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Articles Marqués ‘Bibliothèque’

Balzac : amours grandioses et minuscules

Par Noëlle • 2 jan, 2009 • Catégorie: La plèbe d'en bas, Littérature

« Un des ces ouvrages stupides comme La Vie privée des animaux qui se vendent à 25 000 exemplaires à cause des vignettes »(1) : Balzac semble tenir en bien piètre estime l’auteur des vignettes, Grandville, tout autant que l’ouvrage dont il est le pivot, Scènes de la vie publique et privée des animaux, édité par Hetzel, et tant pis pour l’hommage que lui rend le titre. Dépit amoureux de l’écrivain qui pâtit de l’infidélité dun public volage ? Il est vrai en tout cas que les nouvelles qu’il livre à Hetzel font bouillir la marmite : sa participation a aussi des raisons alimentaires.

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- Notes -
  1. lettre à Mme Hanska du 22 janvier 1943 []
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Balzac : financiers et crises de foi _ Théorie, magouille et luttes intestines

Par Noëlle • 22 nov, 2008 • Catégorie: La plèbe d'en bas, Littérature

Retour à La Maison Nucingen, l’un des romans les plus « économiques » de Balzac, écrit en même temps que César Birotteau, et refusé par Girardin, qui avait publié La Vieille fille dans son journal (c’est finalement en volume, chez Werdet, qu’il paraîtra d’abord). Peut-être l’homme de presse n’appréciait-il guère la critique de la spéculation qui s’y déployait. Ou, plus simplement, doutait-il de son succès.
En effet, c’est un roman sans actions autres que bancaires, et il est assez dur de suivre les traits d’esprit des convives de Balzac sans connaître aussi bien qu’eux le contexte et les théories économiques de l’époque. Au détour de ces considérations, c’est le gouvernement qu’on critique aussi : impôts et étatisme

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Balzac

Par Noëlle • 17 nov, 2008 • Catégorie: Général

 

BALZAC EFFEUILLE : DEMANDEZ LE PROGRAMME

J’avoue que l’image peut laisser songeur, mais guère faire rêver. On a quelque mal à imaginer un Balzac en petite tenue à froufrous. Un hippopotame en tutu, peut-être.

Pourtant, quelle jouissance que d’égrener page à page l’œuvre de ce jouisseur sans entraves ! Oh, je sais. Notre grand homme est bien poussiéreux. Il sent la classe, la sueur rance de cerveaux pressés sous quelque incompréhensible nécessité et le respect contrit, ou le lent téléfilm remarquable d’ennui par sa soigneuse reconstitution. Au mieux, si ce n’est au pire, l’exaltation de quelques illuminés.

Balzac est trop dense, trop abondant, trop installé, en un mot trop gras pour être sexy. Quel dommage, pourtant ! Il a la vue perçante et la plume vigoureuse. Les portraits et les situations qu’il croque n’ont rien perdu de leur mordant. J’entreprends donc de lui faire subir un régime drastique, et d’en prélever les meilleurs morceaux. « Florilège » parfaitement subjective, qui lorgnera un brin du côté de l’actualité, histoire de. L’ambition en est à la fois excessive, et minime : que, parmi les textes qui seront peu à peu réunis ici, l’un réussisse à vous étonner, à vous amuser ou à vous séduire.

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Traverses : John Steinbeck, Les Raisins de la colère

Par Noëlle • 4 nov, 2008 • Catégorie: La plèbe d'en bas, Littérature

On change de menu, en faisant un bond de près d’un siècle, pour atterrir en 1939, avec la parution de Les Raisins de la colère de Steinbeck, indéniable succès… également salué par la presse communiste, ce qui paraît ne pas avoir tout à fait été du goût du FBI. Bond sur l’échiquier politique aussi, donc. Balzac, fasciné par la pourpre et les ors de l’Ancien Régime, ne pouvait être républicain, quand bien même ses romans dépeçaient sans faux-semblants les velléités d’une noblesse stérile à force d’être accrochée à son passé. Pas pour rien que le bonhomme s’était arrogé la particule.

Steinbeck, à la longue carrière de journaliste-essayiste engagé, est lui clairement socialiste. Il fera d’ailleurs un voyage en URSS, décevant : au lieu du pays réel, on l’emmena visiter théâtres et cocktails. Il est aussi « paysan », si ce terme, opposé à agriculteur, désigne celui qui aime la terre et ses valeurs plus que celui qui sait en tirer des profits.

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Balzac : financiers et crises de foi _ Melmoth réconcilié

Par Noëlle • 21 oct, 2008 • Catégorie: La plèbe d'en bas, Littérature

Déjà, la haute finance ouvrait son paradis effréné à d’avides spéculateurs, géniaux ou sordides, un paradis tout peuplé des combinaisons curieusement abstraites. Beaux mirages que Balzac, qui se rêvait aussi fortuné et noble qu’il était ruiné et plébéien, ne fut pas le dernier à éteindre. Mais si son propre génie ne servit qu’à l’enrichir de dettes écrasantes, du moins nous faut-il quelques railleuses définitions.

Les brumes du fantastique sont moins chargées que dans le final de la Peau de chagrin, mais on les quitte pas encore tout à fait pour autant. Étrange collusion, en effet, qui se joue dans Melmoth réconcilié : le fantastique y entre dans le milieu qu’on lui croit le plus opposé qui soit, la Bourse. Craintes immémoriales remises au goût du jour, le dix-neuvième siècle de Balzac, pas si éloigné du nôtre.

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Balzac effeuillé : demandez le programme

Par Noëlle • 13 oct, 2008 • Catégorie: La plèbe d'en bas, Littérature

J’avoue que l’image peut laisser songeur, mais guère faire rêver. On a quelque mal à imaginer un Balzac en petite tenue à froufrous. Un hippopotame en tutu, peut-être.

Pourtant, quelle jouissance que d’égrener page à page l’œuvre de ce jouisseur sans entraves ! Oh, je sais. Notre grand homme est bien poussiéreux. Il sent la classe, la sueur rance de cerveaux pressés sous quelque incompréhensible nécessité et le respect contrit, ou le lent téléfilm remarquable d’ennui par sa soigneuse reconstitution. Au mieux, si ce n’est au pire, l’exaltation de quelques illuminés.

Balzac est trop dense, trop abondant, trop installé, en un mot trop gras pour être sexy. Quel dommage, pourtant ! Il a la vue perçante et la plume vigoureuse. Les portraits et les situations qu’il croque n’ont rien perdu de leur mordant. J’entreprends donc de lui faire subir un régime drastique, et d’en prélever les meilleurs morceaux. « Florilège » parfaitement subjective, qui lorgnera un brin du côté de l’actualité, histoire de. L’ambition en est à la fois excessive, et minime : que, parmi les textes qui seront peu à peu réunis ici, l’un réussisse à vous étonner, à vous amuser ou à vous séduire.

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Un loup-garou en rut : le final de La Peau de chagrin

Par Noëlle • 13 oct, 2008 • Catégorie: La plèbe d'en bas, Littérature

La Peau de chagrin (1831) est l’un des premiers romans de la Comédie humaine. Balzac y choisit la veine fantastique, et reprend un thème alors très à la mode, celui du pacte avec le Diable. Raphaël a obtenu un talisman, la peau de chagrin éponyme, et ainsi scellé le pacte suivant : le moindre de ses désirs se réalisera, mais, à chaque désir exaucé, la peau se rétrécira ; or la surface de cette peau symbolise la durée de vie de son propriétaire.

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René CHAR, “magicien de l’insécurité”

Par Noëlle • 12 nov, 2007 • Catégorie: La plèbe d'en bas, Littérature

char1.thumbnail.jpgchar1.thumbnail.jpgchar1.thumbnail.jpg« Magicien de l’insécurité, le poète n’a que des satisfactions adoptives. Cendre toujours inachevée. » (V, Partage Formel)

René Char, auteur notamment du recueil Fureur et mystère, est un poète de la Résistance. En 1943, sous le pseudonyme de Capitaine Alexandre (quelle promesse de conquête…), il prend le maquis. Refus de la barbarie, soutenu par le mince espoir d’y mettre fin. En 1945, les Feuillets d’Hypnos, entamé pendant cette sombre période, tentent de dire ce qu’il a vécu.

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Bibliothèque : Lévi-Strauss

Par Noëlle • 1 avr, 2004 • Catégorie: La plèbe d'en bas, Littérature

Claude LEVI-STRAUS, Tristes tropiques
« Vide et questions »

Pourtant, cette aventure commencée dans l’enthousiasme me laissait une impression de vide.
J’avais voulu aller jusqu’à l’extrême pointe de la sauvagerie ; n’étais-je pas comblé, chez ces gracieux indigènes que nul n’avait vus avant moi, que personne peut-être ne verrait plus après ? Au terme d’un exaltant parcours, je tenais mes sauvages. Hélas, ils ne l’étaient que trop. Leur existence ne m’ayant été révélée qu’au dernier moment, je n’avais pu leur réserver le temps indispensable pour les connaître. Les ressources mesurées dont je disposais, le délabrement physique où nous nous trouvions mes compagnons et moi-même (…) ne me permettaient qu’une brève école buissonnière au lieu de mois d’études. Ils étaient là, tout prêts à m’enseigner leurs coutumes et leurs croyances et je ne savais pas leur langue. Aussi proches de moi qu’une image dans le miroir, je pouvais les toucher, non les comprendre. Je recevais du même coup ma récompense et mon châtiment. Car n’était-ce pas ma faute et celle de ma profession de croire que des hommes ne sont pas toujours des hommes ?

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Bibliothèque : Hérodote

Par Noëlle • 1 avr, 2004 • Catégorie: Littérature

HERODOTE, L’Egypte II 71-73

« Animaux réels et légendaires »

LXXI. Les hippopotames qu’on trouve dans le nome Paprémite sont sacrés ; mais dans le reste de l’Egypte on n’a pas pour eux les mêmes égards. Voici quelle en est la nature et la forme : cet animal est quadrupède ; il a les pieds fourchus, la corne du pied comme le boeuf, le museau plat et retroussé, les dents saillantes, la crinière, la queue et le hennissement du cheval ; il est de la grandeur des plus gros boeufs ; son cuir est si épais et si dur, que, lorsqu’il est sec, on en fait des javelots.

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