René Aubry au Théâtre de la Reine Blanche
Par Arnaud • 20 mar, 2008 • Catégorie: Concerts, Plebber •
Pas mal
Content. C’est le mot qui retranscrit au mieux, le plaisir des retrouvailles avec l’univers de René Aubry. Cette série de concerts est l’occasion pour lui de réinterpréter et reprendre les mélodies acoustiques qu’il retient de sa carrière. Il se dévoile en toute simplicité, entouré de 6 musiciens. « Des musiques de spectacles pour Carolyn Carlson, Pina Bausch ou Philippe Genty, des musiques de film, 15 albums à son actif, René Aubry est un compositeur populaire prolifique et discret. Ce natif d’Epinal a tracé sa route d’autodidacte, compositeur de « chansons sans paroles ». Compositeur, multi-instrumentiste, ingénieur de son propre son, René Aubry travaille seul à des albums mêlant harmonies classiques et instrumentation moderne, échantillons de voix ou de violons « piqués à Beethoven, Stravinski ou Puccini ». Les archivistes s’arrachent les cheveux et il a droit à tous les rayons des disquaires : classique, ballet, new âge, musiques nouvelles, rock, variété française, musiques du monde. »
Mon avis : Le cadre du théâtre de la Reine blanche se prête à ce type de concert, presque intimiste : c’est de l’unplugged sans quasiment aucune amplification (sic). Aubry est passé de la musique de niche, connue de quelques connaisseurs, à la limite d’un élitisme, à une musique populaire, dans le sens noble du terme.
Autant le dire, c’est très plaisant. On y retrouve, selon les titres, une certaine madeleine de Proust. On y ressent une légèreté, un ton presque guilleret, éloigné de l’univers plus sombre et mélancolique de ses dernières compositions solo.
Lui le soliste s’entoure désormais d’une famille musicale. Il sait s’effacer, et laisser prendre les devants à ses comparses. Mais loin d’un jazz improvisé normé, tous oeuvrent à la cohérence et l’humeur des morceaux et ne s’écartent pas du chemin.
Oscillant entre rythmes répétitifs, minimalistes (et entêtants) et mélodies aérées, la musique d’Aubry ouvre sur un véritable univers sonore riche d’images et de sensations. On reconnaît sa patte. On se sent à l’aise, dans une certaine familiarité qu’il fait bon y être. Ses influences sont multiples et les références nombreuses.
Le public fut très enthousiaste, conquis d’avance. Et j’en ferais presque partie intégralement si ce n’était de petits accrocs.

Parfois un manque de justesse, un peu trop récurrent pour ma part, a perturbé l’écoute. Si le batteur-percussionniste avait ce petit grain de folie, on sentait tout de même un poil de conformisme (dans les attitudes et la musique) chez la plupart des autres. Quelques fausses notes, bien charmantes, happées par la bonne humeur générale. On pourra noter aussi parfois des moments musicaux un peu flottants, assez étonnants pour ces musiciens.
Toutefois pas le concert de l’année, il en ressort néanmoins la sensation d’un moment plus qu’agréable au plaisir commun et partagé. Aubry, c’est de la musique (bien plus savante qu’il n’y paraît) dans ce qu’elle a de plus immédiat.
Et c’est bien le principal.
Le site officiel : http://www.hopimesa.com/aubry
Marc Buronfosse : Contrebasse
Marco Quesada : Guitare
Antoine Banville : Percussions
Daniel Beaussier : Clarinette, Saxophone, Hautbois
Stefano Genovese : Piano
Jean-Marc Ladet : Violon
René Aubry : Guitare, Mandoline, bouzouki, Banjo, accordéon, chant
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