Je ne vous aime pas
Par Arnaud • 30 juin, 2008 • Catégorie: EDITO, La plèbe d'en bas •
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Pas que je vous déteste, ni que je vous haïsse. Non, je ne vous aime pas. Plus ? Oui, aussi…
La plaine aride du désert de vie. Ennui et mélancolie associés main dans la main. France, pays de la lumière éteinte, pays de l’imbécilité reine, où Carlita veille sur le bon grain des cerveaux couillus de la pine présidentielle. Force de travail aliénante à la mode Dassault relayée dans sa médiocrité médiatique par les chiens de garde de la conscience et du bon sens. “C’est la vie, c’est comme ça, et puis c’est tout”, démocratie du pouvoir au peuple, entraînée par la masse de la survie consentie et consentante (la masse).
Nullité engaillardie de la résignation, fumier des fumiers de la société. Qui ça donc ? Ben voyons !
Nous… enfin, vous surtout !
Vivre, travailler, aimer, manger, boire, baiser, mentir… tous les beaux verbes des 3 groupes de l’infinitif, sont les mirages de nos sensations. De quel abruti raisonnement parvenons-nous encore à lever nos cerveaux embrumés chaque matin ? Quid de vivre dans cette atmosphère nauséabonde de la putréfaction humaine ?
Notre organisation sociale, à valeur “progrès humaniste” déposée, enferme l’individu dans son égoïsme. Marche effrénée vers l’avant, politique de l’autruche, de l’impossibilité de penser et faire autrement. De la pensée unique à la solution unique, victoire cynique du libéralisme.
Qu’est ce que je raconte, me direz-vous, suite à la lecture de ces phrases dénuées de lien et de sens ?
Simplement l’idée que m’inspire de vivre ici, en ce bas monde, à vos côtés. Je ne vous aime pas. J’ai dû vous avoir aimé, enfin je crois. Je ne vous aimerai plus, ça c’est sûr.
J’ai ri avec vous, me suis amusé avec certains, joui de la volupté charnelle avec d’autres, engueulé avec beaucoup d’entre vous. Mais c’est fini. Vous m’indifférez le plus clair du temps, me courroucez (encore) parfois. Votre attitude prévenante pue le relent putride de vos illusions perdues. Même Colgate ne peut rien pour vous, c’est dire…
Je ne vous aime pas donc. Vous êtes lâches, idiots, stupides et admirablement cons. Votre connerie n’a d’ailleurs d’égale que les salaires des grands patrons du CAC 40 : c’est à dire exponentielle et indifférente des résultats de leur entreprise.
Vous jouissez sans entraves de votre liberté larvaire : baisez-vous, reproduisez-vous, achetez-vous, conversez-vous si vous ne regardez pas que TF1, cultivez-vous pour les plus prétentieux de l’élite intellectuelle… enfin bref, vivez de tout votre saoul, et de votre toute puissance ridiculement puérile.
Prononcez de grands discours. Tentez de convaincre vos congénères. Travaillez. Etudiez… faites ce que l’on attend de votre vie. Imaginez-vous contrer la mort par votre vie d’emprunt. Estimez pouvoir dominer la résignation fatale (ô destin tragique qui s’abat sur l’homme) de votre mode de vie. Faites comme si l’argent n’était pas que votre unique salut de survie. Sacrifiez-lui vos espoirs, vos attentes, votre bonté, votre génie, votre amour. L’individualisme a tué l’individu, laissant votre coquille morte empester de mort le monde des vivants.
D’ailleurs, vous êtes des morts-vivants. Vous puez l’asticot déjectant la pourriture de votre chair. Votre sourire dévoile l’abyssale faucheuse de votre conscience d’un blanc de linceul.
Je ne vous aime vraiment pas. Vous êtes consternants de sérieux. Ridicules de vos plaisirs empruntés. Vous êtes mauvais, bouffis de vos mensonges mis à la gloire de la vérité de l’instant présent. Vous êtes malades de vos absolus piétinés auxquels vous n’avez jamais osé donner souffle de vie.
Alors continuez, rigolez, barbotez à la plage, remettez à demain ce que vous ne ferez pas après demain. Maudissez la rentrée et sa cohorte de litanies financières et psychologiquement déprimantes, Servan Schreiber sera là pour vous conforter de toute façon.
Soyez rassurés, vous avez toujours votre conscience. Oui, elle est très belle. Vanitas, vanitatum, regardez vos miroirs, ils vous reflètent votre joie de vivre carnassière.
Vous avez élu Sarkozy président.
…
Oui, vraiment, je ne vous aime pas.
Arnaud est Fondateur, webmaster et surtout rédac' chef du site, il est celui qui chapeaute et coordonne tout ce qui s'y passe. Il est là pour essuyer vos mécontentements, vos râles et autres reproches.
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Mais, si jamais vous aigrir l’estomac et le cœur d’amère bile mal digérée mêlée à de subtiles arguties ne vous dit rien :
bonnes vacances !
Bon, nous sommes trois a ne plus vous aimer….. A trois on peut se reproduire, creer un état independant, refuser de sauter de joie a une victoire de l’equipe de France ou a la liberation d’une otage sarko-ecolo-colombo-humano-française, dire haut et fort notre aversion pour la formule “travail=argent=bonheur”, que la meme la gauche du PS est de droite, enfin, nous sommes libre de ne pas penser comme vous ni de nous comporter comme des moutons de panurge qui votent aux presidentielles comme a la nouvelle star….. sur les memes criteres.
Je ne vous souhaite pas, pour ma part, de bonnes vacances.
Et bien, moi je vous souhaite de partir en vacances, mais loin, très loin même. De préférence sur l’une des surfaces du globe menacées par la montée des eaux dans les années à venir, regardez bien, je suis sûr qu’il existe un tour opérator peu scrupuleux en mesure de vous dégoter un paradis low cost à la hauteur de vos attentes, mais si, mais si ! vous ne suivez jamais les recommandations de M6 ??? A qui ferez vous croire cela? (j’ai bien vu la déco du salon… à d’autres!)
Comme il vous semblera loin votre confortable fauteuil simili cuir Ikéa dans lequel vous vous prélassiez jadis d’une semaine de labeur fièrement gagnée, déblatérant sur les fainéants , les fonctionnaires, les chômeurs, les immigrés, les femmes, et ce connard d’animateur télé “que j’suis sûr qui travaille même pas la moitié du temps que moi et qu’il a une paye de ministre ce salopard”…
Il sera loin le temps des courses le samedi après midi dans les allées bondés du centre commercial régionale, fini les pré-écoutes au rayon “nouvelle scène Française” de la Fnac, où vous restiez des heures à vous abrutir des playlists les plus pompeuses qui passaient déjà en boucle sur les ondes de vos radios favorites.
Arrivera bien le jour où le dernier des Sarozystes finira noyé, conspué par une foule en rogne, les laissés pour compte du progrès en marche, les grêvistes moqués, les victimes des centres de rétention, les intermittents du spectacle, le personnel hôspitalier, les greffiers anti-Rachida-Datistes, les pêcheurs, les routiers, les enseignants, les pauvres, les autres, nous…
Bien sur, j’aurai bien une dernière pensée pour vous…
Mais ce sera en tirant la chasse.