Ged Marlon : Solo, au théâtre du Petit Montparnasse
Par Noëlle • 8 sept, 2008 • Catégorie: Café-théâtre, Plebber •
Bien
On débute la saison sous une perçante petite pluie, mais en douceur quand même avec Ged Marlon en one-man show dans cette petite salle, qui paraît vaste ce soir-là, faute d’être remplie. Le public n’est pas encore tout à fait rentré.
“Après le succès phénoménal des aviateurs Ged Marlonle magnifique, comédien-auteur-humoriste, au style unique ” verbal et gestuel “, mélange de délire et de rigueur, revient sur scène dans un ” solo ” irrésistible de drôlerie intelligente et classieuse, déconseillé uniquement aux cartésiens radicaux et aux psycho-rigides ! Pour tous les autres, il est juste incontournable, obligatoire ! ”
Mon avis : Ged Marlon nous offre un spectacle sans prétention, drôle et léger, souvent malin, parfois moins convaincant, même si l’ensemble demeure plaisant.
L’entrée fracassante de l’artiste nous dévoile un décor minimaliste et assez mystérieux, constitué d’un piano miniature et d’un monceau de papiers chiffonnés, qui envahissent la droite de la scène. Lors des passages musicaux, une boule à facettes viendra notamment compléter le tout.
Ged Marlon y joue avec l’absurde et jongle en naïf avec l’ineptie. Sur le ton de la conversation, Ged Marlon nous y parle d’abord des vendeuses et de coiffeuses, puis de mystérieux pouvoirs. Phrases en suspens, silences entendus, viennent assez subtilement souligner l’idiotie de propos quotidiens qui misent sur de prétendues évidences. Le rythme tarde pourtant à se trouver, la faute peut-être à un public peu réceptif – à moins que ce ne soit l’inverse. La parodie se fait parfois plus incisive avec la caricature d’un cinéphile autoproclamé, avant d’ouvrir à l’absurde plein et massif. Des conjonctions inattendues s’opèrent ainsi, qui font du sommeil un enjeu national, ou du plateau de fruits de mer une douloureuse épreuve dans la parade nuptiale. Marlon s’y attaque aussi aux préjugés et à l’injustice qui touchent aussi chasseurs et golfeurs que rus et rivières. Quand il s’agit de prendre au mot l’expression « retrouver de vieux amis », le spectacle se clôt sur un absurde qui devient presque féroce.
Les sketches s’enchaînent au gré de micro chorégraphies où le comique se fait mime, ou bien par quelque jeu de scène avec une marionnette, le double de l’artiste, qui ne devient toutefois pas grand chose de plus qu’un accessoire.
Plusieurs chansons viennent rompre la succession des sketches. L’artiste y déploie d’amusantes élucubrations phonétiques, sous des éclairages d’ambiances, d’une voix furieusement évocatrice, même si tout n’était pas parfait. Au détour de l’une d’entre elles, il égratigne d’ailleurs l’une des icônes de la (plus si) nouvelle chanson française – mais je vous laisse le soin de reconnaître.
Ged Marlon reprend et détourne ainsi discours ambiants et idées reçues, certes avec talent, mais pas toujours de façon très originale. Plus ennuyeux, j’ai trouvé l’enchaînement parfois poussif, et le spectacle inégal, qui laisse un peu une impression de bric et de broc mal maîtrisé. Quelques soucis techniques (un micro qui tenait mal) en sont peut-être la cause. Dans l’ensemble, j’avoue aussi que l’humour n’était pas assez mordant à mon goût. Il n’en reste pas moins que ce fut une soirée plaisante, et que Ged Marlon réussit à nous amuser, sinon à nous faire rire aux éclats.
Noëlle est Présente à la fondation du site, elle participe à la qualité rédactionnelle du site. Pas un article qui ne soit passé entre ses mains. Relectrice et correctrice. Sa grande spécialité, la littérature, mais ça on pouvait s'en douter..
Email à cet auteur | Tous les Articles par Noëlle | Cet auteur a posté 77
articles

