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Meshell Ndegeocello : Funk is not dead

Par Jean Philippe • 19 déc, 2007 • Catégorie: La plèbe d'en bas, Musique

Prêtresse black, à la voix rauque et à la diction rapide, elle groove comme un mec et assène une musique spirituelle et pleine de reliefs, entre soul africaine, jazz et black rock. Meshell Ndegeocello est une musicienne inventive pour qui les frontières n’existent pas. Née a Berlin et élevée aux USA, elle a découvert son don musical sous la tutelle de Jacques Johnson, saxophoniste de Jazz. Meshell Ndegeocello a appris seule la basse, la guitare, le synthé et la batterie et est devenue une habituée des go-go clubs de Washington. Très vite courtisée par plusieurs labels dont Paisley Park de Prince, elle fut la première artiste féminine à signer chez Maverick Records en 1993, le label de Madonna. Nominée 9 fois aux Grammy Awards, Meshell Ndegeocello a côtoyé les plus grands. Elle a collaboré avec les Rolling Stones, Herbie Hancock, Chaka Khan, Prince, ou encore les Funk Brothers (Orfèvres des sons de la Motown et l’on comprend pourquoi !). Cette native de Berlin qui vit désormais au pays de l’Oncle Sam est une artiste à part. Tatouages apparents, tenue décontracte, look androgyne, elle n’en dégage pourtant pas moins un charisme indéniable. Elle sait déstabiliser, et ses compositions s’en ressentent. Treize ans de recherches spirituelles qui l’ont menée à traverser la diversité de l’univers musical. Née Michelle Lynn Johnson, son nom d’artiste Ndegeocello a pour signification “libre comme l’oiseau” (en Swalli). Un pseudo qui lui va à ravir tant cette créatrice vole de branche en branche sur l’arbre de la musique et y picore au gré de ses envies. Bassiste de grande classe, chanteuse à la voix sensuelle, elle fusionne tous les sons pour délivrer une musique entre Funk, Soul, Rock… 

  

           

Pour ce nouvel album, The World Has Made Me The Man Of My Dreams, Meshell est encore une fois là où on ne l’attend pas. Du haut de ses 39 ans, Meshell Ndegeocello décoche de sa basse des titres débridés, ni vraiment funk, ni moins soul ou pop. Un peu - et beaucoup - de tout cela, livré sans ambages. Réminiscences afro-folk emmenées par Oumou Sangaré, invitée gracieuse sur le titre Shirk, cadences excitées ska-punk hardcore terminées sur un écho façon Björk (Article 3, avec la chanteuse Thandiswa Mazwai et le guitariste Pat Metheny). Ou encore - le plus emballant à mon goût - funk-rock au carré, toute disto dehors, basse ronflante et six cordes tendues invoquant Jimi, tel ce Michelle Johnson (nom de baptême de Miss Ndegeocello) ou dub à contre-courant (superbe Lovely Lovely). Que penser de ces ambiances vaporeuses, flirtant entre les cloches féériques d’une Kate Bush et le free jazz. Pièce maîtresse de cet album intitulé World Has Made Me the Man of My Dreams, l’électrisant The Sloganeer: Paradise vampirise sans autre façon la pop dansante des années 1980. Carrément new wave! En prime, Meshell la reine du groove est une maîtresse des vocalises susurrées. Une déesse soul? Et encore! On ne parle pas de sa plume, non moins acérée….Rencontre…du troisième type.

(Meshell Ndegeocello - The World Has Made Me The Man Of My Dreams - Universal Music Jazz 2007)

http://meshell-music.artistes.universalmusic.fr/


Meshell Ndegeocello - Your Boyfriend
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