“L’Envol du pingouin” au théâtre de la Bruyère jusqu’au 6 janvier 2007
Par Noëlle • 11 nov, 2006 • Catégorie: Café-théâtre, Plebber •
Très bien
Devant une salle à moitié pleine seulement, ce qui ajoute au caractère intime du petit théâtre, Jean-Jacques Vanier entre sur scène, en musique et d’un pas de danse malhabile et laborieux. Et nous voici partis pour un envol d’humour plein d’absurdité et de finesse.“Etre ou ne pas être adapté. Comment se sortir de sa condition de pingouin quand on aime la danse moderne ? De Gaulle et Einsenhower se partageaient-ils la photocopieuse avant et après le débarquement ? A quel âge peut-on démazouter des mouettes ? Les papillons nous comprennent-ils mieux avec du mime ?
L’envol du pingouin pose décidément beaucoup de questions. Il apporte aussi une réponse : bien sûr. “
Mon avis : Un dadais qui ne sait pas danser, qui vit un atroce dimanche matin dans une pâtisserie, qui a des souvenir d’enfance, mais pas de cochon d’Inde. Un homme qui n’est pas “adapté” et voudrait, peut-être, le devenir. Ca pourrait n’être qu’une suite de caricatures de ces situations banales, dont la bêtise est démontée avec le brio d’une logique poussée à l’absurdité. Mais peu à peu ce petit univers s’ouvre. De digression en digression, il s’étoffe au fur et à mesure que l’humoriste nous invite dans les méandres de son discours, qui se permet touts les fantaisies, démarre au quart de tour sur la moindre idée, et nous perd dans des incongruités subtiles et implacables jusqu’à ce que s’envole le pingouin. Le farfelu naît de cette rencontre entre la réalité et le regard singulier de cet homme, qui la métamorphose, la rend drôle, ridicule, et même parfois curieusement émouvante.
Ce spectacle est une reprise. C’est peut-être pourquoi il est si bien rodé. Tout du long, le jeu de lumières vient souligner les ambiances qui se suivent sans se ressembler et souligner les transformations d’un acteur qui, d’un même élan, campe tour à tour le pingouin inadapté et Charles de Gaulle en majesté un peu inepte. Le spectateur est entraîné sans effort selon un rythme parfaitement maîtrisé qui ne laisse aucun temps mort : une lente progression d’abord, qui nous ménage l’entrée dans l’univers du bonhomme ; puis une accélération, un emballlement vers le saugrenu qui court vers les plus folles et délectables conclusions, entre Eisenhower, les marées noires et les histoire d’amour ; jusqu’à un ralentissement, où le rire se fait plus complice, plus concerné aussi après ces aventures partagées. La boucle est alors bouclée, de la danse au vol d’un papillon et retour.
Jean-Jacques Vanier revient saluer son public, et dire le plaisir qu’il a eu à jouer. C’est peu dire que ce plaisir est partagé. Un vrai régal, à aller savourer dès que possible.
Noëlle est Présente à la fondation du site, elle participe à la qualité rédactionnelle du site. Pas un article qui ne soit passé entre ses mains. Relectrice et correctrice. Sa grande spécialité, la littérature, mais ça on pouvait s'en douter..
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