Balzac
BALZAC EFFEUILLE : DEMANDEZ LE PROGRAMME
J’avoue que l’image peut laisser songeur, mais guère faire rêver. On a quelque mal à imaginer un Balzac en petite tenue à froufrous. Un hippopotame en tutu, peut-être.
Pourtant, quelle jouissance que d’égrener page à page l’œuvre de ce jouisseur sans entraves ! Oh, je sais. Notre grand homme est bien poussiéreux. Il sent la classe, la sueur rance de cerveaux pressés sous quelque incompréhensible nécessité et le respect contrit, ou le lent téléfilm remarquable d’ennui par sa soigneuse reconstitution. Au mieux, si ce n’est au pire, l’exaltation de quelques illuminés.
Balzac est trop dense, trop abondant, trop installé, en un mot trop gras pour être sexy. Quel dommage, pourtant ! Il a la vue perçante et la plume vigoureuse. Les portraits et les situations qu’il croque n’ont rien perdu de leur mordant. J’entreprends donc de lui faire subir un régime drastique, et d’en prélever les meilleurs morceaux. « Florilège » parfaitement subjective, qui lorgnera un brin du côté de l’actualité, histoire de. L’ambition en est à la fois excessive, et minime : que, parmi les textes qui seront peu à peu réunis ici, l’un réussisse à vous étonner, à vous amuser ou à vous séduire.
Le principe en sera simple : un ou deux extraits par semaine. Je les accompagnerai bien d’un petit texte, selon l’humeur et le texte du jour. Mais ce sera sommaire, introduction plus qu’explication, au gré d’une anecdote ou d’une mise en parallèle.
L’entreprise elle-même peut paraître un peu vaine, mais je trouve tout de même presque légitime cette espèce de retour au source. Après tout, les romans de Balzac paraissait de son temps en feuilletons, dans les journaux. Il s’en plaignait, certes, et ne cessait de critiquer le cahier des charges que ce mode de parution créa peu à peu : du sensationnel à chaque page, pour tenir le lecteur en haleine, et l’inciter à s’abonner. Ça le rendait amer. Et pour cause ! Du coup, Eugène Sue et sesMystères de Paris lui volait la vedette. Et les contrats. Nul doute que de nos jours, éreinter internet aurait été un de ses sports favoris. En même temps qu’il en aurait toutes les ressources possibles.
Bon, cette idée de « parution » régulière n’est peut-être pas seulement inepte, après tout. Il y aura certainement les textes attendus, « morceaux d’anthologie » ; d’autres moins connus, de la Comdédie humaine, mais aussi des Contes drôlatiques, largement méconnus. Et vos commentaires et suggestions seront les bienvenus.
Mais trêves de bavardages. Vous retrouverez sur cette page la liste des extraits à venir ou déjà en ligne sur la Plèbe.
Textes en ligne
Financiers et crise de foi 1 : Melmoth réconcilié
Financiers et crise de foi 2 : cynisme et philosophie (La Maison Nucingen, Histoire de la grandeur et de la décadence de César Birotteau)
Financiers et crise de foi 3 : Théorie, magouille et luttes intestines (La Maison Nucingen)
Cette section regroupe des incursions, presque aléatoires, dans l’univers d’autres écrivains.
