Allez voter !
Par Gio879 • 14 jan, 2007 • Catégorie: La plèbe d'en bas, Société •
La dépolitisation des Français est devenue un véritable phénomène de société, qui tendrait à se répandre chez nos voisins Européens, y compris chez ceux qui, il n’y a pas si longtemps, se sont battus pour obtenir le droit de vote. Y-a-t-il une solution à ce mal ?
Cela fait déjà plusieurs mois que les médias et artistes en tout genre nous ressassent sans relâche: ALLEZ VOTER!!! Belles paroles, belle éthique, mais que faut-il faire donc! Le cours de l’histoire est entre vos mains, nous dit-on. Le vote est le meilleur préservatif contre la connerie nous promet-on.
C’est bien beau tout ça, en admettant que je ne votais pas avant car je ne m’identifie à aucun politique ou bien encore qu’aucun programme ne me satisfait réellement ; pour résumer, tous des menteurs ou des assoiffés de pouvoir, les politiques n’ont que faire de nos avis et besoins
Dans ce cas de figure puisque qu’il faut voter, que faire ? Quelle est la bonne alternative ?
Vote blanc si tu ne sais pas qui choisir, me dit le tout populo cité plus haut
Voter blanc, ok, mais ça nous sert à quoi ?
Même si, effectivement, le vote blanc n’est pas pris en compte dans les suffrages exprimés, il est important de préciser qu’il bénéficie, pour la première fois depuis les dernières élections régionales, d’un premier degré de reconnaissance. En effet, le 30 janvier 2003, les députés ont adopté une loi précisant que, désormais, les votes blancs sont comptés séparément des bulletins nuls.
Le premier article de cette loi contient la mention suivante (les gras sont ajoutés) :
«Les bulletins blancs sont décomptés séparément et annexés au procès-verbal. Ils n’entrent pas en compte pour la détermination des suffrages exprimés, mais il en est fait mention dans les résultats des scrutins.»

Super, on est comptabilisé et en même temps j’ai rempli mon devoir civique, mais en aucun cas je n’influe sur l’issue du vote ; à quoi bon, finalement, voter blanc ou ne pas voter, le résultat sera toujours le même: un blaireau ou sa femelle sur le trône tant convoité.
La prise en compte du vote blanc comme suffrage exprimé imposerait de redéfinir le quorum de validité des consultations, les seuils de passage au second tour, et d’élection, dans les différents types de scrutins. Il conviendrait également de définir un taux de votes blancs impliquant un report de la consultation. En effet, si un grand nombre d’électeurs manifestent ainsi leur incapacité à se prononcer en faveur de l’une des possibilités offertes, il faut laisser un certain temps (2 mois par exemple) pour permettre à l’offre politique de se réorganiser, et aux candidats de mieux s’expliquer. Ce taux ne serait plus pertinent lors de la deuxième consultation.
De manière plus claire, il s’agirait de voter blanc, si aucun des candidats n’est en mesure de représenter vos propres idées et orientations politiques. Est-il constructif de s’appuyer sur des chiffres virtuels, et d’être toujours élu à 51% quand peut-être seulement 30 ou 40 % des électeurs vous suivent ? Le vote blanc constitue un baromètre objectif utile à la classe politique elle-même.
D’après un sondage réalisé par le Centre d’études et de connaissances sur l’opinion publique (CECOP) en avril 1998, il apparaît que la part de votes blancs serait passée de 5% à 27% si des bulletins blancs avaient été proposés lors des élections de mars 1998. Cela eût été, c’est vrai, une gifle pour la classe politique traditionnelle. Surtout, paraît-il, pour le Front National qui aurait chuté de 15% à 8% en perdant son rôle de parti contestataire. Un bon moyen de lutter contre ce parti dans les faits, et pas seulement dans les dires … Le sondage indique également que, d’après les Français, la reconnaissance du vote blanc ferait diminuer l’abstention, ne rendrait pas plus difficile le fonctionnement démocratique et qu’une majorité d’entre eux (62%) y est favorable. Comment dans ces conditions se fait-il qu’elle n’ait pas encore eu lieu?
Je n’ai jamais voté blanc, mais si une chose m’exaspère, c’est bel est bien d’être obligé de voter pour le “moins pire”, faute de choix. Nombreux nous disent que 2002 ne doit pas se reproduire. La reconnaissance et la comptabilisation des votes blancs existent différemment en Belgique et en Suède. Elles permettent aux électeurs d’exprimer démocratiquement leur désaccord sur un choix référendaire, ou leur refus des candidats qui sont proposés en évitant les votes de pure contestation en faveur de partis extrêmistes, comme on le voit aujourd’hui en France.
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