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Samedi 04 Octobre 2008 au Rexclub - “Un rêve”

Par Julien • 8 oct, 2008 • Catégorie: Clubbing

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Ivan Smagghe VS Andrew Weatherall

(présentation extraite du site internet du Rexclub)
“C’est un des moments forts de la nouvelle saison au Rex : Andrew Weatherall, moitié de Two Lone Swordsmen, icône de la scène underground britannique et Ivan Smagghe, fer de lance du label Kill the dj, exilé à Londres, se réunissent derrière les platines pour un set unique. Entre électronique rock et techno minimaliste, le Rêve d’octobre prend des allures de clubbing à la londonienne. Be there !”

Mon avis : A ma gauche, cocarde tricolore, ancien animateur et dénicheur de pépites des émissions ‘Test‘ sur les ondes de Radio Nova, figure emblématique des nuits électro-alternatives au ‘Pulp’, où il officie en tant que Dj résident, co-fondateur des soirées ‘Kill the DJ’, auteur des compilations références Death Disco, Suck My Deck, How To Kill The Dj Part One et The Dysfunctional Family, le plus regretté de nos expatriés, j’ai nommé Ivan Smagghe.

A ma droite, estampillé ‘Union Jack’, remixeur de talent pour les Happy Mondays, Björk, My Bloody Valentine, Paul Oakenfold, The Orb, The Future Sound of London, New Order et j’en passe… Flanqué de son ami Keith Tenniswood (aka Radioactive Man) il monte le groupe Two Lone Swordsmen, signé chez Warp records puis créé en 2001 son propre label Rotters Golf Club grâce auquel il se fait connaitre en tant que producteur affuté sur des titres comme ‘The Bullet Catcher’s Apprentice’ ou plus récemment ‘Feathers’, j’ai nommé Andrew Watherhall.

Quelle affiche, quel duel ! Deux monuments du genre. Ce soir là, le Rexclub nous offrait une autre façon de célébrer la ‘Nuit Blanche 2008′.

Il n’est pas encore 1 heure du matin, nous descendons les marches du célèbre club Parisien du boulevard Poissonière. Pas un chat ou presque… Une vingtaine de silhouettes étendues sur les banquettes rouges jalonnant la piste de danse, l’équipe de serveurs est sur le qui-vive, les lasers balaient un sol flambant propre soutenant l’unique inconditionnel venu s’aventurer dans l’arène.

Ivan Smagghe est au warm up. Quoi de plus naturel pour cet aficionados des salles sonorisées parisiennes ?

Il semble décontracté, à l’aise dans son bocal. L’ouverture est progressive, la musique n’appelle pas encore au déchaînement, mais on sent une volonté délibérée de rallier à son univers un public plutôt timide et pas encore en nombre. Le VJ l’appuie en diffusant sur les toiles tendues un diaporama minimaliste mais rythmé, mêlant un bestiaire dansant à des formes géométriques alambiquées.

A mesure que la grande aiguille de ma tocante poursuit sa course, la sauce commence à prendre. La salle se remplit peu à peu, les tables se couvrent de bouteilles de Vodka, les vrais clubbers se lèvent, laissant leurs places aux prétendus VIP (vous savez, ceux qui ne s’écartent jamais de leur bouteille de peur de s’amuser). La soirée peut commencer !

Le Français ouvre la marche avec quelques morceaux house minimal, le public réagit, Ivan Smagghe n’a pas volé sa réputation “d’ambianceur”. Les prods s’enchaînent plutôt proprement mais sans extravagance, on sent clairement les influences londoniennes, les réminiscences du ‘garage’ à l’Anglaise, quelques sons aux accents ‘house de Detroit’, de quoi débuter en douceur cette rencontre tant attendue.

Fin du premier set, Ivan passe la main à Andrew Watherhall sur un titre explosif, une petite bombe électronique qui met tout le monde d’accord, enflamme la salle et met volontairement la pression à son successeur.

Ca ne loupe pas, après un tel remue-fessiers, l’Anglais peine à s’installer, et doit user d’au moins deux ou trois
disques avant d’imposer son style et d’affiner son mix. Les sons semblent plus recherchés, plus osés. Ce qui saute aux oreilles c’est aussi le soin apporté aux réglages audio, les basses ont enfin fait leur apparition dans les Woofers, la dynamique prend tout son sens, le producteur qu’il est se devait de faire la différence par ce biais et il ne s’en est pas privé. 1 partout, la balle au centre…

L’Anglais poursuit et termine son premier set par deux morceaux facilement identifiables, commme une manière de laisser un arrière-goût avant le relais. Le premier d’entre eux ne trouve pas sa place dans le mix, un mélange entre sonorités planantes et electrobeat festif : hélas la nappe transcendantale ne décolle pas, et la batterie qui l’accompagne semble avoir été rajoutée après coup à l’ensemble. Ca ne prend pas. Les gens dansent pour ne pas perdre la mesure.

Qu’à cela ne tienne, plein de ressources et comptant bien le faire savoir, notre DJ réagit, et balance un pur produit techno calibré clubbing, avec des rythmes et une grosse caisse très appuyés, des gimmicks répétitifs jouant la carte de l’efficacité, et une montée évolutive saturée dans les médiums… Et vlan ! Un public conquis, je me surprends même à lâcher un ‘Waw’ de contentement, voilà une balle qui a trouvé sa cible.

Ivan Smagghe reprend les platines sur ce titre tonitruant…

Et là, ayant cru bon de poursuivre dans la facilité, la soirée sombre dans une ambiance techno désuète, de celles qui me font apprécier leur gratuité. Les titres se suivent et se ressemblent, les gimmicks (quand il y en a) aussi. Ce qui est vrai pour Ivan Smagghe l’est aussi pour Andrew Watherhall, à partir de cet instant, ils ne se donnent plus la peine de nous faire découvrir leurs trouvailles. Ce qui distingue  l’un de l’autre n’est ni plus ni moins que leur capacité à me donner mal au coeur, soit par le choix des disques, soit par la puissance sans cesse renchérissante du volume, quel dommage. La créativité avait atteint là ses limites.

Néanmoins, je dois admettre que la piste ne désemplissait pas pour autant, ce qui, à défaut de remettre en cause mon jugement, me laisse présager encore de beaux jours à cette manière de mixer dont j’aurais pu pener que nos talentueux phénomènes avaient su s’affranchir, forts de leur expérience respective indiscutable.

Une soirée sympathique en somme, à laquelle il fallait être sans en partir tard.

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Julien est Julien a rejoint l'équipe de la plèbe en cours de route. Le "monsieur soirée électro parisienne", il anime également les émissions "Electro Time"
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