La plèbe

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Le non du non

 Depuis que le non est donné gagnant dans les sondages pour le prochain référendum censé entériner la constitution européenne, le débat prend de nouvelles tournures. Les tenants du non, qui ne savaient à quelle sauce ils seraient mangés, suite à l’avis du CSA ne réclamant aucune recommandation ou obligation des chaînes de télé pour la tenue du débat, s’en trouvent revigorés. C’est en effet un signe de la démocratie et de la prise en compte des différentes opinions. Enfin…

Depuis quelques mois se pose la question : que répondre au prochain référendum sur la constitution européenne ? Les avis sont partagés, et mes convictions loin d’être affirmées, même si le penchant se situe plutôt du côté du oui. Pour avoir suivi de plus ou moins près le déroulement et l’élaboration de cette constitution, il me semblait, au gré des différents avis et autres opinions exprimés par des européens convaincus (pour la plupart non-français, ça se saurait si les Français s’y connaissaient en politique européenne), que le pas en avant vers plus de dialogue et démocratie serait un oui à cette constitution. Tous stipulaient l’insuffisance et les manques à cette constitution, mais il n’en restait pas moins une avancée et surtout la fin du traité de Nice en cours, si désastreux et pour le coup entièrement marqué par la griffe économique libérale. Certes, l’unanimité serait institutionnalisée dans la prochaine constitution, mais il en a toujours été ainsi au long des traités. Mais passons sur les éléments du débat, pour ce jour, le sujet n’est pas là, et nous aurons l’occasion d’y revenir dans les jours et les semaines à venir (cf. Constitution, réponse positive : 1, 2, 3 et 4)

Depuis quelques semaines, j’écoute les arguments du non, auxquels je ne suis pas insensible. Mais 3 choses, entre autres, m’irritent au plus haut point ces temps-ci, qui rien que par réaction (un peu puérile, j’en conviens, mais suite à ce qui suit, cela peut se comprendre), je serais tenté de dire oui.

- La première, c’est cette chose stupide entendue ici et là que comme Chirac, Raffarin, Sarkozy et autres consorts de gens de gauche, sont pour, il faut donc voter non, en partant du principe que si ceux-là sont d’accord sur ce point, c’est que le pire est à craindre pour nous. La recevabilité de cet argument est très aléatoire. Déjà parce que Chirac, Raffarin et bien d’autres ont toujours tout raconté et leur contraire. Bien malin et savant celui qui saurait définir ne serait-ce qu’un semblant d’idée politique européenne chez eux. Pour mémoire, souvenons-nous que Chirac a été toujours été un euro-sceptique comme Raffarin et que, du jour au lendemain, ils sont devenus euro-optimistes. A voir, donc, d’autant plus que si c’est pour être du même avis que Fabius, de Villiers, Laguiller et autres, j’avoue que cela m’effraie tout autant.

- La deuxième, c’est que depuis ces sondages mais bien avant également, on entend tout et n’importe quoi pour justifier le non à cette constitution. Pratiquement personne n’a lu la constitution et pourtant tout le monde en parle en connaissance de cause. Mais le plus insupportable dans tout cela, c’est que les arguments ne sont que chauvins et franco-français, et empruntent à une rhétorique de contestation nationale, hors de cause.

- La troisième enfin, ce sont les rapprochements éhontés et hors de propos. Prenons l’exemple de la directive Bolkestein, proposant des contrats de travail à un salarié immigré, avec une rémunération et les droits du travail de son pays d’origine, autant dire que si on prend l’exemple d’un travailleur polonais en France, c’est de la pure exploitation ; eh bien on dit que c’est la faute à la constitution et que désormais cela sera institutionnalisé. Idiotie. Cette directive existe bien indépendamment de la constitution et s’est mise en place sous le traité de Nice. Ensuite, c’est une directive, soumise à l’approbation de la commission et du parlement. Que l’on craigne que cela ne soit une préfiguration du futur, on peut se le demander, mais mélanger les éléments et jouer sur les peurs et les frustrations, c’est démagogique.

Et c’est tout cela que l’on peut entendre ces temps-ci de la part des tenants du non à la constitution. C’est énervant, d’autant plus que ce débat mérite mieux que ces conneries partisanes d’abrutis encartés à leurs ambitions de pouvoir. Je ne sais pas pourquoi, mais depuis ces sondages, devoir se farcir Chevènement avec ses discours de fou illuminé nationaliste, Emmanuelli s’auto-proclamant le juste parmi les collabos, de Villiers s’inquiétant de l’identité nationale, etc… C’est puant, ils sont idiots.

J’en arrive presque à me dire que s’ils sont contre, alors je suis contre le non à la constitution européenne. Merde, je dis oui comme Chirac…

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4 Commentaires

  1. Non, non, je ne suis pas d’accord avec ce point de vue. Mais bon comme là j’ai pas trop le temps, je reviendrai pour développer quelques arguments en faveur du NON à la constitution européenne.

    A bientôt,

    La Grenouille

  2. Ce référendum me pose problème. Tout le monde dit que ce texte est libéral, ce qui est vrai, mais en même temps, les arguments du non ne m’ont pas beaucoup persuadés. Voter contre Chirac et Raffarin et la politique française, hors propos. Foutre le bordel, oui mais pour faire quoi ensuite? Une fois avoir dit non, la france aura-t-elle assez de marge de manoeuvre pour faire quoi que ce soit? L’aspect le plus libéral sera encore là.
    J’ai plus l’impression que la france sera très affaiblie au niveau européen, stigmatisée car ne veut pas se fédérer. On est maintenant 25 dans l’europe, il faut savoir vivre ensemble.
    Je me pose vraiment la question de ce qu’il est possible de faire concrêtement si le non passe, si un réel changement est possible.
    Je ne dis pas que cette constitution est parfaite mais elle peut être une étape pour une meilleur Europe. Si quelqu’un peut me convaincre du contraire, il est le bienvenue.
    ciao

  3. Assez drôle, en fait. Arguments et contre-arguments se résument en fait à « tel article est de la poudre aux yeux » (reproche à un article apparemment satisafaisant) ou, la même chose en postif, « cet article ne précise pas cela » (contre-attaque à la critique d’un article critiqué).

    Bref, la constitution ne dit rien. On peut ironiser sur le somme de papier et d’encre que ça a nécessité. Ou simplement remarquer que c’est soumis à interprétation, et que ce sont surtout les propos des différentes parties du débat qui sont vides. Mis c’est dire comme le problème est mal posé, et vous passerait l’envie de voter.

  4. le problème, c’est que pour les précédents traités, on ne nous a jamais demandé notre avis, ils ont été ratifiés par nos gouvernants et de toute façon la constitution ne fait qu’antériner ces traités avec des avancées, c’est peut être vrai. Alors pourquoi un référendum, pour cautionner les traités libéraux de rome et de nice ? qui de toute façon existent.
    Moi je ne veux pas cautionner, l’uthopie me fait rêver, si le non l’emporte, il sera très difficile de renégocier (les intérêts partisans de chaque pays ?) mais cela fera peut-être réflechir dont on traite les peuples et cela fera peut-être un choc.
    On nous propose une constitution qui établit les règles et on verra les directives et les problèmes après. Et bien, NON, faisons l’inverse.

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