: #ff6600;">Charles Berling</span> impressionne par la maîtrise de son corps, comme au début où, sans mots, il découvre le décor, les accessoires, les poubelles, et ces allers-retours avec l’escabeau.</p>
<p style="text-align: justify;">Le décor est à l’avenant : métallique, creux et penché. Les fenêtres sont grises, salies et poussiéreuses. Les murs sont oppressants, enfermant les personnages sur eux-mêmes. Le tableau (la fameuse ouverture sur le monde) est retourné. Le sol est en pente, dérive lente et certaine vers la tombe. Le jeu de lumière accentue cette oppression : très froid, l’éclairage accentue ou diminue le contraste des visages blafards des protagonistes. Ou leur donne une magie.</p>
<p style="text-align: justify;">Rare moment de vie, c’est le récit par les parents de leur amour d’antan. Ce moment est superbe. Ces deux troncs avec ces deux têtes vieilles, ridées, grises et creusées, qui dépassent à peine de leur poubelle-cercueil et qui se souviennent. Seuls les mots, leurs corps étant réduits à leur minimum, donnent une sensation humaine et vivante, qu’un éclairage discret et pertinent révèle.</p>
<p style="text-align: justify;">Les parents sont d’ailleurs parfaitement interprétés (<span style="color: #ff6600;">Gilles Segal</span>, <span style="color: #ff6600;">Dominique Marcas)</span>. Corps maltraités, on souffre pour eux, on écoute leurs mots, souvenir d’un passé peut être plus joyeux, comme la respiration nécessaire à tant de désolation. Le procédé n’en est que plus cruel. De son père, qui, après la mort de la mère, pleure et ne veut plus répondre, Hamm dit : « s’il pleure c’est qu’il vit ». En effet, il vaut peut-être mieux mourir. Et pourtant…</p>
<p style="text-align: justify;">Pourtant, il y a une volonté de vivre, de laisser quelque chose, d’essayer. Parabole évidente du théâtre et de sa création : les acteurs disent et interprètent leurs didascalies. Tout est mis en scène. Les accessoires deviennent, tour à tour, béquille, arme, ou sceptre ridicule d’un royaume. Même le meilleur ami de l’homme, le chien, n’est réduit qu’à une peluche, handicapée, patte en moins et sexe inexistant. Et cette peluche dans les mains de Hamm prend d’un coup une âme et une existence.</p>
<p style="text-align: justify;">Clov est le bras armé destructeur de Hamm. Il supprime les parasites (puce ou morpion, rat) qui sont les seuls à vivre encore. Jusqu’à cette présence au loin… la vie ? qui libère la parole de Clov, dans un magnifique soliloque empreint de poésie insoupçonnée jusqu’alors.</p>
<p style="text-align: justify;">Je pourrais continuer. Mais ce texte de <span style="color: #008000;"><strong>Beckett</strong></span> ouvre à tant d’interrogations, que cela pourrait être sans fin. Et c’est la force de la mise en scène de <span style="color: #ff6600;">Charles Berling</span> et <span style="color: #ff6600;">Christiane Cohendy</span>. Il y a une radicalité assumée, au risque de déplaire (et je peux vous assurer que ce fut l&#8217;effet sur un certain nombre de spectateurs ), qui cherche et triture jusqu’à l’hallali final.</p>
<p style="text-align: justify;">J’en suis ressorti pantois et estomaqué, mais aussi mal à l’aise.</p>
<p style="text-align: justify;">&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;">C’est un théâtre exigeant. Avec un peu de recul, j&#8217;aime et j’en redemande !</p>
<p style="text-align: justify;">Et après on va croire que je suis noir et nihiliste. Si peu, si peu…</p>
<p style="text-align: justify;"> </p>
<p style="text-align: justify;"> </p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">Auteur:</span> Samuel Beckett<br />
<span style="text-decoration: underline;"> Mise en scène:</span> Charles Berling avec la collaboration de Christiane Cohendy<br />
<span style="text-decoration: underline;"> Avec</span>: Charles Berling, Dominique Pinon, Gilles Segal, Dominique Marcas.</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">Équipe technique:</span><br />
Décor: Christian Fenouillat<br />
Lumières: Marie Nicolas<br />
Costumes: Bernadette Villard<br />
Collaboratrices artistiques: Soline de Warren et Florence Bosson
</p>
<p style="text-align: justify;">AVEC LE SOUTIEN DE LA FONDATION JACQUES TOJA</p>
]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>Traverses : John Steinbeck, Les Raisins de la colère</title>
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		<pubDate>Tue, 04 Nov 2008 14:10:37 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Noëlle</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[La plèbe d'en bas]]></category>

		<category><![CDATA[Littérature]]></category>

		<category><![CDATA[Bibliothèque]]></category>

		<category><![CDATA[roman]]></category>

		<category><![CDATA[textes en ligne]]></category>

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		<description><![CDATA[On change de menu, en faisant un bond de près d&#8217;un siècle, pour atterrir en 1939, avec la parution de Les Raisins de la colère de Steinbeck, indéniable succès… également salué par la presse communiste, ce qui paraît ne pas avoir tout à fait été du goût du FBI. Bond sur l&#8217;échiquier politique aussi, donc. Balzac, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><img src="http://www.plebe-web.com/wp-content/uploads/2008/11/110408-0053-traversesjo1.jpg" alt="" align="left" /><span style="font-family: Tahoma;">On change de menu, en faisant un bond de près d&#8217;un siècle, pour atterrir en 1939, avec la parution de <strong><em><span style="color: #008000;">Les Raisins de la colère</span></em></strong> de Steinbeck, indéniable succès… également salué par la presse communiste, ce qui paraît ne pas avoir tout à fait été du goût du FBI. Bond sur l&#8217;échiquier politique aussi, donc. Balzac, fasciné par la pourpre et les ors de l&#8217;Ancien Régime, ne pouvait être républicain, quand bien même ses romans dépeçaient sans faux-semblants les velléités d&#8217;une noblesse stérile à force d&#8217;être accrochée à son passé. Pas pour rien que le bonhomme s&#8217;était arrogé la particule.<br />
</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: Tahoma;">Steinbeck, à la longue carrière de journaliste-essayiste engagé, est lui clairement socialiste. Il fera d&#8217;ailleurs un voyage en URSS, décevant : au lieu du pays réel, on l&#8217;emmena visiter théâtres et cocktails. Il est aussi « paysan », si ce terme, opposé à agriculteur, désigne celui qui aime la terre et ses valeurs plus que celui qui sait en tirer des profits.<br />
</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: Tahoma;">La terre et l&#8217;argent… Belle perspective, pour <em>Les Raisins de la colère</em>. L&#8217;intrigue en est connue : une famille d&#8217;Oklohama, chassée de ses terres, par ver la terre promise, la Californie. Comme de milliers d&#8217;autres… Sale engrenage, que John Ford rend lui aussi admirablement. Le roman a pourtant une tonalité plus sombre, plus exigeante. Les raisins de la colère mûrissent tout au long du livre ; ce ne sont pas quelques grappes, une seule famille, qui la porte, mais une nation entière. Steinbeck, d&#8217;un chapitre à l&#8217;autre, prend du champ ; c&#8217;est un panorama de l&#8217;Amérique qu&#8217;il dresse, et même une panorama de l&#8217;histoire des hommes.<br />
</span>
</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: Tahoma;">L&#8217;extrait qui suit est long, et je l&#8217;ai déjà trop longuement introduit. Montée de sève bucolique à souhait, on se croirait chez Hésiode. Puis lente bascule. C&#8217;est une écriture puissante, qui cherche à saisir, et y réussit – seul point commun Balzac, sans doute : elle ne craint pas l&#8217;excès, et le transcende Ca démarre ave le printemps. Au fait, vous vous souvenez, de l&#8217;actualité du printemps 2008 ?</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: Tahoma;"><br />
</span></p>
<p style="text-align: center;"><span style="font-size: 14pt; color: #e36c0a; font-family: Verdana;"><strong><span style="color: #ff6600;">Récolte capitaliste</span><br />
</strong></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: Book Antiqua;"><br />
<img src="http://www.plebe-web.com/wp-content/uploads/2008/11/110408-0053-traversesjo2.png" alt="" />e printemps est merveilleux en Californie. Les vallées sont des mers odorantes d&#8217;arbre en fleurs, aux eaux blanches et roses. Et bientôt les premières vrilles font leur apparition sur les vignes et déferlent en cascades sur les vieux ceps tordus. Les riches collines verdoient, rondes et veloutés comme des seins, et sur les terrains plats réservés aux cultures potagères, s&#8217;alignent à l&#8217;infini les pâles laitues, les minuscules choux-fleurs et les plants d&#8217;artichauts d&#8217;un gris vert irréel.<br />
Et subitement les feuilles se montrent sur les branches ; les pétales tombent des arbres et couvrent la terre d&#8217;un tapis rose et blanc. Le cœur du bourgeon enfle, prend forme et couleur : cerises, pommes, pêches, poires, et les figues dont la fleur s&#8217;enferme dans la gousse du fruit. Toute la Californie éclate d&#8217;une splendeur prolifique ; les fruits s&#8217;alourdissent, les branches ploient peu à peu sous la charge et doivent être soutenues par des béquilles.<br />
Toute cette richesse et cette fécondité sont dues à des hommes de savoir, des hommes compétents qui se livrent à des expériences sur les graines et les plantes, qui sans cesse perfectionnent les méthodes de culture et de protection des arbres dont les racines seront armées pour résister aux millions d&#8217;ennemis qui grouillent sous terre : taupes, insectes, rouille, moisissure. Ces hommes travaillent sans relâche à améliorer les semences, les racines. De leur côté, les chimistes aspergent les arbres pour les protéger des insectes, sulfatent la vigne, sectionnent les plants malades, combattent la pourriture et le mildiou…<br />
…Et ces docteurs en médecine préventive qui sont postés aux frontières pour empêcher l&#8217;entrée de plantes infectées, l&#8217;invasion des mouches, des hannetons japonais, qui mettent les plants malades en quarantaine, qui manipulent les racines, qui les brûlent pour éviter la contagion… Des savants, ceux-ci. Et d&#8217;autres encore, qui greffent les arbustes, les ceps ; ce sont les plus adroits de tous, car ils font un travail aussi précis, aussi délicat que celui du chirurgien, pour entailler l&#8217;écorce, placer la greffe, ligaturer la plaie et la préserver du contact de l&#8217;air. Des as, ceux-là.<br />
Tout le long des rangées d&#8217;arbres, extirpateurs et herses arrachent les pousses d&#8217;herbe, retournent la terre pour la rendre plus fertile et retenir l&#8217;eau de pluie près de la surface, creusent des petits sillons pour l&#8217;irrigation et détruisent les racines des mauvaises herbes qui boivent l&#8217;eau destinée aux arbres.<br />
</span></p>
<p style="text-align: justify;"><img src="http://www.plebe-web.com/wp-content/uploads/2008/11/110408-0053-traversesjo3.png" alt="" /><span style="font-family: Book Antiqua;">ntretemps, les fruits grossissent et les fleurs s&#8217;épanouissent en longues grappes sur les ceps. Et sous l&#8217;effet de la chaleur grandissante, les feuilles tournent au vert foncé. Les prunes s&#8217;allongent, semblables à de petits œufs de grive, et les branches alourdies s&#8217;affaissent sur leurs supports. Les petites poires dures prennent forme et les pêches commencent à se velouter. Les fleurs de la vigne perdent leurs pétales et les petites perles dures deviennent des billes vertes, et les billes s&#8217;alourdissent. Les travailleurs des champs, les propriétaires des petits vergers surveillent et calculent. L&#8217;année sera bonne. Et les hommes sont fiers, car si la récolte est abondante, c&#8217;est grâce à leur savoir… Leur savoir a transformé le monde. Le blé court et maigre est devenu lourd et productif. Les petites pommes amères sont devenues grosses et sucrées, et ces vieux ceps qui croissaient parmi les arbres et dont le raisin minuscule ne nourrissait que les oiseaux, ont donné naissance à des centaines de variétés de raisin : rouge, noir, vert, rose pâle, pourpre, jaune, chacune dotée d&#8217;une saveur particulière. Les hommes qui travaillent dans les fermes témoins ont créé de nouvelles espèces de fruits. Des nectarines, quarante variétés de prunes, des noix à coque mince. Et sans relâche ils poursuivent leurs travaux, sélectionnent, greffent, alternent les cultures, arrachant à la terre son rendement maximum.<br />
</span></p>
<p style="text-align: justify;"><img src="http://www.plebe-web.com/wp-content/uploads/2008/11/110408-0053-traversesjo4.png" alt="" /><span style="font-family: Book Antiqua;">es cerises mûrissent les premières. Un <em>cent</em> et demi la livre. Merde, on ne peut pas cueillir à ce tarif-là. Cerises noires et cerises rouges, à la chair juteuse et sucrée ; les oiseaux mangent la moitié de chaque cerise et les guêpes viennent bourdonner dans les trous faits par les oiseaux. Et les noyaux auxquels adhèrent encore des lambeaux de défroque noire, tombent à terre et se dessèchent.<br />
Puis, c&#8217;est le tour des prunes rouges de s&#8217;adoucir et de prendre de la saveur.<br />
Bon sang ; on ne peut pas les faire cueillir, sécher et soufrer.<br />
Pas moyen de payer des salaires, aussi bas soient-ils.<br />
Alors les prunes rouges tapissent le sol. Tout d&#8217;abord la peau se ratatine un petit peu ; des myriades de mouches se précipitent à la curée et une odeur douceâtre de pourriture emplit la vallée. La chair noircit et c&#8217;est toute la <img src="http://www.plebe-web.com/wp-content/uploads/2008/11/110408-0053-traversesjo5.jpg" alt="" align="right" />récolte qui se racornit. Les poires jaunissent, leur chair devient moelleuse.<br />
Cinq dollars la tonne. Cinq dollars pour quarante caisse de vingt-cinq kilos ; arbres émondés, soignés, bergers entretenus – cueillir le fruit, l&#8217;emballer, charger les camions, livrer à la fabrique – quarante caisses pour cinq dollar. Nous n&#8217;y arrivons pas.<br />
Et les grosses poires jaunes se détachent et s&#8217;écrasent par terre. Les guêpes creusent la chair molle et l&#8217;air sent la fermentation et la pourriture.<br />
Et finalement, les raisins.<br />
Nous ne pouvons pas faire de bon vin. Les gens n&#8217;ont pas les moyens d&#8217;acheter du bon vin.<br />
Alors on arrache les grappes, les bonnes, les mauvaises, le raisin piqué ; tout est bon pour le pressoir. Et on presse les tiges, la pourriture et la saleté.<br />
Mais il y a de l&#8217;acide formique et du mildiou dans les cuves.<br />
Qu&#8217;à cela ne tienne. Un peu de soufre et de tanin et on n&#8217;y verra que du feu.<br />
Mais l&#8217;odeur de fermentation n&#8217;est pas l&#8217;odeur riche et généreuse du bon vin. Cela sent la décomposition et la droguerie.<br />
Oh ! tant pis. En tout cas, il y a de l&#8217;alcool dedans. Ils pourront toujours se soûler avec.<br />
</span>
</p>
<p style="text-align: justify;"> </p>
<p style="text-align: justify;"><img src="http://www.plebe-web.com/wp-content/uploads/2008/11/110408-0053-traversesjo6.png" alt="" /><span style="font-family: Book Antiqua;">es petits fermiers voyaient leurs dettes augmenter, et derrière leurs dettes, le spectre de la faillite. Ils soignaient les arbres mais ne vendaient pas la récolte ; ils émondaient, taillaient, greffaient et ne pouvaient pas faire cueillir les fruits. Des savants s&#8217;étaient attelés à la tâche, avaient travaillé à faire rendre aux arbres le maximum, et les fruits pourrissaient sur le sol, et le moût en décomposition dans les cuves empestait l&#8217;air.<br />
Goûtez seulement le vin – on n&#8217;y perçoit pas la saveur du raisin, mais seulement le tanin, le soufre et l&#8217;alcool. L&#8217;année prochaine, ce petit verger sera absorbé par une grande Compagnie, car le fermier, étranglé par ses dettes, aura dû abandonner.<br />
Ce vignoble appartiendra à la Banque. Seuls les grands propriétaires peuvent survivre, car ils possèdent en même temps les fabriques de conserve. Et quatre poires épluchées, coupées en deux, cuites et emboîtées, coûtent toujours quinze<em> cents.</em> Et les poires en conserve ne se gâtent pas. Elles se garderont des années.<br />
</span></p>
<p style="text-align: justify;"><img src="http://www.plebe-web.com/wp-content/uploads/2008/11/110408-0053-traversesjo7.jpg" alt="" align="right" /><img src="http://www.plebe-web.com/wp-content/uploads/2008/11/110408-0053-traversesjo8.png" alt="" /><span style="font-family: Book Antiqua;">a décomposition envahit toute la Californie, et l&#8217;odeur de décomposition est un grand malheur pour le pays. Des hommes capables de réussir des greffes, d&#8217;améliorer les produits, sont incapables de trouver un moyen pour que les affamés puissent en manger. Les hommes qui ont donné de nouveaux fruits au monde sont incapables de créer un système grâce auquel ces fruits pourront être mangés. Et cet échec plane comme une catastrophe sur le pays.<br />
Le travail de l&#8217;homme et de la nature, le produit des ceps, des arbres, doit être détruit pour que se maintiennent les cours, et c&#8217;est là une abomination qui dépasse toutes les autres. Des chargements d&#8217;oranges jetés n&#8217;importe où. Les gens viennent de loin pour en prendre, mais cela ne se peut pas. Pourquoi achèteraient-ils des oranges à vingt <em>cents</em> la douzaine, s&#8217;il leur suffit de prendre leur voiture et d&#8217;aller en ramasser pour rien ? Alors des hommes armés de lances d&#8217;arrosage aspergent de pétrole les tas d&#8217;orange, et ces hommes sont furieux d&#8217;avoir à commettre ce crime et leur colère se tourne contre ceux qui sont venus ramasser les oranges. Un million d&#8217;affamés ont besoin de fruits, et on arrose de pétrole les montagnes dorées.<br />
Et l&#8217;odeur de pourriture envahit la contrée.<br />
On brûle du café dans les chaudières. On brûle le maïs pour se chauffer – le maïs fait du bon feu. On jette les pommes de terre à la rivière et on poste des gardes sur les rives pour interdire aux malheureux de les repêcher. On saigne les cochons et on les enterre, et la pourriture s&#8217;infiltre dans le sol.<br />
</span></p>
<p style="text-align: justify;"><img src="http://www.plebe-web.com/wp-content/uploads/2008/11/110408-0053-traversesjo9.png" alt="" /><span style="font-family: Book Antiqua;">l y a là un crime si monstrueux qu&#8217;il dépasse l&#8217;entendement.<br />
Il y a là une souffrance telle qu&#8217;elle ne saurait être symbolisée par les larmes. Il y a là une faillite si retentissante qu&#8217;elle annihile toutes les réussites antérieures. Un sol fertile, des files interminables d&#8217;arbres aux troncs robustes, et des fruits mûrs. Et les enfants atteints de pellagre doivent mourir parce que chaque orange doit apporter un bénéfice. Et les coroners inscrivent les constats de décès : mort due à la sous-nutrition – et tout cela parce que la nourriture pourrit, parce qu&#8217;il faut la forcer à pourrir.<br />
Les gens s&#8217;en viennent armés d&#8217;épuisettes pour pêcher les pommes de terre dans la rivière, et les gardes les repoussent ; ils s&#8217;amènent dans leurs vieilles guimbardes pour tâcher de ramasser quelques oranges, mais on les a arrosées de pétrole. Alors ils restent plantés là et regardent flotter les pommes de terre au fil du courant ; ils écoutent les hurlements des porcs qu&#8217;on saigne dans un fossé qu&#8217;on recouvre de chaux vive, regardent les montagnes d&#8217;oranges peu à peu se transformer en bouillie fétide ; et la consternation se lit dans les regards, et la colère commence à luire dans les yeux de ceux qui ont faim. Dans l&#8217;âme des gens, les raisins de la colère se gonflent et mûrissent, annonçant les vendanges prochaines.</span></p>
<p style="text-align: right;"><span style="font-family: Book Antiqua;"><br />
<span style="color: #008000;"><strong>Steinbeck, <em>Les raisins de la colère</em>, chapitre XXV</strong> </span>(en intégralité)<br />
Traduit par M.Duhamel et M.-E. Coindreau</span>
</p>
<p style="text-align: justify;"> </p>
<p style="text-align: justify;"> </p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.plebe-web.com/la-plebe-den-bas/balzac-effeuille-demandez-le-programme"><img src="http://www.plebe-web.com/wp-content/uploads/2008/10/102808-0113-balzacfinan3.gif" border="0" alt="" /></a><a href="http://www.plebe-web.com/la-plebe-den-bas/balzac-effeuille-demandez-le-programme"><span style="font-family: Times New Roman;"><br />
</span></a>
</p>
<p style="text-align: center;"><span style="font-family: Times New Roman;"><a href="http://www.plebe-web.com/la-plebe-den-bas/balzac-effeuille-demandez-le-programme">Dossier Balzac</a></span></p>
<p style="text-align: center;"><span style="font-family: Book Antiqua;"><br />
</span></p>
]]></content:encoded>
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		<title>Y comprendre quelque chose</title>
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		<pubDate>Tue, 04 Nov 2008 10:22:33 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Arnaud</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[EDITO]]></category>

		<category><![CDATA[Politique]]></category>

		<category><![CDATA[Nicolas Sarkozy]]></category>

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		<description><![CDATA[Je ne sais pas pour vous, mais alors moi, sincèrement, je désespère de trouver le moindre signe de sens et de cohérence politique à qui que ce soit d’européen. De français même plus précisément. Et pas seulement de nos élites de l’exécutif ; non du quidam, du citoyen, de l’entité agrégeable à l’ensemble : vous, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.plebe-web.com/wp-content/uploads/2008/11/obama.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-1332" style="float: left; margin: 5px;" title="obama" src="http://www.plebe-web.com/wp-content/uploads/2008/11/obama-300x257.jpg" alt="" width="203" height="172" /></a>Je ne sais pas pour vous, mais alors moi, sincèrement, je désespère de trouver le moindre signe de sens et de cohérence politique à qui que ce soit d’européen. De français même plus précisément. Et pas seulement de nos élites de l’exécutif ; non du quidam, du citoyen, de l’entité agrégeable à l’ensemble : vous, moi, quoi.</p>
<p style="text-align: justify;">Ainsi, 86% des Français votent Obama. C’est une nouvelle qu’elle est bonne. C’est un sondage. Parce que nous, nous ne pouvons pas voter aux Etats-Unis, et c’est bien dommage. Car nous, nous savons mieux ce qui est bon pour les Américains, vu que nous sommes des Français d’une part, et que d’autre part, les Américains, nous ne pouvons pas leur faire confiance : ils étaient pour la guerre en Irak et votaient Bush. Ah oui, vraiment, pas confiance…</p>
<p style="text-align: justify;">82%. Ce n’est pas un sondage, mais le résultat de Chirac au 2° tour des présidentielles de 2002. Oui, bon d’accord, c’était face à l’extrémo-dieudo-révolutionnaire Le Pen. Ok. 53%, c’était le score de Sarkozy en 2007. Oui, bon, ok, ok, c’était face à la sectaro-fraternelle-gourdasse Royal. C’est vrai.</p>
<p style="text-align: justify;">Et puis le Sénat à droite (de toute façon il n’a été créé que pour les ratés de droite à la base), l’Assemblée de droite, le Conseil d’Etat, le Conseil constitutionnel, de droite, etc.</p>
<p style="text-align: justify;">Toute cette droite me ferait voir de travers, si je n’avais le tort d’être (de) gauche. Oui, elle était facile celle-ci, je suis bien d’accord avec vous.</p>
<p style="text-align: justify;">Vous voyez, moi, je suis primaire sur cette affaire. Dans un pays de droite, fier des idées sarkozystes (on reproche juste à Sarkozy de ne pas avoir 200% d’augmentation comme lui), qu’un homme de gauche (enfin, la gauche américaine), et noir de surcroît – on me dit qu’il est métis, mais on voit bien qu’il a une tête de pas blanc - puisse avoir les faveurs de la très grande majorité de nos concitoyens, il y a là quelque chose qui m’étonne.</p>
<p style="text-align: justify;">Un pays de droite qui souhaite un président de gauche ailleurs.</p>
<p style="text-align: justify;">Et pas n’importe lequel ailleurs : les Etats-Unis. Le modèle économico-libéralo-financo-puritano-religio-médiatico &amp; co de notre président à nous. Si, si, vous savez celui qui regrette de ne pas être allé en Irak, faire joujou avec les châteaux de sable (tout comme son ministre des affaires étrangères, qui était de gauche, mais pensait comme la droite pro OTAN… ouhla ça devient compliqué…), celui qui voulait importer les subprimes en France, celui qui prônait l’endettement comme valeur de richesse, celui qui voulait manger des hamburgers avec Bush, celui qui met &#8220;un des ténors de la gauche à la droite de son parti&#8221; (DSK si vous avez décroché) à la tête du FMI…</p>
<p style="text-align: justify;">Et bien vous savez quoi ? Not’ président, il est comme nous : lui aussi, il veut Obama. C’est l’union sacrée. Yippie. Crachez votre chique, cow boys !</p>
<p style="text-align: justify;">Eh bien moi, je ne marche pas. Oh, certes, on pourra toujours se dire que la gauche américaine, c’est la droite de bien de chez nous. Certes. Dire qu’Obama, il a le soutien des plus grands journaux de la planète et même des plus importants titres économiques et libéraux. Certes. Il n’est pas de la gauche révolutionnaire prônant le Grand Soir – de toute façon toujours suivi du « au petit matin » -… certes, certes, certes.</p>
<p style="text-align: justify;">Mais si Obama on le veut chez les autres, c’est parce que ce n’est pas chez nous. Nous, on veut de la droite et de l’ordre. Nous, on veut Hortefeux. Nous, on veut des expulsions de Noirs, d’Arabes, d’Asiatiques, enfin de tout ce qui n’est pas étiqueté « produit français ». Nous, on ne veut pas de métissage. Nous, on ne veut pas d’union mélangeant les religions, les âges, les couleurs, les individus, les sexes – ah si pardon, ça on veut bien mélanger les sexes, c’est les mêmes sexes entre eux qu’on ne veut pas – ; enfin nous, on ne veut pas de l’idée du monde que renvoie un Obama.</p>
<p style="text-align: justify;">Il est plus facile de le souhaiter ailleurs, pour les autres. D’autant plus que les Américains, hein, ils ont été bien vilains, bouh les méchants qui ont tué des noirs dans le passé, qui ont pratiqué la ségrégation… ouhla oui les pas beaux d’Américains, vous en avez des choses à vous faire pardonner. Merci de laver votre conscience. Parce que, nous, hein, eh bien, vous voyez, on ne votera pas pour un Noir. Déjà que pour une femme… faudrait pas non plus déconner. Non mais, oh. Soyons sérieux.</p>
<p style="text-align: justify;">Votez Obama, Américains, vous nous ferez plaisir. Vous nous conforterez dans notre bon droit à être ce que nous sommes. France, pays des Lumières. Des bougies.</p>
<p style="text-align: justify;">Amis Américains, votez Obama, que nous puissions clamer sans ambages, comme à la suite de l’expulsion de Cohn Bendit en 1968 avec les slogans « nous sommes tous des juifs allemands » : nous sommes tous des noirs américains.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>Oh, say, can you see, by the dawn&#8217;s early light,<br />
What so proudly we hail&#8217;d at the twilight&#8217;s last gleaming?<br />
Whose broad stripes and bright stars, thro&#8217; the perilous fight,<br />
O&#8217;er the ramparts we watch&#8217;d, were so gallantly streaming?<br />
And the rockets&#8217; red glare, the bombs bursting in air,<br />
Gave proof thro&#8217; the night that our flag was still there.<br />
O say, does that star-spangled banner yet wave<br />
O&#8217;er the land of the free and the home of the brave?</em></p>
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		<title>16ème édition de Fantastic&#8217;Arts</title>
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		<pubDate>Mon, 03 Nov 2008 09:37:55 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Gio879</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Général]]></category>

		<category><![CDATA[Cinéma]]></category>

		<category><![CDATA[Fantastic'Arts]]></category>

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		<description><![CDATA[La 16ème édition du festival du film fantastique de Gérardmer aura lieu du mercredi 28 janvier au dimanche 1er février 2009. Pour le moment pas plus de nouvelle, la plèbe devrait être présente pour cette nouvelle cuvée 2009, après la 15ème pleine de bonnes surprises. Gageons que les organisateurs essayeront au moins de faire ausssi [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">La <span class="bold_rouge">16ème édition</span> du festival du film fantastique de <span class="bold_rouge">Gérardmer</span> aura lieu du <span class="bold">mercredi 28 janvier</span> au <span class="bold">dimanche 1er février 2009</span>. Pour le moment pas plus de nouvelle, la plèbe devrait être présente pour cette nouvelle cuvée 2009, après la 15ème pleine de bonnes surprises. Gageons que les organisateurs essayeront au moins de faire ausssi bien &#8230;</p>
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		<title>Les diablogues de Dubillard au Théâtre du Rond Point</title>
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		<pubDate>Tue, 28 Oct 2008 10:26:57 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Arnaud</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Plebber]]></category>

		<category><![CDATA[Théâtre]]></category>

		<category><![CDATA[absurde]]></category>

		<category><![CDATA[comédie]]></category>

		<category><![CDATA[contemporain]]></category>

		<category><![CDATA[critiques]]></category>

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		<description><![CDATA[Qu’il est agréable d’être au théâtre en ce tout début de soirée du dimanche. C’est un horaire peu commun, l’air est doux. Paris est de cet air de détente et pourtant rempli de mouvement de foule. La salle est pleine. L’affiche est belle. « Dans Les Diablogues, Roland Dubillard réinvente à sa façon le dialogue [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.plebe-web.com/wp-content/uploads/2008/10/diablogues.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-1305" style="float: left; margin: 5px;" title="diablogues" src="http://www.plebe-web.com/wp-content/uploads/2008/10/diablogues.jpg" alt="" width="180" height="185" /></a>Qu’il est agréable d’être au théâtre en ce tout début de soirée du dimanche. C’est un horaire peu commun, l’air est doux. Paris est de cet air de détente et pourtant rempli de mouvement de foule. La salle est pleine. L’affiche est belle. « <span style="color: #ff6600;"><em>Dans Les Diablogues, Roland Dubillard réinvente à sa façon le dialogue de sourds. D&#8217;ailleurs c&#8217;est simple comme bonjour. Prenez deux protagonistes, appelez les Un et Deux, et pour corser la chose donnez leur l&#8217;apparence de comédiens pince-sans-rire, comme Jacques Gamblin et François Morel, par exemple. Il n&#8217;y a plus qu&#8217;à les laisser s&#8217;expliquer avec les mots de l&#8217;auteur. Bientôt le réel se met à tanguer, tremble sur ses fondements. Obéissant à une logique folle, le langage a largué les amarres. Vous voilà face à deux acharnés fermement décidés à ne pas se comprendre, emportés par des mots qui les égarent bien au-delà du raisonnable. En trois coups de cuillère à pot et à peine deux répliques, le quotidien bascule dans le fantastique, l&#8217;ordre cède la place au chaos le plus hilarant.</em></span> »</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #008000;"><strong>Mon avis :</strong></span> Que cela put me faire plaisir que d’être en ce théâtre ce soir là ! Premier soir de l’heure d’hiver, tristesse et mélancolie dans l’air et voici les deux doux-dingues de <span style="color: #ff6600;">Morel</span> et<span style="color: #ff6600;"> Gamblin</span><span style="color: #008000;"> </span>qui vous embarquent vers la folie d’un langage décortiqué jusqu’à l’absurde et d’une mise en situation des plus loufoques. Un théâtre qui mise sur la pertinence du duo comique. Et ça marche.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.plebe-web.com/wp-content/uploads/2008/10/diablogues02.jpg"><img class="alignright size-full wp-image-1306" style="float: right; margin: 5px;" title="diablogues02" src="http://www.plebe-web.com/wp-content/uploads/2008/10/diablogues02.jpg" alt="" width="271" height="205" /></a>Les diablogues, c’est une série de saynètes de théâtre mettant en scène 2 personnages, sans nom, sans passé, presque sans contexte, semblant débarqués là, ne comprenant ce qui leur arrive, et qui ne s’en étonnent même pas. Ce texte s’inspire du théâtre de l’absurde issu des années 50, d’un <span style="color: #008000;">Ionesco</span>, d’un <span style="color: #008000;">Beckett</span>…</p>
<p style="text-align: justify;">Et pourtant, il y a de la légèreté, une fausse simplicité trompeuse. On pourrait croire à de l’anecdotique empilé, de jeux de mots et d’associations d’idées faciles. Il n’en est rien. C’est la force du texte que de donner cette impression de logique à ce qui en a pourtant si peu.</p>
<p style="text-align: justify;">Bien sûr, c’est le talent des deux acteurs qui fait prendre la sauce. Si on est habitué à voir François Morel dans ce personnage, décalé, dans un autre monde, mimique amusée, et qu’il interprète parfaitement, c’est Jacques Gamblin qui m’a le plus supris. Je ne m’attendais pas à le trouver dans un tel rôle et j’ai bien tort : il excelle dans son personnage. Expressivité du visage, une palette des sentiments très large, un corps souple qui se joue des péripéties et acrobaties (la scène dans l’armoire, l’alpiniste…), en un mot : un régal.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.plebe-web.com/wp-content/uploads/2008/10/diablogues01.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-1307" style="float: left; margin: 5px;" title="diablogues01" src="http://www.plebe-web.com/wp-content/uploads/2008/10/diablogues01.jpg" alt="" width="256" height="196" /></a>D’ailleurs les deux acteurs ont ce talent, outre l’incongruité de leur langage, de mettre en avant certaines parties de leurs corps. En moins de temps qu’il n’en faut pour le dire, certains de leurs membres sont perçus différemment, étrangers, presque ennemis. C’est une véritable prouesse d’acteur. Notamment de la part de Jacques Gamblin lorsque, pianiste, il regarde ses mains, ou bien encore son pied ou son genou dans une autre scène. On perçoit une altérité insoupçonnée quelques instants encore auparavant.</p>
<p style="text-align: justify;">La mise en scène d’<span style="color: #ff6600;">Anne Bourgeoi</span>s est une petite merveille de fluidité. Aucun temps mort dans les changements de décor, on est amené de la manière la plus logiquement absurde à la scène suivante. La lumière et le décor sont d’ailleurs à l’unisson : tantôt clairs, pâles, ou franchement lumineux, à la limite du merveilleux parfois ou carrément santa clausesque ! la musique accompagne le tout discrètement.</p>
<p style="text-align: justify;">Un vrai divertissement, de qualité. Peut-être quelques textes moins drôles et mémorables, qui laissent un petit goût de perfectibilité, mais ce n’est que pour pinailler.</p>
<p style="text-align: justify;">Cerise sur le gâteau, on entend François Morel entamer la chansonnette à quelques reprises.</p>
<p style="text-align: center;"> </p>
<div><object classid="clsid:d27cdb6e-ae6d-11cf-96b8-444553540000" width="420" height="339" codebase="http://download.macromedia.com/pub/shockwave/cabs/flash/swflash.cab#version=6,0,40,0"><param name="allowFullScreen" value="true" /><param name="allowScriptAccess" value="always" /><param name="src" value="http://www.dailymotion.com/swf/kJecFCZt7UHlBALdUb" /><embed type="application/x-shockwave-flash" width="420" height="339" src="http://www.dailymotion.com/swf/kJecFCZt7UHlBALdUb" allowscriptaccess="always" allowfullscreen="true"></embed></object><br />
<strong><a href="http://www.dailymotion.com/swf/kJecFCZt7UHlBALdUb">Les Diablogues</a></strong><br />
<em>par <a href="http://www.dailymotion.com/WebTV_du_Rond-Point">WebTV_du_Rond-Point</a></em></div>
<p style="text-align: justify;">de <span style="color: #ff6600;">Roland Dubillard</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">mise en scène</span> <span style="color: #ff6600;">Anne Bourgeois</span></p>
<p style="text-align: justify;">avec <span style="color: #ff6600;">Jacques Gamblin</span> et <span style="color: #ff6600;">François Morel</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">assistante à la mise en scène</span> Marie Heuzé</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">direction technique</span> Pascal Araque décor Edouard Laug</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">lumières</span> Laurent Béal</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">costumes</span> Isabelle Donnet son Jacques Cassard</p>
]]></content:encoded>
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		<item>
		<title>Balzac : financiers et crises de foi _ Cynisme et philosophie</title>
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		<pubDate>Tue, 28 Oct 2008 01:13:44 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Noëlle</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[La plèbe d'en bas]]></category>

		<category><![CDATA[Littérature]]></category>

		<category><![CDATA[Balzac]]></category>

		<category><![CDATA[économie]]></category>

		<category><![CDATA[roman]]></category>

		<category><![CDATA[textes en ligne]]></category>

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		<description><![CDATA[
Actes et discours : d&#8217;un côté l&#8217;Histoire de la grandeur et de la décadence de César Birotteau – le titre parle de lui-même ; de l&#8217;autre, d&#8217;élégants dîneurs faisant assaut d&#8217;esprit dans un discours qui ne manque pas de sel. On y découvre certes l&#8217;origine de la fortune de Rastignac, et l&#8217;histoire de La Maison Nucingen. On [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><img style="vertical-align: text-top; margin: 5px;" src="http://www.plebe-web.com/wp-content/uploads/2008/10/102808-0113-balzacfinan1.jpg" alt="" width="287" height="254" align="left" /></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: Tahoma;">Actes et discours : d&#8217;un côté <em>l&#8217;Histoire de la grandeur et de la décadence de César Birotteau </em>– le titre parle de lui-même ; de l&#8217;autre, d&#8217;élégants dîneurs faisant assaut d&#8217;esprit dans un discours qui ne manque pas de sel. On y découvre certes l&#8217;origine de la fortune de Rastignac, et l&#8217;histoire de <em>La Maison Nucingen</em>. On y palabre aussi beaucoup, on débat, on se contredit. On n&#8217;aboutit pas, mais est-il meilleur sujet de <span style="font-family: tahoma,arial,helvetica,sans-serif;">fiction que</span> l&#8217;économie fictive ?</span></p>
<p><span style="font-family: Tahoma;"><br />
</span></p>
<p style="text-align: center;"><span style="color: #ff6600; font-family: Verdana;"><strong><span style="font-family: verdana,geneva;">Spéculation immobilière</span><br />
</strong></span>
</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: Tahoma;">César Birotteau, parfumeur, est riche, et décoré. De quoi attiser son ambition… et appâter quelques peu scrupuleuses connaissances. À Claparon, dans le rôle du tentateur, de lui faire partager son enthousiasme pour la spéculation, définie de manière toute lapidaire : tondre le public. Et des relents de poujadisme dont je ne jurerais pas que certain discours pas si anciens aient été parfaitement dénués.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: Book Antiqua;">—Tondez le public, entrez dans la Spéculation.<br />
</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: Book Antiqua;">—La spéculation ? dit le parfumeur, quel est ce commerce ?<br />
</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: Book Antiqua;">— C&#8217;est le commerce abstrait, reprit Claparon, un commerce qui restera secret pendant une dizaine d&#8217;années encore, au dire du grand Nucingen, le Napoléon de la finance, et par lequel un homme embrasse les totalités des chiffres, écrème les revenus avant qu&#8217;ils n&#8217;existent, une conception gigantesque, une façon de mettre l&#8217;espérance en coupes réglées, enfin une nouvelle Cabale ! Nous ne sommes encore que dix ou douze têtes fortes initiées aux secrets cabalistiques de ces magnifiques combinaisons.<br />
</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: Book Antiqua;">César ouvrait les yeux et les oreilles en essayant de comprendre cette phraséologie composite.<br />
</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: Book Antiqua;">— Écoutez, dit Claparon après une pause, de semblables coups veulent des hommes. Il y a l&#8217;homme à idées qui n&#8217;a pas le sou, comme tous les gens à idées. Ces gens-là pensent et dépensent, sans faire attention à rien. Figurez-vous un cochon qui vague dans un bois à truffes ! Il est suivi par un gaillard, l&#8217;homme d&#8217;argent, qui attend le grognement excité par la trouvaille. Quand l&#8217;homme à idées a rencontré quelque bonne affaire, l&#8217;homme d&#8217;argent lui donne alors une tape sur l&#8217;épaule et lui dit : Qu&#8217;est-ce que c&#8217;est que ça ? Vous vous mettez dans la gueule d&#8217;un four, mon brave, vous n&#8217;avez pas les reins assez forts ; voilà mille francs, et laissez-moi mettre en scène cette affaire. Bon ! le banquier convoque les industriels. Mes amis, à l&#8217;ouvrage ! des prospectus ! la blague à mort ! On prend des cors de chasse et on crie à son de trompe : Cent mille francs pour cinq sous ! ou cinq sous pour cent mille francs, des mines d&#8217;or, des mines de charbon. Enfin tout l&#8217;<em>esbrouffe (1)</em> du commerce. On achète l&#8217;avis des hommes de science ou d&#8217;art, la parade se déploie, le public entre, il en a pour son argent, la recette est dans nos mains. Le cochon est chambré sous son toit avec des pommes de terre, et les autres se chafriolent (2) dans les billets de banque. Voilà, mon cher monsieur. Entrez dans les affaires. Que voulez-vous être ? cochon, dindon, paillasse ou millionnaire ? Réfléchissez à ceci : je vous ai formulé la théorie des emprunts modernes. Venez me voir, vous trouverez un bon garçon toujours jovial.<br />
</span></p>
<p style="text-align: right;"><span style="font-family: Times New Roman;">BALZAC, Honoré de. <em>Histoire de la grandeur et de la décadence de César Birotteau</em> [En ligne]. Paris : Furne, 1844.<br />
</span></p>
<p style="text-align: right;"><span style="font-family: Times New Roman;">[Consultation du 24 septembre 2008].<br />
</span></p>
<p style="text-align: right;"><span style="font-family: Times New Roman;">Disponible sur internet : <a href="http://www.paris.fr/musees/balzac/furne/presentation.htm">http://www.paris.fr/musees/balzac/furne/presentation.htm</a><br />
</span></p>
<p style="text-align: justify">
<p style="text-align: center;"><span style="color: #ff6600; font-family: verdana,geneva;"><strong>Le pâté aux truffes : valeurs fictives<br />
</strong></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: Tahoma;">Très didactique, Bixiou dresse un éclairant parallèle avec des « petits pâtés » pour nous expliquer le principe des valeurs fictives. Et l&#8217;on en vient bien vite à parler politique et vertu… <em>&#8220;Voilà les vrais principes de l&#8217;âge d&#8217;or où nous vivons ! &#8220;</em><br />
</span></p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: Book Antiqua;">— Blondet vous a dit en gros les deux premières liquidations de Nucingen, voici la troisième en détail, reprit Bixiou. Dès la paix de 1815, Nucingen avait compris ce que nous ne comprenons qu&#8217;aujourd&#8217;hui : que l&#8217;argent n&#8217;est une puissance que quand il est en quantités disproportionnées. Il jalousait secrètement les frères Rostchild(3). Il possédait cinq millions, il en voulait dix ! Avec dix millions, il savait pouvoir en gagner trente, et n&#8217;en aurait eu que quinze avec cinq. Il avait donc résolu d&#8217;opérer une troisième liquidation ! Ce grand homme songeait alors à payer ses créanciers avec des valeurs fictives, en gardant leur argent. Sur la place, une conception de ce genre ne se présente pas sous une expression si mathématique. Une pareille liquidation consiste à donner un petit pâté pour un louis d&#8217;or à de grands enfants qui, comme les petits enfants d&#8217;autrefois, préfèrent le pâté à la pièce, sans savoir qu&#8217;avec la pièce ils peuvent avoir deux cents pâtés.<br />
</span></p>
<p style="text-align: justify;"><img src="http://www.plebe-web.com/wp-content/uploads/2008/10/102808-0113-balzacfinan2.gif" alt="" align="right" /><span style="font-family: Book Antiqua;">— Qu&#8217;est-ce que tu dis donc là, Bixiou ? s&#8217;écria Couture, mais rien n&#8217;est plus loyal, il ne se passe pas de semaine aujourd&#8217;hui que l&#8217;on ne présente des pâtés au public en lui demandant un louis. Mais le public est-il forcé de donner son argent ? n&#8217;a-t-il pas le droit de s&#8217;éclairer ?<br />
</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: Book Antiqua;">— Vous l&#8217;aimeriez mieux contraint d&#8217;être actionnaire, dit Blondet.<br />
</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: Book Antiqua;">— Non, dit Finot, où serait le talent ?<br />
</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: Book Antiqua;">— C&#8217;est bien fort pour Finot, dit Bixiou.<br />
</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: Book Antiqua;">— Qui lui a donné ce mot-là, demanda Couture.<br />
</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: Book Antiqua;">— Enfin, reprit Bixiou, Nucingen avait eu deux fois le bonheur de donner, sans le vouloir, un pâté qui s&#8217;était trouvé valoir plus qu&#8217;il n&#8217;avait reçu. Ce malheureux bonheur lui causait des remords. De pareils bonheurs finissent par tuer un homme. Il attendait depuis dix ans l&#8217;occasion de ne plus se tromper, de créer des valeurs qui auraient l&#8217;air de valoir quelque chose et qui&#8230;<br />
</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: Book Antiqua;">— Mais, dit Couture, en expliquant ainsi la Banque, aucun commerce n&#8217;est possible. Plus d&#8217;un loyal banquier a persuadé, sous l&#8217;approbation d&#8217;un loyal Gouvernement, aux plus fins boursiers de prendre des fonds qui devaient, dans un temps donné, se trouver dépréciés. Vous avez vu mieux que cela ! N&#8217;a-t-on pas émis, toujours avec l&#8217;aveu, avec l&#8217;appui des Gouvernements, des valeurs pour payer les intérêts de certains fonds, afin d&#8217;en maintenir le cours et pouvoir s&#8217;en défaire. Ces opérations ont plus ou moins d&#8217;analogie avec la liquidation à la Nucingen.<br />
</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: Book Antiqua;">—En petit, dit Blondet, l&#8217;affaire peut paraître singulière ; mais en grand, c&#8217;est de la haute finance. Il y a des actes arbitraires qui sont criminels d&#8217;individu à individu, lesquels arrivent à rien quand ils sont étendus à une multitude quelconque, comme une goutte d&#8217;acide prussique devient innocente dans un baquet d&#8217;eau. Vous tuez un homme, on vous guillotine. Mais avec une conviction gouvernementale quelconque, vous tuez cinq cents hommes, on respecte le crime politique. Vous prenez cinq mille francs dans mon secrétaire, vous allez au Bagne. Mais avec le piment d&#8217;un gain à faire habilement mis dans la gueule de mille boursiers, vous les forcez à prendre les rentes de je ne sais quelle république ou monarchie en faillite, émises, comme dit Couture, pour payer les intérêts de ces mêmes rentes : personne ne peut se plaindre. Voilà les vrais principes de l&#8217;âge d&#8217;or où nous vivons !<br />
</span></p>
<p style="text-align: right;"><span style="font-family: Times New Roman;">BALZAC, Honoré de. <em>Histoire de la grandeur et de la décadence de César Birotteau</em> [En ligne]. Paris : Furne, 1842.<br />
</span></p>
<p style="text-align: right;"><span style="font-family: Times New Roman;">[Consultation du 24 septembre 2008].<br />
</span>
</p>
<p style="text-align: right;"><span style="font-family: Times New Roman;">Disponible sur internet : <a href="http://www.paris.fr/musees/balzac/furne/presentation.htm">http://www.paris.fr/musees/balzac/furne/presentation.htm</a></span></p>
<div><span style="font-family: Times New Roman;">NOTES :1 :<em>esbrouffe</em> est utilisé comme masculin par Balzac, et indiqué comme tel chez Littré (1892) et Guérin.</span></div>
<div><span style="font-family: Times New Roman;">2 : <em>se chafrioler : </em>se délecter</span></div>
<p style="text-align: justify;">3: et en effet, contrairement à l&#8217;avis couramment répandu, ce n&#8217;est pas Rotschild qui a servi de modèle au personnage du baron de Nucingen, mais Achille Fould, banquier tout aussi puissant. Sur les liens entre les Fould et Balzac, et pour plus de détails, cf. la préface par Anne-Marie Meininger de <em>La Maison Nucingen</em> en Folio.</p>
<p style="text-align: left;">
<p style="text-align: center"><a href="http://www.plebe-web.com/la-plebe-den-bas/balzac-effeuille-demandez-le-programme"><img src="http://www.plebe-web.com/wp-content/uploads/2008/10/102808-0113-balzacfinan3.gif" border="0" alt="" /></a><a href="http://www.plebe-web.com/la-plebe-den-bas/balzac-effeuille-demandez-le-programme"><span style="font-family: Times New Roman;"><br />
</span></a></p>
<p style="text-align: center"><span style="font-family: Times New Roman;"><a href="http://www.plebe-web.com/la-plebe-den-bas/balzac-effeuille-demandez-le-programme">Dossier Balzac</a><br />
</span></p>
]]></content:encoded>
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		<title>Hadouk trio à l’alhambra, JVC Jazz Festival, le 18 octobre 2008</title>
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		<pubDate>Wed, 22 Oct 2008 09:20:58 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Arnaud</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Concerts]]></category>

		<category><![CDATA[Plebber]]></category>

		<category><![CDATA[concert]]></category>

		<category><![CDATA[fusion]]></category>

		<category><![CDATA[Jazz]]></category>

		<category><![CDATA[world]]></category>

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		<description><![CDATA[Une première pour ma part dans cette salle de l’Alhambra. Belle salle, bien accueilli par le partenariat de la salle par TCM (passons sur Métro et Figaroscope…), la salle est complète, plus un strapontin de libre. Public hétéroclite, composé de spécialistes, connaisseurs et personnes recommandées par des tiers.
Mon avis : Hadouk trio fait parti de [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.plebe-web.com/wp-content/uploads/2008/10/hadouk_trio.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-1274" style="float: left; margin: 5px;" title="hadouk_trio" src="http://www.plebe-web.com/wp-content/uploads/2008/10/hadouk_trio.jpg" alt="" width="247" height="180" /></a>Une première pour ma part dans cette salle de l’Alhambra. Belle salle, bien accueilli par le partenariat de la salle par TCM (passons sur Métro et Figaroscope…), la salle est complète, plus un strapontin de libre. Public hétéroclite, composé de spécialistes, connaisseurs et personnes recommandées par des tiers.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong><span style="color: #008000;">Mon avis :</span></strong> <span style="color: #ff6600;"><strong>Hadouk trio</strong></span> fait parti de ces groupes qui m’inspirent dans ma musique et qui m’accompagnent dans mes voyages musicaux, mes moments d’évasion. Alors, autant dire qu’en concert, je m’attends à retrouver ces sensations, où le fragile équilibre de la vibration sonore atteint le point de l’émotion partagée et intense.</p>
<p style="text-align: justify;">Ce fut réussi. Toujours aussi peu diserts sur leur musique les membres du groupe semblent s’isoler pour mieux se retrouver. Ils savent par instinct et expérience qui reprendra quoi et où. Un début, sans mots, où ils entament le tour des titres de leur dernier album avec quelques « standards » de leurs précédents (dont les fameux &#8220;<span style="color: #ff6600;">Barca Solaris&#8221;</span>, &#8220;<span style="color: #ff6600;">Zeff&#8221;</span>,…).</p>
<p style="text-align: justify;">Deux heures de spectacle qui coulent, bercées des sonorités du monde entier. Hadouk trio, pour ceux qui ne connaissent pas vraiment, c’est du jazz world fusion, si on devait mettre une étiquette. Mais ils la transcendent, car ils habitent leur musique par leur interprétation, leur histoire et leur improvisation.</p>
<p style="text-align: justify;">On navigue du jazz, à la musique africaine, orientale, à la bossa, à la salsa… des instruments à vents d’origines diverses de <span style="color: #008000;"><strong>Didier Malherbe</strong> </span>(qui a joué avec <span style="color: #ff6600;">Gong</span>, <span style="color: #ff6600;">Pierre Bensusan</span>,…), des percussions variées de <strong><span style="color: #008000;">Steve Sheehan</span></strong> (qui joue beaucoup de musiques traditionnelles du monde) et un clavier de <span style="color: #008000;"><strong>Loy Ehrlich</strong> </span>toujours aussi éclectique (du piano électrique Fender Rhodes des années 70 aux tambours du gamelan et autres nappes synthétiques) mais aussi de la Kora, je crois, avec sa basse africaine.</p>
<p style="text-align: justify;">Que dire de plus, cela s’écoute, s’apprécie et se savoure. Si on écoute leur enregistrement <em><span style="color: #008000;">Live à Fip</span></em>, sorti en 2004, on a l’idée la plus juste de ce qu’est Hadouk trio en concert : incroyablement fin, intelligent, sensible et rare. Ils synthétisent une certaine idée de la fusion. Sans compter le sens du visuel et du show, à l’instar de Malherbe et ses toupies valses aux conséquences sonores et tactiles imprévisibles.</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.plebe-web.com/wp-content/uploads/2008/10/hadouk-trio.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-1273" title="hadouk-trio" src="http://www.plebe-web.com/wp-content/uploads/2008/10/hadouk-trio.jpg" alt="" width="500" height="375" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">Toutefois, malgré l’enthousiasme de la salle, on pouvait sentir un peu de retenue, peut être due au cadre un peu intimidant et le solennel de la rencontre du JVC Jazz Festival. On ne fut pas toujours sur des improvisations débridées et qui prennent le temps à chaque titre (le &#8220;<span style="color: #ff6600;">Barca Solaris&#8221;</span> notamment). On pouvait regretter également le temps pris entre les morceaux, certes nécessaire, mais qui brisait l’homogénéité de l’ensemble. Mais ce ne sont que peu de choses comparées à l&#8217;excellence de la prestation.</p>
<p style="text-align: justify;">Et que dire de ces rappels mérités et réclamés (par exemple ce titre mélange de sonorités laotiennes, rythmiques groove-dub, et percussions sud américaines et africaines), dont le dernier absolument imprévu et interprété toutes lumières de la salle allumées, public debout dont une partie dans le hall, vestes sur le dos ?</p>
<p style="text-align: justify;">Que c’est Hadouk trio ; leur humilité et l’amour de la musique vous font changer votre façon de percevoir et vivre la musique…</p>
]]></content:encoded>
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