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Articles Marqués ‘critiques’

Après la répétition de Ingmar Bergman au théâtre de l’Athénée Louis Jouvet

Par Arnaud • 24 nov, 2008 • Catégorie: Plebber, Théâtre

Après Scènes de la vie conjugale, deuxième Bergman de ce début de saison pour ma part, et nouvelle adaptation d’un de ses films. Idéalement placé, et une salle remplie à plus de la moitié, le programme est alléchant. “Dans un théâtre déserté, le metteur en scène Henrik Vogler s’est endormi sur le plateau. Il est réveillé par l’irruption de sa jeune comédienne, Anna Egerman. S’engage entre eux une longue conversation, entre règlement de compte et intime confession, à la fois flirt, cours magistral et rêverie hallucinée. Une fois de plus, Vogler met en scène Le Songe de Strindberg, pièce impossible à monter; une fois de plus, le voici confronté à une jeune actrice dont il pourrait tomber amoureux… Autour d’eux flottent des fantômes, ceux des décors d’anciens spectacles, mais aussi celui de Rakel, la mère d’Anna, comédienne elle aussi et qui fut l’amante de Vogler… Répétitions du théâtre et de la vie se confondent et se répondent. À travers ce face à face, Bergman scrute les rapports entre metteurs en scène et actrices, vie et théâtre, sincérité et artifice. On y retrouve sa lucidité impitoyable, son humour grinçant. Rétablissant dans sa version originale ce scénario conçu pour la télévision, Laurent Laffargue a voulu un travail intimiste, utilisant la vidéo pour saisir en gros plan les visages des comédiens, Didier Bezace, Fanny Cottençon et Céline Sallette.

Mon avis : J’aime beaucoup Bergman. Son côté clinicien et chirurgien des relations humaines, du couple notamment. Parfois un peu de cynisme, avec cette distance nécessaire pour éviter d’être trop fusionnel avec ses personnages. Car cette pièce Après la répétition, est fortement autobiographique, et comme toujours il sait faire du singulier un écho pluriel. En l’occurrence, c’est ici assez bien maîtrisé.

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Shitz_Guerre, amour et saucisson au théâtre de la Pépinière opéra

Par Arnaud • 19 nov, 2008 • Catégorie: Plebber, Théâtre

Profitant d’une invitation, après lecture de plusieurs critiques presse dithyrambiques, et de plusieurs critiques spectateurs qui vont du « je hais » à « c’est génial de crudité », de « sadisme » et autres doux sobriquets, c’est plutôt intrigué que je me rends à la Pépinière. C’est aussi l’occasion de découvrir Hanokh Levin, auteur israélien. Assez peu de monde, 1/3 de la salle tout au plus.“SHITZ ou l’histoire d’un mariage entre une fille boulimique et un entrepreneur sans scrupule. Un couple improbable qui s’unit pour s’enrichir par tous les moyens, au dépend des parents de la mariée. Le combat joyeusement cruel de la jeune génération contre les vieux. Une comédie en chanson, féroce et impertinente, sur les conflits de génération et l’obsession de la possession.”

Mon avis : Bon. Après tous ces avis, toutes ces ires, tous ces compliments, j’avoue que je me retrouve bien ennuyé. On va me soupçonner d’anti-avis majoritaire, de dire l’inverse de ce qui se fait, mais tant pis, Shitz c’est pas mal, mais sans plus, et si le texte est choquant alors Sarkozy est aussi philosophe que Socrate. C’est dire…

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Noces de Sable de Didier Van Cauwelaert au Théâtre des Deux Rêves

Par Arnaud • 19 nov, 2008 • Catégorie: Plebber, Théâtre

Un peu à la dernière minute, direction le théâtre des Deux Rêves. Une première pour moi, dans ce tout petit théâtre du 19° arrondissement (50 places). Il fait frais dehors, l’éclairage est faiblard aux alentours entourés  d’immeubles dortoirs silencieux. Et devant les lieux, un petit attroupement, mais vraiment petit. Les sièges ne sont qu’à moitié confortables, juste le temps de se cogner contre le câble des éclairages. Ce n’est vraiment pas grand. “Deux paumés. Elle, Sylvie, est écrivain. Son amant l’a quittée. Du même coup, elle a perdu son inspiration : elle ne parvient à écrire que si elle a un modèle sous les yeux et une émotion au cœur. Elle va donc vouloir se suicider. Lui, Bruno, est jardinier, un homme simple, lourdaud, bon type. Sa femme l’a trompé. Elle était toute sa vie. Il va donc vouloir lui aussi en finir avec celle-ci. Et puis, le destin fait un caprice : Sylvie se donne une dernière chance. Elle engage ce pauvre Bruno comme jardinier, à durée déterminée, pour voir. Bruno est encore mieux que prévu : brusque, attirant, insaisissable. Dans un roman, il ferait merveille. Pourquoi ne pas le transformer en personnage, le croquer vivant ? Ou même l’aimer, le faire souffrir, le posséder au sens propre comme au figuré ? Mais le garçon comprend vite les intentions de son séduisant bourreau. La proie sort ses griffes, la victime devient geôlier. Lequel de ces deux fauves de charme finira-t-il par dévorer l’autre ?”

Mon avis : Si le lieu ne paye pas de mine avec son espace restreint, l’émotion fut belle et grande. Sur une idée, tournant autour du matériau et de la source d’inspiration d’un roman, Van Cauwelaert a su dépasser la mise en abîme de son art pour explorer son affect et la sensibilité humaine qui en découle. C’est pas mal pervers et alambiqué. Et c’est bien joué et mis et en scène !

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Inconnu à cette adresse de Kressmann Taylor au Lucernaire

Par Arnaud • 18 nov, 2008 • Catégorie: Plebber, Théâtre

Trois jours plus tard après Les 4 Morts de Marie, en cette date commémorative de la fin de la première guerre mondiale, nouveau détour par le Lucernaire, pour une pièce tirée d’un classique de la littérature américaine du 20°s. Vu le sujet, le contexte historique, le soin et l’application apportés à la pièce, confortée par une reprise forte de son succès, il y avait peu de risques de passer à côté. Du monde pour ce dernier jour férié d’un week-end prolongé.Novembre 1932, entre Max, juif américain, et Martin, l’ami de retour en Allemagne, s’établit une correspondance fraternelle qui bascule à l’arrivée au pouvoir des nazis. Face-à-face haletant. Un chef d’oeuvre de la littérature américaine.

Mon avis : Pour une pièce auréolée de critiques et d’un bouche à oreille de qualité, le risque était réel de se retrouver déçu face à tant d’attentes. Non seulement, celles-ci furent comblées mais ce fut même bien au-delà . J’aime le théâtre et son imprévisibilitalité (sic) !

Cette pièce est une correspondance qui relate les liens d’une amitié forte, réciproque et qui semble indéboulonnable entre un Juif américain et un expatrié allemand qui retourne pour affaire dans cette Allemagne à l’aube de 1933.

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Les Quatre morts de Marie au théâtre du Lucernaire

Par Arnaud • 18 nov, 2008 • Catégorie: Plebber, Théâtre

Samedi soir, salle à moitié pleine, et me semble-t-il un certain nombre d’amis et de connaissances des acteurs. On se sent en contrée conquise… « Marie part à l’école mais Marie est en retard. On raconte des histoires on se coiffe on s’embrasse on s’embrasse encore on rit on fait la liste des courses et sur le chemin de l’école Marie rencontre Pierrot et mange des gommes à la cerise et lui dit qu’elle ne mourra jamais et Mademoiselle Gervais en a assez de ces retards et quand Marie rentre avec les courses sa maman est partie et son père est revenu et s’éteint tout doucement… Mais Louis arrive il a une mission avec Marie qui a grandi qui est jolie et la camionnette explose parce que Marie veut faire comprendre au monde entier… Et Marie convoque son passé et ses souvenirs et organise une fête avec ses anciens amis et ses nouveaux amis et rit encore et elle s’étouffe avec les noyaux des cerises…Et Marie rame pour s’éloigner du bord et Marie rit encore et Marie est un tout petit point sur l’océan… »

Mon avis : Tout est raconté dans le pitch. Donc pas de surprise sur l’histoire. Ce qui n’est pas gênant, bien au contraire. La pièce est plutôt bien écrite (l’auteure est québécoise) et la mise en scène inventive, mais l’inconvénient du théâtre, c’est qu’on a besoin d’acteurs. Quel souci quand ceux-ci nous ennuient…

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Fin de partie de Samuel Beckett au théâtre de l’Atelier

Par Arnaud • 6 nov, 2008 • Catégorie: Plebber, Théâtre

L’heure d’hiver et sa nuit précoce, le manque de soleil, pèsent sur les âmes. Peu d’effervescence autour du théâtre, peu de monde aussi ; à peine 1/3 de la salle est remplie me semble-t-il. D’ailleurs c’est à se demander pourquoi même une partie du public se presse : savent-ils ce qu’ils vont voir ?
« Pour Hamm, cloué dans son fauteuil à roulettes, les yeux fatigués derrière des lunettes noires, il ne reste plus qu’à tyranniser Clov. Alors qu’au fond de cet intérieur vide, les parents de Hamm finissent leur vie dans des poubelles, les deux héros répètent devant nous une journée visiblement habituelle. Ils dévident et étirent ensemble le temps qui les conduit vers une fin qui n’en finit pas, mais avec jeu et répartie, comme le feraient deux partenaires d’une ultime partie d’échecs. Ainsi, les mots triomphent, alors que les corps, dévastés et vieillis, se perdent. Hamm et Clov usent du langage comme d’un somptueux divertissement, en des échanges exaspérés et tendres. Beckett a su avec jubilation écrire le langage de la fin, une langue au bord du silence, qui s’effiloche et halète, transparente et sereine, dernier refuge de l’imagination. »

Mon avis : Austérité, âpreté ; des corps atrophiés, tronqués, handicapés ; intérieurs glauques et « dérangés », murs et sols désaxés, les vieux dans la poubelle ; tyrannie et perversité de l’esprit ; les mots détachés des corps… le moins qu’on puisse dire, c’est que le début met mal à l’aise, fait suffoquer, et place le spectateur à la limite du supportable. Bon sang, que c’est bon !

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Les diablogues de Dubillard au Théâtre du Rond Point

Par Arnaud • 28 oct, 2008 • Catégorie: Plebber, Théâtre

Qu’il est agréable d’être au théâtre en ce tout début de soirée du dimanche. C’est un horaire peu commun, l’air est doux. Paris est de cet air de détente et pourtant rempli de mouvement de foule. La salle est pleine. L’affiche est belle. « Dans Les Diablogues, Roland Dubillard réinvente à sa façon le dialogue de sourds. D’ailleurs c’est simple comme bonjour. Prenez deux protagonistes, appelez les Un et Deux, et pour corser la chose donnez leur l’apparence de comédiens pince-sans-rire, comme Jacques Gamblin et François Morel, par exemple. Il n’y a plus qu’à les laisser s’expliquer avec les mots de l’auteur. Bientôt le réel se met à tanguer, tremble sur ses fondements. Obéissant à une logique folle, le langage a largué les amarres. Vous voilà face à deux acharnés fermement décidés à ne pas se comprendre, emportés par des mots qui les égarent bien au-delà du raisonnable. En trois coups de cuillère à pot et à peine deux répliques, le quotidien bascule dans le fantastique, l’ordre cède la place au chaos le plus hilarant. »

Mon avis : Que cela put me faire plaisir que d’être en ce théâtre ce soir là ! Premier soir de l’heure d’hiver, tristesse et mélancolie dans l’air et voici les deux doux-dingues de Morel et Gamblin qui vous embarquent vers la folie d’un langage décortiqué jusqu’à l’absurde et d’une mise en situation des plus loufoques. Un théâtre qui mise sur la pertinence du duo comique. Et ça marche.

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Samedi 04 Octobre 2008 au Rexclub - “Un rêve”

Par Julien • 8 oct, 2008 • Catégorie: Clubbing

Ivan Smagghe VS Andrew Weatherall

(présentation extraite du site internet du Rexclub)
“C’est un des moments forts de la nouvelle saison au Rex : Andrew Weatherall, moitié de Two Lone Swordsmen, icône de la scène underground britannique et Ivan Smagghe, fer de lance du label Kill the dj, exilé à Londres, se réunissent derrière les platines pour un set unique. Entre électronique rock et techno minimaliste, le Rêve d’octobre prend des allures de clubbing à la londonienne. Be there !”

Mon avis : A ma gauche, cocarde tricolore, ancien animateur et dénicheur de pépites des émissions ‘Test‘ sur les ondes de Radio Nova, figure emblématique des nuits électro-alternatives au ‘Pulp’, où il officie en tant que Dj résident, co-fondateur des soirées ‘Kill the DJ’, auteur des compilations références Death Disco, Suck My Deck, How To Kill The Dj Part One et The Dysfunctional Family, le plus regretté de nos expatriés, j’ai nommé Ivan Smagghe.

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Scènes de la vie conjugale au théâtre Mouffetard

Par Arnaud • 24 sept, 2008 • Catégorie: Plebber, Théâtre

Samedi soir de la première semaine de cette pièce de Bergman. Salle à moitié pleine, dont une bonne partie semble peu familière de l’univers bergmanien. « Marianne et Johan sont mariés depuis dix ans et vivent heureux avec leurs deux filles. Il est maître de conférence, elle est conseillère juridique, spécialisée dans les problèmes de divorce. Bergman, en spectateur amusé, distille les étapes-clés de la vie de couple. Il observe en amateur éclairé les travers de la vie à deux et nous raconte en jubilant quelques scènes de la vie conjugale. Les amis à dîner, la grossesse de Marianne, l’adultère de Johan. Amour, colère, tendresse, incompréhension… Ça rappelle quelque chose à quelqu’un ?! Voici la palette des sentiments colorant les moments cruciaux de la vie d’un couple, disséqués avec une précision quasi entomologique, qui contraste ironiquement avec l’errance affective des personnages. »

Mon avis : autant le dire, j’aime beaucoup Bergman. Ayant vu le film (il y a déjà un moment), dont est issue la pièce, c’est déjà en confiance que j’entre dans la salle. Satisfait, sans être toutefois complètement convaincu, j’ai apprécié cette adaptation.

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La femme d’avant à l’Athénée Théâtre Louis Jouvet

Par Arnaud • 2 juin, 2008 • Catégorie: Plebber, Théâtre

Retour pour la 3° fois de la saison dans cette salle. Après les Nègres (décevant et inconsistant, je n’en ai même pas fait un compte-rendu) et Ionesco (plus convaincant), détour par un auteur allemand contemporain bien vivant, mis en scène par Claudia Stavisky (une de ses créations pour le Théâtre des Célestins à Lyon). « “Je jure que je t’aimerai toujours.” C’est au nom de cette promesse adolescente, prononcée il y a vingt-quatre ans que réapparaît Romy dans la vie de Franck. Pour lui, marié, père de famille, ces mots n’évoquent qu’un vague souvenir, pour elle, ils ont valeur de contrat. Ce soir, elle vient réclamer son dû. (…) Découpant l’action comme au cinéma, Roland Schimmelpfennig nous fait remonter quelques heures en arrière, repartir quelques minutes en avant, changer de point de vue et vivre différentes perceptions d’une même situation. Imperturbable, l’insaisissable Romy place dans l’oeil du cyclone son obsédante promesse d’amour. Et Franck, en plein désarroi, nous tend un miroir, celui de l’instabilité du projet de vie, de l’incertitude qui nous travaille, même en pleine maturité. »

Mon avis : Il faut, je crois, bien garder en tête cette note d’intention, qui, faisant écho au programme distribué à l’entrée, permet d’en savoir assez, et/ou peut-être même trop sur l’intrigue et les personnages. La pièce ne tranche pas, ni même la mise en scène d’ailleurs. Ce qui sera son principal reproche ou son principal intérêt. C’est selon.

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