Sang pour sang emploi
Par Sukhavati • 8 déc, 2008 • Catégorie: Expressions, La plèbe d'en bas, Société
La recherche d’emploi, de nos jours, c’est une sorte de croisement incertain entre un combat de gladiateurs et une foire au bétail…
On vous jette dans l’arène, muni des seules armes que vous avez pu vous forger à la hâte, et on attend, l’écume aux lèvres et le pouce baissé, de voir si vous serez dévoré par les lions ou empalé par une lance ennemie. Suite à cela, si, par force de volonté, de tromperies, de coups bas et/ou de chance, vous êtes encore debout, on vous palpe sous toutes les coutures pour voir si vous êtes, ou non, une bonne bête de somme : il faut être jeune, avoir l’œil vif, le poil brillant, et se tenir sage pendant que l’on vous tâte la croupe pour s’assurer de sa bonne pénétrabilité.
Je suis l’animal qui éclabousse de sa bouse les chaussures à 150 euros des éventuels acheteurs.
Est-il encore besoin de présenter ce roman qui a tant fait parler de lui ? Il nous plonge dans les mémoires de l’officier SS Max Aue. L’auteur, Jonathan Littell, triomphe doublement de la polémique qui naît, et voit son roman, paru chez Gallimard, couronné à la fois par l’Académie Française et par le Goncourt. Il demeure que si les Bienveillantes, ces démons du remords, poursuivent quelqu’un, il s’agit du lecteur qui se sera laissé aller à repêcher ce bouquin dans une rentrée littéraire aussi morne que sans surprises, avant que l’accumulation d’honneurs ne viennent un peu tard le mettre en garde.